Les derniers MacBook Pro sont-ils des portables de «gaming»? On teste! | 24 heures
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Les derniers MacBook Pro sont-ils des portables de «gaming»? On teste!

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Photo Raphaël Lavoie

C’est quand la dernière fois que vous avez joué à un jeu sur Mac?

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Pour ma part, ça remonte à six ou sept ans, bien avant de me joindre à l’équipe de Pèse sur start. Pour une raison que je m'explique encore mal, une envie rageuse de jouer au plus récent opus des Sims m’a pris.

Le quatrième volet n’étant alors pas encore disponible sur console, j’avais confié la tâche à mon humble MacBook Air de l’époque. Il s’en était acquitté sans trop de difficulté avec des réglages moyens, mais non sans me brûler les cuisses, tout en émettant des bruits d’avion qui décolle.

Bref, tout ça pour dire que l’expérience m’avait conforté dans mes (légers) préjugés voulant qu’un Mac, en ce qui concerne les jeux vidéo, ça dépanne. Enfant, ça vous initie aux jeux éducatifs et, adulte, ça vous permet d’essayer un petit titre de stratégie ici et là.

Cela dit, un préjugé, c’est fait pour être déboulonné!

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Surtout que, depuis quelques années, Apple aime bien rappeler que les Mac ne sont pas conçus que pour créer ou travailler. Il n’y a qu’à penser au lancement il y a quelque temps d’Apple Arcade, par exemple, ou au nombre de titres portés sur le Mac qui augmente constamment.

Ce faisant, après que le plus récent MacBook Pro de la marque à la pomme ait été encensé maintes fois pour ses performances au cours des derniers mois, pourquoi ne pas l’essayer à notre tour avec un tout autre – et très précis – objectif en tête, soit celui de... gamer

C’est ce que j’ai fait au cours des dernières semaines et, bien franchement, l’expérience m’a bien fait réfléchir à l’avenir vidéoludique des futurs ordinateurs d’Apple.

Somptueuse machine  

Bon, je sais qu’on est ici pour parler de jeux vidéo, mais prenons quand même un moment pour admirer le chef-d’œuvre qu’est le MacBook Pro de 2021, en version 14 pouces.

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Entièrement redessiné, l’ordinateur portable phare d’Apple revient avec un design plus épais, anguleux, mais surtout une alléchante sélection de ports. Oubliez l’époque des quatre entrées USB-C solitaires, on a maintenant aussi droit à un lecteur de cartes SD... et à un port HDMI!

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Côté alimentation, c’est d’ailleurs aussi le grand retour du chargeur magnétique MagSafe. Enfin.

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Cela dit, c’est sous le capot que ça devient réellement intéressant, avec, dans la version qui m’a été envoyée, un tout nouveau processeur Silicon M1 Pro de 10 cœurs, couplé à 32 Go de mémoire vive. Une configuration explosive pour les applications créatives et qui s’annonce prometteuse aussi pour les jeux vidéo.

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Évidemment, l’autre chose qu’on ne peut passer sous silence, c’est l’écran exceptionnel mini-LED de la bête, doté de la technologie Liquid Retina XDR d’Apple. Le panneau, qui s’étire presque d’un bout à l’autre de l’ordinateur, avec une encoche au-dessus pour la caméra, est hyper-lumineux, précis et merveilleusement contrasté.

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Vous aurez compris, on est loin de l’écran de la première Nintendo Switch. En ce sens, j’ai envie de dire qu’il s’agit d’un des atouts (pas très secret) du dernier MacBook Pro côté gaming, qui sait rehausser à peu près n’importe quel titre. Mais ça, on en parlera davantage un peu plus tard.

En mode gaming  

Alors, comment brise-t-on des préjugés quant au gaming sur Mac? Eh bien, on joue. Tout simplement!

Pendant quelques semaines, ici et là, j’ai donc sorti le MacBook Pro avec la seule intention de jouer, ce qui m’a amené à faire différents constats intéressants.

D’abord, la sélection de jeux sur Mac est étonnamment adéquate, contrairement à ce qu’on pourrait penser.

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Dans le temps de le dire, en fouillant dans le catalogue d’Apple Arcade et dans celui de Steam, j’avais en main une trentaine de titres intéressants, la plupart salués par la critique, à essayer. Pas si mal pour un système qui n’est supposément pas fait pour gamer.

On ne parle pas ici des derniers jeux AAA très exigeants du côté du graphisme, mais la sélection n’a certes rien de bien gênant, au contraire.

Disco Elysium, Baldur's Gate III, les trois derniers Tomb Raider, puis Planet Coaster, Cities: Skylines, Hollow Knight, tout ça, c’est jouable sur Mac. Et c’est sans compter les nombreux jeux plus «légers» d’Apple Arcade, de même que certains titres iOS qui deviennent jouables grâce au processeur M1. Bref, ce ne sont pas les jeux qui manquent.

