Plus de feux de forêt à cause des changements climatiques | 24 heures
/environment

Plus de feux de forêt à cause des changements climatiques

Image principale de l'article Un accélérateur de feux de forêt
CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Le printemps particulièrement chargé en feux de forêt que connaît le Québec cette année deviendra la nouvelle norme, s’accordent les spécialistes, comme les épisodes de sécheresse et les températures estivales avant l’arrivée des premières feuilles se font de moins en moins rares avec les changements climatiques.

• À lire aussi: Voici comment commence un feu de forêt

Depuis le 7 mai, une interdiction d’allumer des feux à ciel ouvert à proximité des forêts est en vigueur dans le sud et dans l’ouest de la province. Mardi, la consigne s’est étendue à presque tout le Québec. 

Les contrevenants sont passibles d’une amende allant de 500$ à 50 000$. 

Un des plus importants feux de forêt des dernières années menaçait la centrale de la Péribonka, au nord du Lac-Saint-Jean, le 19 juin 2020.

CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Un des plus importants feux de forêt des dernières années menaçait la centrale de la Péribonka, au nord du Lac-Saint-Jean, le 19 juin 2020.

Un printemps chargé  

Au moins 175 incendies ont été répertoriés par la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) depuis le début de la saison, qui s’étend du 1er avril à la mi-novembre. Pour l’heure, quatorze sont toujours en activité. 

Ce sont 68 feux de plus que la moyenne de 107 des dix dernières années à pareille date. Et déjà, plus de 184 hectares de forêt ont brûlé, soit plus du double de la moyenne. 

Ils ont tous été causés par l’activité humaine, principalement le brûlage de rebuts ou des mégots de cigarette, «comme 95% des feux de forêt au Québec», précise le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la résilience des forêts face aux changements globaux de l’Université du Québec en Outaouais, Christian Messier. 

Sans parler d’un record, le printemps 2022 est particulièrement faste en feux de forêt, reconnaît, quant à lui, le coordonnateur à la prévention et aux communications de la SOPFEU, Stéphane Caron. 

Le beau temps, la chaleur, la faible humidité, le vent: toutes des conditions qui favorisent l’allumage d'incendies. 

• À lire aussi: Des températures près de 30°C la semaine prochaine: le beau temps arrive enfin

«En bordure, dans les champs, là où c’est ouvert, on retrouve beaucoup de végétation morte et sèche. Comme il n’annonce pas de pluie pour plusieurs jours, la forêt est très vulnérable», détaille-t-il. «Ça peut s’enflammer très facilement. Ça prend juste du soleil.» 

Les changements climatiques, un accélérateur de feux

Est-ce un aperçu de ce qui attend le Québec dans les années à venir? 

«La tendance est la même partout. C’est clair que les risques vont aller en augmentant avec les changements climatiques, surtout au printemps et dans le sud du Québec. On va trouver des feux dans des endroits où on n’en voyait pas avant, comme en Estrie où il y a surtout des feuillus», fait valoir Christian Messier. 

Comme les feuilles dans les arbres conservent l’humidité, les forêts de feuillus sont moins fragiles aux incendies. «Ce sont les épines et la résine des conifères qui propagent surtout le feu», résume l’expert. 

Un feu de forêt brûlait à Val-Bélair, un quartier de Québec, le 21 mai 2020.

Marc Vallières/Agence QMI

Un feu de forêt brûlait à Val-Bélair, un quartier de Québec, le 21 mai 2020.

«Ça peut paraître contre-intuitif, mais c’est au printemps que l’on retrouve la majorité des incendies dans nos forêts surtout dans le sud de la province, justement parce que les feuilles ne sont pas encore poussées», ajoute Stéphane Caron de la SOPFEU. 

Les chaleurs hâtives du printemps sont donc un accélérateur d'incendies de forêt. 

L’été, les feux sont plutôt concentrés dans le nord de la province. «Ils sont plus grands et plus spectaculaires, mais il y a moins de gens qui habitent aux alentours», mentionne M. Caron. 

Pas comme l’ouest, mais...  

Le professeur Messier rassure: le Québec ne connaîtra pas le même sort que la Colombie-Britannique ou la Californie, où les forêts de conifères et le climat très sec dominent au printemps et en été. 

Un feu de forêt à Oroville, en Californie, en septembre 2020.

AFP

Un feu de forêt à Oroville, en Californie, en septembre 2020.

«C’est clair qu’avec le réchauffement de la planète, le nombre de feux de forêt, leur gravité et la superficie brûlée augmentent considérablement surtout dans l’ouest», souligne, pour sa part, M. Caron. «Plus à l’est, on ne peut pas dire qu’il y a jusqu’à maintenant des effets visibles des changements climatiques sur les feux de forêt. On a un climat plus humide, donc ça va prendre un réchauffement plus marqué.» 

• À lire aussi: Colombie-Britannique: «L'avenir ne semble pas prometteur»

Mais, «ça va finir par venir», prévient-il. «On le voit très bien, toute la côte ouest brûle chaque année, et ça pourrait nous arriver.» 

Sur le même sujet