Québec et Montréal prennent contrôle du projet de REM de l’Est, le tronçon au centre-ville abandonné | 24 heures
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Québec et Montréal prennent contrôle du projet de REM de l’Est, le tronçon au centre-ville abandonné

Le premier ministre François Legault et la mairesse de Montréal, Valérie Plante
Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

Le premier ministre François Legault et la mairesse de Montréal, Valérie Plante

En réponse aux nombreuses critiques, le gouvernement du Québec prendra le contrôle du projet de Réseau express métropolitain (REM) de l’Est en compagnie de la Ville de Montréal. Le tronçon au centre-ville sera également abandonné.

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Une nouvelle mouture du projet

Les deux travailleront en collaboration avec la Société de transport de Montréal (STM) et l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) pour finaliser la planification et la conception du projet.

La ministre Chantal Rouleau, le premier ministre François Legault, la mairesse de Montréal Valérie Plante et la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-prairies–Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois.

Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

La ministre Chantal Rouleau, le premier ministre François Legault, la mairesse de Montréal Valérie Plante et la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-prairies–Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois.

«Dans le passé, il y a eu plusieurs excuses pour retarder des projets. On veut qu’il se réalise le plus vite possible. C’est crucial pour le développement de l’Est», a indiqué le premier ministre du Québec, François Legault. Il reconnaît toutefois que l’annonce bouleversera l’échéancier qui était prévu.

Dans la nouvelle mouture qui sera mise en place, le tronçon au centre-ville sera retiré du REM de l’Est, qui partira plutôt à l’est de la rue Dickson. Ses branches vers le nord de la métropole et vers sa pointe Est resteront toutefois en place.

François Legault et Valérie Plante

Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

François Legault et Valérie Plante

«Dans le centre-ville, on était dans une impasse. Le tronçon aérien au centre-ville, c’était une erreur historique qu’il fallait absolument éviter de faire», a rappelé à ce propos la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Vers Laval et Lanaudière 

Outre le retrait du tracé au centre-ville, trois autres modifications majeures seront apportées au projet. Première de celle-ci, le gouvernement souhaite que le REM de l’Est soit mieux arrimé au réseau du métro.

«La station Souligny, on doit s’assurer qu’il y ait une intégration harmonieuse dans ce coin-là», a indiqué M. Legault.

Le gouvernement envisage également de le prolonger la pointe Est vers la région de Lanaudière, et la branche Nord jusqu’à Laval.

Les tronçons Est et Nord conserveront toutefois leur forme actuelle. «Ça reste le REM de l’est. On veut qu’on ait un REM de l’Est», a indiqué M. Legault.

Gouvernance

Jusqu’alors, le projet était développé par CDPQ Infra, la filiale dédiée aux grandes infrastructures de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

«Il demeure toutefois un manque d’acceptabilité sociale pour certains tronçons, et ce, malgré les nombreuses initiatives mises de l’avant au cours des derniers mois», est-il reconnu dans le communiqué de presse accompagnant l’annonce.

L'un des futurs trains du REM

Photo d'archives, Agence QMI

L'un des futurs trains du REM

Au mois de mars dernier, la CDPQ Infra avait déclaré qu’elle mettrait le projet sur pause sans un appui clair de l’administration Plante. Celle-ci avait répliqué en demandant que la Caisse se prononce «clairement et publiquement» à savoir si elle voulait, ou non, collaborer avec la Ville.

Depuis sa réélection, la mairesse Valérie Plante demandait que la Ville ait un siège à la table décisionnelle afin qu’elle puisse avoir son mot à dire sur le projet. Une demande mainte fois rejetée par la CDPQ Infra, qui estimait que la participation de la Ville à divers comités consultatifs était suffisante.

En campagne électorale, Mme Plante avait également promis d’investir 500 millions $ pour revoir les aménagements urbains et permettre une meilleure intégration du REM dans le paysage de la métropole.

Bien qu’elle perde le contrôle du projet de REM de l’Est, CDPQ Infra est toujours aux commandes du REM de l’Ouest, dont la première branche devrait être inaugurée à l’automne.

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Critiques

Depuis son annonce, le projet de REM de l’Est suscite de nombreuses controverses en raison de son tracé aérien, qui défigurera, aux yeux de nombreux groupes, le centre-ville de la métropole.

Le Groupe de travail sur le Quartier chinois avait notamment dénoncé le projet, estimant qu’il entraînerait de nombreuses répercussions négatives pour le secteur.

Photo prise lors d'une manifestation contre le REM de l'Est aérien.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Photo prise lors d'une manifestation contre le REM de l'Est aérien.

Dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, de nombreux citoyens s’opposaient aussi au tracé aérien, en raison de sa trop grande proximité avec des secteurs résidentiels, et parce qu’il passerait près du parc Morgan, un site à valeur patrimoniale.

À travers une note interne qu’a pu obtenir l’Agence QMI, la Société de transport de Montréal (STM) s’était également montrée critique face au projet du REM de l’Est.

Selon celle-ci, la grande majorité des futurs usagers utiliseraient déjà le transport en commun, si bien que le REM viendrait cannibaliser les infrastructures déjà existantes. Elle calculait également que les dépenses d’exploitation à assumer par la Ville augmenteraient «en flèche».

L'ARTM avait également dévoilé les grandes lignes d’un rapport, qui concluait que le REM de l’Est entraînerait de nombreux désagréments et que d’autres options devaient être envisagées, rejoignant les conclusions auxquelles était arrivée la STM.

Exo, qui gère le réseau de train de banlieue, avait également soulevé ses propres inquiétudes, dans une sortie publique en février dernier.