Plan de réduction des GES: «Le principe du pollueur payé», peste Nadeau-Dubois | 24 heures
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Plan de réduction des GES: «Le principe du pollueur payé», peste Nadeau-Dubois

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois
Photo Stevens Leblanc

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois

Le chef parlementaire de Québec solidaire accuse le ministre de l’Environnement de vouloir payer les pollueurs pour les aider à baisser de 1 ou 2% leurs GES. Un plan qui «ne règle aucun problème», soutient-il.

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Québec rendra aujourd'hui publique sa nouvelle version du plan de réduction de GES.  

Notre Bureau parlementaire dévoilait ce matin que les sommes octroyées au secteur industriel passeraient de 768 M$ à 1,3G$, afin que les grandes usines puissent transformer leurs modes de production polluants en modes de production plus verts. 

«Le ministre de l'Environnement va signer au nom des contribuables, au nom des payeurs de taxes du Québec, un chèque de 300 millions de dollars pour les plus grands pollueurs du territoire québécois», a pesté Gabriel Nadeau-Dubois, estimant qu’il s’agit d’une très mauvaise utilisation des fonds publics. «Au Québec, on devrait appliquer le principe pollueur-payeur. Ce que Benoit Charette nous dit, c'est que lui va appliquer le principe du pollueur payé. Ça n'a aucun, aucun bon sens.» 

Selon lui, le gouvernement devrait s'efforcer d'aider des filières d'avenir à être moins polluantes, comme l'aluminium, les biocarburants ou le secteur des batteries. 

Cible «insuffisante»

En plus des sommes ajoutées pour le secteur industriel, le ministère de l’Environnement indique pouvoir réduire les émissions de 15,9 Mt et atteindre 51% de son objectif.   

Encore là, Québec solidaire affirme que le ministre est «fier» d’annoncer qu'il va «lamentablement rater ses cibles déjà insuffisantes de réduction» de GES. 

«Cinquante et un pour cent: 1% de plus que la moitié de la cible. C'est une insulte pour les générations futures», a signalé Nadeau-Dubois. «Les jeunes Québécois souffrent massivement d'écoanxiété. Il y en a une couple qui ne vont pas bien filer en lisant qu'ils sont gouvernés par un ministre de l'Environnement qui se pète les bretelles d'atteindre la moitié d'une cible que la science juge largement insuffisante.» 

Le péquiste Sylvain Gaudreault estime également «qu’à la lumière des informations» rapportées par notre Bureau parlementaire, il s’agit d’un «mauvais plan».

«Il ne présente que la moitié des moyens pour atteindre 100% des cibles, alors qu’il faut vraiment aller plus loin», a observé le député de Jonquière, ajoutant que le gouvernement de la CAQ manque d’ambition.  

«Le gouvernement du Québec manque d’ambition. On a besoin d’avoir 100% des mesures pour atteindre 100% des cibles. Mais on a besoin aussi d’avoir un tableau de bord pour savoir où on s’en va.» 

Bonus-malus absent

Le gouvernement a également indiqué qu’il rejette l'idée d'une surtaxe pour l'achat de véhicules polluants dans ses nouvelles mesures de réduction de GES. Cette mesure de type bonus-malus était très chère au Parti québécois. 

«Selon les infos qu’on a, il ne sera pas là. Lorsque le ministre nous dit que les automobilistes paient déjà... C’est clairement insuffisant pour faire un transfert de l’auto “solo” vers le transport collectif pour diminuer l’achat de véhicules fortement émetteurs, comme les camionnettes ou les VUS», a dit M. Sylvain Gaudreault. 

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, estime qu’il s’agit «d’une fausse bonne idée», parce que les propriétaires de ces véhicules paient déjà leur contribution à la pompe, à travers la taxe sur l’essence.