12 conseils faciles pour rendre votre consommation de drogue plus sécuritaire | 24 heures
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12 conseils faciles pour rendre votre consommation de drogue plus sécuritaire

Image principale de l'article Drogues: 12 trucs pour réduire les risques

Cocaïne, MDMA, Xanax, kétamine, champigons: peu importe la substance, la consommation de drogue comporte toujours des risques. En ce début de saison des festivals – qui peut être propice à la consommation de drogue —, on vous donne 12 conseils pour éviter le pire.

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«À Montréal, c’est très difficile d’avoir accès à des substances qui ne soient pas coupées, et c’est particulièrement vrai avec les drogues de synthèse comme la cocaïne, la MDMA, la kétamine et autres», lance d’emblée la directrice du GRIP, Magalie Boudon. Son organisme travaille à réduire les risques associés à la prise de drogue. 

Les produits de coupe comme le fentanyl, les sels de bain ou même la caféine peuvent retarder l’effet attendu de la substance ou le modifier et avoir des effets dangereux pour la santé. 

Comme les drogues récréatives sont particulièrement appréciées des festivaliers, Magalie Boudon et Jean-François Mary, directeur de Cactus, le seul autre organisme à tester les drogues à Montréal, nous donnent leurs meilleurs trucs pour consommer de façon sécuritaire.  

1- S’informer sur la drogue que l’on prévoit de consommer            

Quels sont les effets attendus et quelle dose est habituellement nécessaire pour les ressentir? Combien de temps la drogue est-elle censée agir? Combien de temps faut-il attendre avant d’en reprendre? Ces questions, vous devriez vous les poser avant de consommer une drogue pour la première fois.  

«C’est essentiel de faire un minimum de recherche. On voit qu’en festival, il y a beaucoup de nouveaux utilisateurs et qu’ils ne sont souvent pas au courant de ce qu’ils devraient ressentir après la prise de leur substance. Mais pour connaître les effets négatifs d’une substance et être capable de réagir, il faut savoir à quoi s’attendre», explique Magalie Boudon. 

En ligne, auprès de sources crédibles ou d’organismes de prévention comme le GRIP ou le Cactus: il y a plusieurs moyens de trouver de l’information. Plusieurs festivals offrent même de l’information une fois sur place. Informez-vous! 

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2- Acheter de sources «fiables»          

«Si vous avez des amis plus expérimentés qui ont des contacts, essayez de vous approvisionner à la même place qu’eux», conseille Jean-François Mary. 

En règle générale, les produits vendus dans la rue sont moins sûrs que ceux des vendeurs qui font la livraison, ajoute-t-il. 

«Les vendeurs qui ont des services de livraison essaient de maintenir et développer une clientèle. Ça reste un commerce, ils n’ont pas intérêt à ce que leur clientèle ait une mauvaise expérience. Tandis que le vendeur de rue, lui, il vend à n’importe qui, n’importe comment. Généralement, les mauvais produits vont donc plus circuler avec les vendeurs de rue qu’avec les services plus organisés», détaille-t-il.

Si vous vous déplacez pour un festival et que vous changez de ville, par exemple, prévoyez votre achat avant de partir.

3- Commencer par une très petite quantité et attendre          

L’idée, ici, est de tester une très petite quantité de votre drogue avant de commencer à faire la fête.

«Commencez avec une dose [...] infime, comme si vous étiez allergique et que vous redoutiez une réaction. Attendez un peu et voyez comment vous vous sentez. Essayez à nouveau», conseille-t-il.

Si la drogue ne semble pas vous faire, mieux vaut ne pas prendre de risque et s’en débarrasser de façon sécuritaire. 

4- Ne pas consommer seul           

C’est LE conseil par excellence, selon les deux intervenants. Évitez de consommer seul (et même si vous êtes seul que pour quelques minutes).

«C’est important d’être entouré, idéalement de gens de confiance. Il faut vraiment éviter de s’isoler, parce que, si quelque chose tourne mal et que vous êtes seul, ça peut être dangereux», insiste Magalie Boudon.

5- Écrire ce que vous consommez et l’heure à laquelle vous avez consommé sur votre poignet          

Ça peut être contre-intuitif, mais c’est un bon truc, souligne l’intervenante du GRIP. 

«Comme ça, si jamais quelqu’un vous retrouve et que vous avez de la difficulté à vous exprimer clairement, vous pourrez simplement montrer l’information. Ça donnera déjà une longueur d’avance aux gens qui vous prêteront main-forte», souligne-t-elle.