Autre intéressante réalisation, c’est la convivialité du gaming sur macOS. Ce n’est pas que ce soit révolutionnaire ou que ça rivalise avec les consoles de Nintendo, Sony et Microsoft, mais je n’ai jamais eu à me prendre la tête ou à me perdre dans les réglages pour réussir à jouer à un jeu.

En ce sens, les plus récentes manettes de PlayStation (la DualSense de la PS5) et de Xbox se connectent rapidement et facilement sans fil et plusieurs titres d’Apple Arcade adaptent leur interface en fonction du contrôleur choisi. Même chose sur Steam, où (presque) aucune gymnastique n’a été requise pour lancer un titre et y jouer avec une manette.

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Dans le même ordre d’idées, la puissance des dernières puces M1 Pro et Max d’Apple fait en sorte que si un jeu a été adapté pour Mac, il est pratiquement assuré d’être compatible avec les MacBook Pro de 2021 et d’offrir des performances plus qu’intéressantes.

Et finalement, avec le retour de la prise HDMI, plus besoin d’un adaptateur pour jouer sur grand écran. On branche, la résolution s’adapte automatiquement et on est en voiture.

En d’autres mots, une fois que vous avez déniché un jeu qui vous plaît, c’est assez facile de jouer sur Mac. «It just works», comme disait un grand disparu de la Pomme.

Une petite bombe... même pour les jeux?  

Alors oui, c’est simple de jouer sur Mac. Mais ces jeux, comment roulent-ils sur le plus récent MacBook Pro? Dans l’ensemble, c’est assez convaincant... et parfois même très.

Si on commence par la base, vous devinerez que les titres offerts sur Apple Arcade, qui sont souvent de prime abord des jeux mobiles, roulent tous merveilleusement bien, et ce, avec tous les réglages possibles dans le piton.

Bon oui, on parle ici parfois de jeux qui ont des graphismes qui se rapprochent de l’ère de la PS3 (NBA 2K22 Arcade Edition et Clap Hanz Golf, on vous regarde), mais au niveau de la jouabilité, il n’y a absolument rien à redire. Et lorsque vous passez à des jeux indépendants au style artistique plus intemporel – comme Alto’s Odyssey: The Lost City, ou encore The Last Campfire –, on se retrouve devant une expérience en 4K qui n’a rien à envier aux autres plateformes.

Le constat est similaire lorsqu’on commence à patauger dans les jeux indie disponibles sur Steam, par exemple. Hollow Knight y fonctionne de façon aussi fluide et réactive que sur PlayStation, avec toutes les options graphiques poussées au maximum. Même chose pour Inside, qui tire un peu moins bien profit de la résolution de l’écran, mais qui reste tout de même parfaitement jouable. Autre petit classique indépendant, le très over the top Broforce roule quant à lui à 120 images par seconde, sans même osciller.

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Ce ne sont pas des titres hyper-exigeants, me direz-vous, et vous avez bien raison. Cela dit, le constat est quand même assez facile à faire du côté de ce genre de jeux indie: ils risquent fort bien d’être aussi bons sur MacBook Pro que sur PC ou console.

Un cran au-dessus, on retrouve toute la panoplie de jeux de simulation et de stratégie, historiquement souvent compatibles avec les Mac. Et encore une fois, pour la poignée de ceux-ci que j’ai pu essayer sur le MacBook Pro, le résultat est satisfaisant.

Dans Cities: Skylines, qui est parfois utilisé par des collègues pour simuler un troisième lien entre Québec et Lévis, l’interface n’est pas nécessairement si bien adaptée à la grande résolution de l’écran du portable, mais en gardant les réglages graphiques un peu plus bas, on accote les 60 images par seconde et on y demeure. Du côté de Planet Coaster, l’expérience est à peu près la même. En jonglant avec quelques options et en optant pour une fidélité «moyenne», le titre reste dans un débit d’une cinquantaine d’images par seconde, bien assez pour se construire un beau parc d’attractions qui fera passer La Ronde pour le petit train vert des Galeries de la Capitale.

Et The Sims 4, dans tout ça? Un vrai charme, surtout après l’expérience un peu plus cahoteuse sur mon vieux MacBook Air il y a quelques années.

Finalement, lorsqu’on gradue et qu'on en arrive aux jeux AAA portés sur macOS, les performances demeurent honorables et viennent visiblement rejoindre celles d’un PC de milieu de gamme ou d’une console de génération précédente.

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Le FPS post-apocalyptique Metro Exodus, outre quelques plantages par-ci par-là, roule assez rondement (entre 40 et 50 images par seconde) en qualité moyenne-haute dans une résolution de 1440p (et en endurant des ventilateurs qui se font, ici, très insistants). Cela dit, en baissant le tout d’un cran, on obtient un débit bien supérieur, et surtout, plus constant. C’est une question, rendu là, de trouver un juste équilibre et de choisir ses combats.

Du côté d’un autre AAA, Shadow of the Tomb Raider, c’est encore plus impressionnant. Avec les options graphiques «élevées» et une résolution en 1440p, on vient chercher un débit stable dans les 60 images par seconde. Des performances des plus honorables, qui se comparent à celles d’un portable de jeu décent sous Windows.

