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Quel est le problème avec les VUS?

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Joël Lemay / Agence QMI

Acheter un véhicule utilitaire sport (VUS) n’est pas sans conséquence sur l’environnement, la sécurité et les finances personnelles. C’est le message que martèle Équiterre dans une récente campagne publicitaire, au moment où les gros véhicules énergivores semblent la nouvelle norme sur les routes au Québec. Alors, quel est le réel problème avec les VUS?

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Les camions légers sont responsables de plus de 55% de la hausse des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec entre 2015 et 2019; ils consomment 20% plus d’essence qu’une voiture équivalente; ils sont deux fois plus souvent impliqués dans les accidents avec des piétons; ils coûtent plus cher; ils prennent plus de place sur les routes déjà largement occupée. 

C’est, en somme, le message que veut faire passer Équiterre avec l’offensive «Pas de VUS pour moi» lancée lundi. 

L’idée n’est pas de démoniser la vente de ces gros véhicules, précise le directeur des relations gouvernementales d’Équiterre, Marc-André Viau, mais plutôt de convaincre les consommateurs d’opter pour une autre manière de se déplacer. 

«Les moyens de se déplacer doivent être adaptés aux besoins réels: il faut aussi nécessairement revoir la place de l’auto solo dans nos vies», souligne l’analyste en mobilité chez Équiterre, Andréanne Brazeau. 

Toujours plus de VUS sur les routes  

Et pourquoi sortir la campagne maintenant? 

Parce que le nombre de VUS et autres camions légers explose sur les routes de la province, et constitue la principale cause de la hausse des émissions de GES ces dernières années. 

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Entre 1990 et 2019, le nombre de camions légers sur les routes a bondi de 319% et leurs GES ont augmenté de 155%, selon l’édition 2022 de l’État de l’énergie au Québec

Le nombre de voitures ne s’est pourtant accru que de 22% au cours de la même période. 

En 2020, pour chaque véhicule électrique vendu, 15 camions légers étaient vendus, selon les données d’Équiterre. 

Congestion routière  

La réponse des gouvernements à la congestion est souvent d’augmenter la capacité routière, peut-on y lire. 

Or, dans le rapport L’aménagement du territoire au Québec: fondamental pour lutter contre les changements climatiques publié lundi, 11 experts du Comité consultatif sur les changements climatiques, mandatés par le gouvernement, signale que l’augmentation de la capacité routière engendre du trafic additionnel. 

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À ce diagnostic, Marc-André Viau ajoute que la croissance constante de la taille des véhicules est aussi l’un des principaux facteurs de la congestion. 

«C’est impossible que ça fonctionne si tous les Québécois ont leur bungalow et un chalet. On ne peut pas occuper le territoire comme ça. De la même manière, ça ne fonctionne pas si tous les Québécois ont leur pick-up. On ne peut pas occuper les routes avec de gros véhicules», illustre-t-il. «On a beau conduire un véhicule électrique, ça ne change pas le trafic et le temps de déplacement. Ça prend beaucoup d’espace sur la route.»

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