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6- Toujours bien s’hydrater           

La déshydratation est une des causes principales de complications liées à la prise de drogue, surtout s'il s'agit de stimulants comme la cocaïne ou le MDMA. Jean-François Mary conseille donc de toujours prévoir une quantité suffisante d’eau pour vous, mais également pour vos amis. 

«Ayez au moins un litre et demi d’eau si vous prévoyez danser plusieurs heures après votre consommation. C’est aussi important de ne pas oublier d’aller uriner», rappelle-t-il.

7- Être vigilant et écouter son corps           

Que vous soyez ou non habitué à consommer, il est important d’écouter votre corps et d’être à l’affût d'effets inhabituels, souligne Magalie Boudon. 

«Il faut être vigilant aux effets inhabituels, même les plus banals. Nous, ce qu’on voit souvent, ce sont des gens qui consomment des stimulants et qui somnolent. Ce n’est pas normal. À l’inverse, c’est la même chose si les effets de votre drogue vous semblent beaucoup plus forts qu’ils ne devraient l’être», indique-t-elle.

Si vous prenez une petite quantité et que vous êtes gelé pendant une longue période, fiez-vous à votre corps, et non à la quantité de drogue que vous avez prise, pour planifier vos prochaines doses. 

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8- Ne pas sous-estimer l’alcool       

«On l’oublie toujours parce que c’est légal, mais l’alcool, c’est puissant, et les effets néfastes peuvent être importants. Donc, il ne faut pas sous-estimer les effets négatifs ressentis en se disant qu’on a “seulement trop bu”», mentionne l’intervenant de Cactus. 

 

 

Il rappelle également que le fait de combiner l'alcool et la drogue peut être très dangereux, particulièrement dans le cas de substances comme le Xanax. 

9- Ne pas sous-estimer les substances organiques          

Encore une fois: le risque zéro n’existe pas. Même si elles sont souvent moins ou pas contaminées, les substances organiques comme les champignons magiques, par exemple, peuvent affecter votre santé mentale. Il ne faut pas les sous-estimer, prévient M. Mary. 

«Ces substances sont généralement plus sécuritaires au niveau physiologique, mais, pour les gens qui ont des enjeux de dépression, d’anxiété, ou d'autres enjeux de santé mentale, ça peut mener à des effets psychologiques très intenses. Il faut donc y aller avec modération», conseille-t-il.

10- Appeler rapidement les secours si les choses tournent mal          

«Dans le marché actuel des substances, il n’y a pas de risque zéro. Ceux qui prévoient consommer doivent être prêts à réagir en cas de surdose. Un arrêt cardiorespiratoire, ça peut entraîner la mort en trois minutes. Le temps est critique. Il faut être très proactif», rappelle Jean-François Mary.

Restez auprès de vos amis s’ils ne se sentent pas bien et n’hésitez pas à contacter rapidement le 911. Jean-François Mary rappelle que les ambulanciers sont là pour sauver des vies et non pour faire de la répression. 

«C’est important de ne pas attendre de voir si son ami “va être correct” avant d’agir. La santé de vos amis et – ultimement – leur survie sont les choses les plus importantes», martèle M. Mary.  

11- Espacer ses trips  

La consommation répétée de toute substance, même celles qui ont meilleure réputation, peut avoir des effets importants sur la santé. Il est donc important d’espacer vos prises au maximum.

«Il y a des substances, comme la kétamine, par exemple, qui ont la réputation d’avoir moins d’effet sur le rythme cardiaque et sur la respiration. Mais la prise répétée peut avoir des effets graves sur le foie, en plus de détruire des neurones dans le cerveau», soutient Jean-François Mary.

«Même chose pour la MDMA, qui est banalisée. Les études démontrent qu’il faut attendre trois mois au moins avant d’en consommer à nouveau», ajoute M. Mary. 

12- Faire analyser sa drogue lorsque possible           

Picnik Électronik, La Fierté, Osheaga et raves les fins de semaine: le GRIP sera présent dans plusieurs festivals de la grande région de Montréal cet été pour vous permettre de faire analyser vos substances avant de les consommer. 

Sachez qu’une quantité «à peine plus grosse qu’une tête d’aiguille» est nécessaire pour procéder à l’analyse et que l’usager récupère ensuite sa substance, souligne M. Boudon. Et c’est rapide: le service ne prend que quelques minutes.

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE  

Drogue: aide et référence – www.aidedrogue.ca – 1 800 265-2626

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