Voici à partir de quand les hommes gais pourront donner du sang au Québec | 24 heures
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Voici à partir de quand les hommes gais pourront donner du sang au Québec

Image principale de l'article Les hommes gais pourront bientôt donner du sang
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Les hommes gais et bisexuels de partout au pays, sauf au Québec, n’auront plus besoin d’être abstinents sexuellement pour trois mois avant de pouvoir donner du sang.  

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Santé Canada a approuvé jeudi la demande de la Société canadienne du sang, qui souhaitait éliminer ce critère, longtemps montré du doigt par la communauté LGBTQ+. D’ici le 30 septembre, les donneurs de sang seront ainsi évalués en fonction du degré de risque de leurs comportements sexuels, plutôt que de leur orientation sexuelle.  

«L'approbation d'aujourd'hui, qui marque un jalon important vers un système de don de sang plus inclusif partout au pays, s'appuie sur l'avancement des données scientifiques au cours des dernières années», affirme Santé Canada dans un communiqué.  

«L'approbation de Santé Canada repose sur un examen approfondi des données probantes à l'appui de l'innocuité de la sélection revue des donneurs», assure-t-on. 

Patience au Québec   

Les hommes homosexuels ou bisexuels au Québec, où l’approvisionnement en sang est géré par Héma-Québec, devront quant à eux prendre leur mal en patience.  

La société d’État lèvera d’abord la restriction à l’automne 2022 pour les dons de plasma. Les hommes homosexuels et bisexuels qui sont actifs sexuellement devront toutefois attendre jusqu’au printemps 2023 pour pouvoir faire un don de sang total (incluant les plaquettes), ce que dénonce l’organisme RÉZO.  

«On pense qu’on devrait faire le plus vite possible» pour permettre aux hommes homosexuels et bisexuels de donner du sang, soutient le directeur général de l'organisme qui assure la santé et le mieux-être des hommes homosexuels et bisexuels, cisgenres et transgenres, Alexandre Dumont-Blais. Il «se réjouit de la décision [de Santé Canada]» et souhaiterait que les plans d'Héma-Québec soient mis à exécution plus tôt. 

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Tous dans le même panier   

Alexandre Dumont-Blais rappelle que les comportements sexuels ne sont pas déterminés par l’orientation sexuelle, donc que celle-ci ne devrait pas être un critère concernant les dons de sang.  

En empêchant les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes de donner du sang, Héma-Québec met «tout le monde dans le même panier», regrette-t-il.  

«Il faut être honnête avec les statistiques [de l’Institut national de la santé publique du Québec], il y a plus de cas de VIH chez les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes», concède-t-il. Mais ça ne veut pas dire que tous les hommes homosexuels et bisexuels sont à risque, insiste-t-il.  

La «période d’exclusion» qui doit suivre la dernière relation sexuelle a d’abord été instaurée en 2013. À l’époque, les donneurs potentiels devaient s’abstenir pour une période de cinq ans. 

Cette période d’exclusion est ensuite passée à un an en 2016, puis à trois mois en 2019. 

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