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C’est réellement prometteur, surtout quand on considère... qu’aucun des jeux mentionnés ci-dessus n’est optimisé pour le processeur M1, ceux-ci fonctionnant tous en émulation sur le plus récent MacBook Pro!

Ce qui nous amène au point suivant.

Les jeux optimisés pour M1: le futur du gaming sur Mac  

Réel clou de mon aventure vidéoludique avec le dernier MacBook Pro, j’ai eu l’occasion d’essayer trois jeux optimisés spécialement pour les nouveaux processeurs d’Apple: Disco Elysium, Baldur’s Gate III et EVE Online. Ceux-ci tournent donc de façon native sur les ordinateurs dotés d’un M1.

• À lire aussi: Porter ses jeux sur Mac M1, un «must», selon le studio derrière Disco Elysium [ENTREVUE]

Verdict? Les performances sont au rendez-vous et l’expérience avec les trois jeux fait réaliser à quel point les nouvelles puces Silicon changent la donne pour Apple, et ce, même sur le plan des jeux vidéo.

Entendons-nous... dans les trois cas, on ne parle pas de Cyberpunk 2077 ou de Doom Eternal, mais l’expérience avec les trois jeux sur MacBook Pro laisse entendre qu’Apple peut réellement rivaliser avec les PC de ce monde pour certaines catégories de jeux, qui offriront visiblement une expérience très similaire sur Mac, sans sacrifier la facture visuelle ou la fluidité.

Disco Elysium, notamment, roule en 4K sur le MacBook Pro avec tous les réglages au maximum, d’une façon qui rappelle sincèrement l’excellente version PS5. L’ordinateur branché à un téléviseur, une DualSense connectée et l’illusion est parfaite.

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Le portable manifeste un peu plus bruyamment en lançant EVE Online, mais le MMORPG spatial est malgré tout lui aussi bien fluide, même en très haute résolution. Quant à Baldur’s Gate III, en dépit du fait que le jeu soit encore en accès anticipé, les performances sont aussi au rendez-vous, à condition d’opter pour une taille d’affichage un peu plus modeste, légèrement au-dessus du HD. L’ensemble reste cependant fluide, joli et, finalement, satisfaisant.

Tout ceci permet donc de réaliser une chose: lorsque des studios comme ZA/UM (Disco Elysium), Larian (Baldur’s Gate III) et CCP Games (EVE Online) prennent le soin de porter spécialement leur jeu sur Mac M1, les résultats sont franchement convaincants et viennent rivaliser avec ceux offerts par un PC récent.

En ce sens, je ne serais pas surpris de voir des productions de plus en plus exigeantes d’un point de vue technique débarquer sur Mac, au fur et à mesure que les développeurs apprendront à maîtriser et à bien exploiter le potentiel des derniers processeurs d’Apple.

Ça ne change pas le monde (d’un gamer), sauf que...  

Alors, est-ce que les nouveaux MacBook Pro sont les premiers d’une future longue lignée d’ordinateurs de gaming chez Apple? En toute franchise, c’est peut-être un peu fort comme affirmation. À l’heure actuelle, du moins.

Pour le moment, les récents portables de haute performance de la marque à la pomme risquent ainsi de demeurer populaires pour les créatifs, les programmeurs et les autres amateurs de techno dernier cri... mais peut-être pas nécessairement pour les gamers.

Toutefois, après avoir passé quelques semaines avec la jolie et performante machine, je suis de plus en plus convaincu que les récents portables d’Apple ont un potentiel vidéoludique certain, caché dans leur manche (d’aluminium). Un potentiel qui pourrait devenir un atout assez majeur dans quelques années.

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Dans le marché actuel, les MacBook Pro ne répondent donc peut-être pas encore à la définition d’un ordinateur de gaming, mais ils se veulent des machines incroyablement performantes, polyvalentes et bien construites. Et, savez-vous quoi, elles peuvent aussi offrir des moments satisfaisants de jeu, entre deux sessions de montage sur Premiere Pro.

En effet, Elden Ring et compagnie ne sont peut-être pas (encore) jouables sur Mac, mais pour quelqu’un qui cherche à occuper ses midis, à se divertir sur un vol ou à tout simplement reconnecter avec les jeux vidéo sans acheter un nouvel appareil, ce côté «joueur» de plus en plus assumé des MacBook se révélera une belle surprise pour plusieurs.

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Avec son nouveau processeur survolté, son écran plus vrai que nature et sa durée de vie convaincante, les éléments sont là pour une expérience gaming d’une étonnante qualité, même si quelques bémols subsistent.

Du moins, c’est déjà assez pour faire tomber les préjugés... et faire entendre que, si les studios emboîtent le pas, l’avenir du gaming sur ordinateur ne sera finalement peut-être pas entièrement PC.

* Le test a été effectué grâce à un MacBook Pro prêté par Apple à Pèse sur start


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