Voici pourquoi il faut manger moins de viande | 24 heures
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Voici pourquoi il faut manger moins de viande

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L’impact sur le climat d’un régime alimentaire qui comprend beaucoup d’aliments d’origine animale est souvent méconnu. Pourtant, s’il y a un endroit où on peut réellement faire une grosse différence, c’est bien celui-là.

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On met souvent le tri des déchets au top de la liste des actions qu’on peut faire à la maison pour faire notre part, alors que d’un point de vue scientifique, c’est bel et bien l’alimentation (et le type de transport qu’on utilise pour se déplacer) qui joue le plus dans la balance des gaz à effet de serre (GES).

L’objectif n’est pas de pointer du doigt (chacun et chacune d’entre nous mange ce qu’il et elle veut), mais de permettre à tout le monde de prendre ses décisions en connaissance de cause. Alors pourquoi réduire notre consommation de produits d’origine animale, et particulièrement la viande ?

Digestion et destruction des terres

Principalement parce que les animaux qui sont destinés à être mangés émettent du méthane lors de leur digestion, un GES environ 25 fois plus puissant que le CO2. L’agneau et le bœuf sont les viandes les plus émettrices, suivies du porc, de la dinde puis du poulet. L’élevage est aussi un immense consommateur de céréales et d’eau, une ressource de plus en plus rare. 

Près de 40 % des céréales produites et récoltées dans le monde servent directement à nourrir le bétail. Au Brésil, on va jusqu’à couper des arbres dans la forêt amazonienne pour faire place à des pâturages ou à des cultures de soja uniquement destinées au bétail. Moins de forêt, c’est moins d’émissions de CO2 absorbées.

Ça fait qu’à l’échelle mondiale, on attribue environ 1/5 des émissions de GES au secteur de l'agriculture, de la foresterie et des autres utilisations des terres. Et qu’à lui seul, le bétail compte pour 14,5 % de toutes les émissions de GES qui sont attribuables à l’activité humaine. C’est à peu près l’équivalent des émissions de tous les transports réunis à l’échelle mondiale. Ça pèse lourd dans la balance.

Local vs végétal

On rétorque souvent qu’au Québec, une alimentation végétale est responsable de plus de GES à cause de l’importation des fruits et légumes, que notre climat ne permet pas de faire pousser ici. Une étude réalisée par une étudiante de l’Université de Sherbrooke a pourtant démontré qu’en hiver, le régime végétalien qui comprendrait des aliments importés, est moins coûteux en GES qu’un régime omnivore mais local.

Enfin, on oublie souvent de parler des conditions dans lesquelles sont traitées les bêtes dans les élevages industriels. Sans parler de la pêche industrielle qui vide nos océans. Le bien-être animal ne produit pas de GES, alors on s’en soucie moins. Pourtant, accepter que l’on traite d’autres êtres vivants de cette façon, c’est maintenir une séparation fictive entre l’humain et le reste du vivant, alors que tous ces animaux sont aussi des êtres doués de sensibilité. N’acceptons plus cette destruction de l’ensemble du vivant qui se déroule sous nos yeux, en ce moment. Pour ça, revoyons de quoi est composée notre assiette.