Avortement: des cliniques canadiennes se préparent à accueillir des Américaines | 24 heures
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Avortement: des cliniques canadiennes se préparent à accueillir des Américaines

Image principale de l'article Des cliniques canadiennes prêtes à aider les É-U
AFP

Les cliniques d’avortement au Canada sont prêtes à offrir des services aux Américaines si les États-Unis mettaient fin à leur protection constitutionnelle du droit à l’avortement, mais elles pourraient faire face à un problème pour répondre à tous les besoins.

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Un afflux potentiel de femmes venant de l’autre côté de la frontière pourrait engendrer des attentes plus longues pour obtenir un service, mais obligerait aussi les installations à s’agrandir, voire en créer de nouvelles pour faire face à la demande.

«Il existe un véritable souvenir vécu de la gracieuseté offerte par les cliniques américaines lorsque les Canadiens étaient dans le besoin et je pense que cela serait réciproque», a expliqué en entrevue au National Post Carolyn Egan, porte-parole de la Coalition ontarienne pour les cliniques d’avortement.

En 1989, la Québécoise Chantal Daigle avait notamment été se faire avorter aux États-Unis lorsque son ex-conjoint la poursuivait pour l'empêcher de se faire avorter et que la cour avait donné raison à l'homme. Elle a plus tard gagné sa cause devant la Cour suprême.

Chantal Daigle

Karl Tremblay / Le Journal de Quebec

Chantal Daigle

Au Manitoba, la directrice générale de la Women’s Health Clinic de Winnipeg a affirmé qu’elle accueillerait toute Américaine qui souhaiterait réaliser la procédure, certaines venant déjà en petit nombre pour le faire.

«Nous n’allons pas refuser des gens», a déclaré Kemlin Nembhard au média. «Mais dans un pays qui compte 10% de la population des États-Unis, il n’est pas réaliste de penser que nous pourrions répondre aux besoins de ce qui pourrait potentiellement affluer vers le nord.»

Et cette possibilité est envisagée depuis un moment, puisque plusieurs défenseurs de l’avortement aux États-Unis ont déjà contacté la Fédération nationale de l’avortement du Canada, afin de savoir si les cliniques canadiennes pourraient prendre en charge une partie de la demande américaine.

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«S’il y avait effectivement un besoin, je serais assez optimiste quant au fait que le personnel médical ici au Canada essaierait de mettre en place une installation pour aider», a tout de même avancé Mme Egan.

D’autres facteurs pourraient aussi limiter l’arrivée d’Américaines au Canada pour cette procédure, notamment car certaines pourraient ne pas avoir assez de moyens pour obtenir un passeport et payer le transport ainsi que l’hébergement.

«À moins d’être remboursé par les fonds américains destinés à l’avortement, ce ne sera une option viable que pour les femmes qui ont quelques moyens et peuvent voyager», a précisé au National Post Joyce Arthur, responsable de la Coalition pour le droit à l’avortement au Canada.

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