Trois suggestions pour prévenir les violences sexuelles en milieux festifs | 24 heures
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Trois suggestions pour prévenir les violences sexuelles en milieux festifs

La vie nocturne reprend tranquillement à Montréal et avec ce retour tant attendu revient le risque de violences sexuelles dans les bars et événements festifs de l’été. Que peut-on faire pour les prévenir? Voici trois propositions des organismes PLURI et le Collectif social.  

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1 – Plus de personnel de bar formé à réagir devant des situations de violences sexuelles   

«Nous, on pense que ça passe beaucoup par l’implication du personnel dans les bars. Souvent, ils sont assez bons et bonnes pour déceler des situations qui sont un peu problématiques», explique Andréanne St-Gelais, directrice du Collectif social qui offrait un atelier sur le sujet, jeudi, au Sommet de la nuit, en collaboration avec l’organisme PLURI.  

«Ils sont capables de voir: “Ici il y a quelque chose qui ne va pas, le consentement n’est pas tout à fait respecté. Je sens que la personne est mal à l’aise”, parce qu’ils connaissent bien leur clientèle», poursuit Mme St-Gelais. 

JackF - stock.adobe.com

Là où les organismes comme le Collectif social et PLURI sont utiles, c’est pour leur montrer comment agir pour que cette violence à caractère sexuel cesse.  

«De mon expérience personnelle, je te dirais qu’il y a beaucoup de personnes qui gèrent des espaces de fête qui aimeraient que les choses soient différentes et qui aimeraient avoir des ressources pour pouvoir mieux réagir et mieux gérer ces situations», renchérit Éloi Thivierge, fondateur de PLURI.  

Présentement, une centaine de bars sont formés par le Collectif social, dont une trentaine à Montréal. L’organisme prévoit qu’au-dessus de 100 bars au Québec devraient s’ajouter dans la prochaine année.  

 

2 – Mettre en place des dispositifs accessibles pour que les gens portent plainte   

Pour que le nombre de situations de violence sexuelles diminue, il faut être capable de les dénoncer. Idéalement, il faudrait même que les dispositifs mis en place soient proactifs, car c’est rarement les victimes qui vont aller chercher de l’aide.  

«La culture du viol fait en sorte que les gens ne vont pas être portés à se valider suffisamment dans leur inconfort pour aller chercher de l’aide. Je pense aussi que les gens ne s’attendent pas à être soutenus non plus», explique Éloi Thivierge.  

PLURI offre d’ailleurs un service d’intervention proactive à des bars, événements et festivals. Le festival MUTEK et le bar Datcha sont entre autres leurs clients.  

L’organisme reçoit d’ailleurs beaucoup de commentaires positifs après les interventions, justement parce que les victimes n’avaient pas pensé que c’était possible de demander que ce qui les rendait inconfortables arrête.  

 

3 – Plus d’éducation sexuelle dans les écoles   

Éloi Thivierge souligne aussi que ce serait important qu’il y ait plus d’éducation sexuelle dans les écoles.  

«Au fond, nous, c’est ce qu’on fait. On fait de l’éducation sexuelle dans les clubs à 1 heure du matin», lance-t-il.  

Celui qui fait ce travail depuis 2017 en est venu à la conclusion que beaucoup de gens n’ont pas une relation saine avec leur désir de «cruiser» et de connecter avec des gens.  

«Si les gens étaient plus à l’aise dans leur genre, leur sexualité et leur orientation sexuelle, il y aurait beaucoup moins de violence sexuelle, je pense.»  

Également, si la violence sexuelle était abordée dans des cours, il y aurait plus de gens qui agiraient pour désamorcer des situations problématiques. «Selon des études, les gens qui sont conscients du fait que les violences sexuelles existent vont avoir tendance à plus facilement se dire “Je vais faire quelque chose”», explique Gisèle Pouhe Njall du Collectif social.  

Commande un Angelot   

«Si quelqu’un se sent mal à l’aise ou pas en sécurité ou à qui il est arrivé quelque chose, il peut aller au bar commander un faux cocktail, un Angelot, pour obtenir de l’aide, explique Andréanne St-Gelais, directrice du Collectif social. Nous, on montre au personnel des bars quoi faire quand quelqu’un commande un Angelot.»  

C’est un programme qui existe depuis 2017 à Montréal et au Québec.  

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Qu’est-ce que de la violence sexuelle   

«Ça peut prendre plein de formes différentes, ça peut être plus physique et parfois ça peut être plus des gestes ou des comportements. On pense notamment à des gens qui vont rire à des blagues qui ne sont pas vraiment des blagues, mais plutôt des commentaires sexistes ou dégradants», explique Gisèle Pouhe Njall du Collectif social.  

Une chose à retenir, c’est que le consentement est important.  

«Chez PLURI, la définition du consentement avec laquelle on travaille, c’est qu’il faut qu’une personne ait la totale liberté de choisir si elle est dans une situation ou pas, indique le fondateur de l’organisme. Il y a beaucoup de campagnes qui disent “Sans oui, c’est non”, mais en milieu festif c’est plus compliqué. Dans un contexte de piste de danse, par exemple, où la musique est vraiment forte, les gens ne se parlent pas vraiment et c’est dur d’obtenir un consentement verbal», explique Éloi Thivierge.  

Exemples:  

  • Si tu approches une personne et la coinces dans un coin, elle n’est pas libre d’aller où elle veut.   
  • Si tu suis une personne sur la piste de danse et que tu te tiens toujours proche, elle n’est pas libre de choisir la distance à laquelle elle veut se tenir de toi.   
  • Si tu touches une personne quand elle passe proche de toi, tu ne lui as pas laissé le choix de refuser ton geste.