« Ça n’existe pas des produits zéro déchet »: l'entreprise Bateau Bateau évite le greenwashing en étant transparente | 24 heures
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« Ça n’existe pas des produits zéro déchet »: l'entreprise Bateau Bateau évite le greenwashing en étant transparente

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Il n’y a pas de mention « zéro déchet » sur le site web de Bateau Bateau, une entreprise qui vend du papier de toilette et des mouchoirs lavables. « Ça n’existe pas, des produits zéro déchet! » lance spontanément sa fondatrice Marie-Ève Lupien qui estime éviter le piège du greenwashing en étant transparente.

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Certains des produits de Bateau Bateau sont faits en Chine, d’autres au Québec, elle ne s’en cache pas.  

« On est hyper lucides par rapport à notre impact. On sait qu'il n'est pas exemplaire », confie sa fondatrice Marie-Ève Lupien. 

Ancienne rédactrice-conceptrice en agence publicitaire, elle a orienté le marketing de Bateau Bateau sur la notion de confort plus que sur l’idée de sauver la planète. 

« C'était vraiment de trouver des solutions pour faciliter la transition des gens vers un mode de vie plus écolo, explique-t-elle. On ne parlera pas nécessairement au puriste du zéro déchet parce que le puriste va couper des choses à la maison ou récupérer des vieux pyjamas pour se faire des mouchoirs et du papier de toilette lavable. C'est ça la bonne chose à faire. Mais ce n'est pas tout le monde qui veut aller là. Les gens veulent quand même du confort dans cette transition-là. » 

Le papier de toilette lavable de Bateau Bateau.

Courtoisie

Le papier de toilette lavable de Bateau Bateau.

Sur son site web, on ne trouve pas de mention « zéro déchet » quoi que ses produits correspondent à l’idée qu’on s’en fait et que plusieurs auraient sauté sur l’occasion de vanter cet attribut. 

« Ça n’existe pas des produits zéro déchet! lance Mme Lupien. J’aime mieux dire que je suis écoresponsable que de dire que je suis zéro déchet parce que ça ne fait pas de sens dans ma tête. » 

Être écoresponsable, ça amène l'idée d'une entreprise qui a une responsabilité envers l'environnement et l'écologie, dit-elle. « Je sens que je la prends cette responsabilité-là. » 

À quel point c'est mieux, le réutilisable?

On le sait tous: le réutilisable, c’est mieux que le jetable. « Et le but c’est d’aller vers ça pour réduire notre empreinte », souligne Marie-Ève Lupien. 

Mais, à quel point, mieux? Elle ne le sait pas. Alors elle s’abstient d’en faire la promotion sur ses réseaux sociaux. 

« Je ne comprends pas qu'il y a des entreprises qui sont capables de faire des beaux graphiques pour comparer le jetable et le réutilisable. Ils n'ont pas les chiffres par rapport à leur impact à eux, par rapport à où ils prennent leurs produits, où ils se fournissent », soulève-t-elle. 

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Au final, Mme Lupien estime qu’elle participe surtout à éduquer et à changer les mentalités sur la consommation des ressources. 

« Est-ce qu'on est une entreprise qui va révolutionner la sauvegarde de la planète? Je ne pense pas, concède-t-elle. On fait de tous petits gestes, qui ont très peu d'impacts, on va se le dire. Mais on est là parce que je pense que tous ces petits gestes accumulés peuvent laisser une trace et aller vers un petit mieux. La prise de conscience peut faire changer les choses. » 

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