Ce qu'on sait sur la fusillade raciste survenue à Buffalo samedi | 24 heures
/bref

Ce qu'on sait sur la fusillade raciste survenue à Buffalo samedi

Un Américain de 18 ans a tué au moins 10 personnes – dont une majorité d'Afro-Américains – samedi dans un supermarché, après avoir publié un manifeste raciste sur les réseaux sociaux. Voici ce qu'on sait de cette histoire.

• À lire aussi: Une maison de Saint-Sauveur à louer pour 54 000$ par année

La fusillade   

La fusillade s'est passée samedi dans un supermarché Tops de Buffalo, dans l'État de New York.

Vers 14 h 30, un homme blanc de 18 ans, qui ne viendrait pas de Buffalo, est arrivé avec une «arme d'assaut», un gilet pare-balles, une tenue de type militaire, un casque et une caméra pour diffuser son crime en direct sur internet, selon le récit des policiers.

Photo AFP

Il est sorti de son véhicule et aurait d'abord tiré sur quatre personnes dans le stationnement, tuant trois d'entre elles, avant d'entrer dans le commerce et d'y commettre un carnage. 

Le chef de la police de Buffalo, Joseph Gramaglia, a fait état de «dix personnes tuées» et de trois blessés. Onze individus étaient des personnes noires et deux étaient des Blancs, dans ce quartier majoritairement afro-américain de Buffalo. 

Photo AFP

Quand la police est arrivée sur les lieux, le jeune homme a retourné son arme contre lui, au niveau de son cou, avant de se rendre aux forces de l’ordre, selon le commissaire Gramaglia. Il a été arrêté, poursuivi dans un premier temps pour «meurtre avec préméditation» et incarcéré.

Il a été identifié comme étant Payton Gendron, qui habite dans le Sud de l'État.

Payton Gendron, arrêté en lien avec la tuerie de Buffalo

AFP

Payton Gendron, arrêté en lien avec la tuerie de Buffalo

La fusillade diffusée sur Twitch    

L’assaillant, qui portait une caméra, a commencé à diffuser son crime sur la plateforme Twitch, laquelle s’est déclarée «dévastée» et a promis une «tolérance zéro contre toutes les formes de violence». 

D’après le réseau social, le contenu a été supprimé «deux minutes» après le début de sa diffusion, le compte de l’assaillant a été «suspendu définitivement» et «tous les comptes susceptibles de rediffuser ce contenu sont sous surveillance».

• À lire aussi: Déjà plus de morts de la COVID-19 au Québec en 2022 que durant toute l’année dernière

Le manifeste raciste     

Des médias américains ont également évoqué un «manifeste» à caractère raciste diffusé sur internet. 

Selon le New York Times, citant ce «manifeste», le suspect a été «inspiré» par des crimes commis par des suprémacistes blancs, notamment le massacre en 2019 de 51 fidèles dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. 

Le journal Buffalo News a même révélé qu’un mot injurieux, raciste et tabou aux États-Unis pour désigner les personnes noires avait été peint en blanc sur le canon de l’arme.

Les victimes    

Parmi les victimes, on trouve un garde de sécurité, policier à la retraite, qui a tiré sur l’assaillant, mais ce dernier, protégé par son gilet pare-balles, n’a pas été blessé et a abattu ce garde.

Ce qui va se passer    

Payton Gendron est maintenant poursuivi pour «meurtre avec préméditation» et a plaidé non coupable lors d’une première comparution devant un juge, a rapporté le New York Times.

«Nous enquêtons sur cet incident considéré comme étant à la fois un crime motivé par la haine et une affaire d’extrémisme violent à motivation raciale», a déclaré Stephen Belongia, policier du FBI à Buffalo, lors d’une conférence de presse.

Le «crime motivé par la haine» désigne aux États-Unis un acte dirigé contre une personne en raison d’éléments de son identité comme la race, la religion, la nationalité, l’orientation sexuelle ou un handicap. Vu comme une infraction fédérale aux circonstances aggravantes, il entraîne des condamnations plus dures.

Interrogé sur le risque que le tireur subisse la peine de mort à l’échelon fédéral, le représentant local du parquet du ministère américain de la Justice a répondu que «toutes les options étaient sur la table».

Cette attaque est «un crime motivé par la haine et raciste», perpétrée par «le mal incarné», a fustigé le shérif du comté d’Érié, John Garcia.

Il s’agit d’une «tuerie atroce par un suprémaciste blanc», a tonné sur Twitter la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul.

Selon le maire de Buffalo, l'Afro-Américain Byron Brown, le tueur a fait plusieurs heures de voyage pour commettre son crime.

Dans un communiqué, le président américain, Joe Biden, a dénoncé cette attaque, rappelant que «tout acte de terrorisme intérieur, y compris un acte perpétré au nom d’une idéologie nationaliste blanche répugnante, est contraire à tout ce que nous défendons en Amérique».

Pas la première fois    

Cette tuerie en rappelle deux autres: un massacre raciste le 3 août 2019 lorsqu’un homme d’extrême droite de 21 ans avait tué 23 personnes, dont huit Mexicains et des personnes hispaniques à El Paso, au Texas; et lorsque le 17 juin 2015, un suprémaciste blanc avait tué neuf fidèles afro-américains dans une église de Charleston en Caroline du Sud.

Dans ces deux cas, des manifestes haineux avaient été mis en ligne avant les attaques.

De manière tragique, les fusillades et meurtres en série aux États-Unis dans les lieux publics sont quasiment quotidiens et la criminalité par armes à feu est en augmentation dans les grandes villes comme New York, Chicago, Miami ou San Francisco, notamment depuis la pandémie de 2020.

En 2021, les armes à feu ont fait près de 45 000 morts aux États-Unis, dont environ 24 000 suicides, selon l’organisation Gun Violence Archive. 

Le droit de posséder des armes est garanti par la Constitution.

Plusieurs initiatives d’élus pour renforcer la législation sur les armes ont échoué au Congrès ces dernières années, le puissant lobby des armes NRA demeurant très influent.

- Avec les informations de l'AFP

À VOIR AUSSI    

s