Voici ce que le «derecho», la tempête d’en fin de semaine, a d’exceptionnel | 24 heures
/bref

Voici ce que le «derecho», la tempête d’en fin de semaine, a d’exceptionnel

Image principale de l'article La tempête d'en fin de semaine était un «derecho»
PHOTO COURTOISIE

La tempête meurtrière qui a frappé l’Ontario ainsi que l’ouest du Québec est un «derecho», un phénomène météorologique rarement observé au Québec et qui n’arrive qu’au printemps. 

• À lire aussi: Ukraine: le soldat russe jugé pour crime de guerre condamné à la prison à vie

C’est quoi, un derecho?  

On associe un derecho à «une ligne d’orages très puissante qui prend forme dans le Midwest américain», explique Antoine Petit, météorologue chez Environnement et Changement climatique Canada. 

Longue de 1500 km, la tempête, qui a fait 9 morts sur son passage, dont un au Québec, était accompagnée de vents atteignant les 130 km/h, selon les informations diffusées par Météo Média. Au Québec, Environnement et Changement climatique Canada a enregistré un pic de rafales de 128 km/h.  

Bien que les barèmes peuvent changer d’une source à une autre, on parle d’un derecho lorsque les vents dépassent les 100 km/h et que la formation orageuse s’étend sur plusieurs centaines, voire milliers de kilomètres. 

On répertorie seulement les derechos en Amérique du Nord, et celui qui a atteint le Québec s’est formé au sud de l’état du Michigan, aux États-Unis, avant de voyager vers l’Ontario, puis le sud de notre province.  

«C’est rare que ça va déborder au Canada, sauf l’extrême-sud de l’Ontario», selon Antoine Petit. 

Le passage de ce derecho au Québec était donc exceptionnel. Le dernier remontait à 1999, fait valoir notre expert. 

• À lire aussi: Fraude sur Instagram: non, votre ami ne s’est pas découvert une passion pour la crypto

Quelles sont les conséquences?  

Des vents aussi forts ne sont évidemment pas sans conséquences. Des avertissements de tornades ont été émis un peu partout dans la province, et des pluies de gros grêlons ont été observées. Des arbres sont tombés et du mobilier est parti au vent.  

Dans les environs de Gatineau, un couple qui naviguait sur la rivière des Outaouais a été surpris par l’orage. Leur embarcation a chaviré et la femme de 51 ans a péri par la suite.  

Du côté des pannes d’électricité, on dénombrait jusqu’à 540 000 foyers sans courant au plus fort de la tempête samedi soir.  

Encore lundi midi, plus de 200 000 Québécois étaient privés d’électricité après le passage du derecho sur l’ouest du Québec.

• À lire aussi: Cette BD explique à merveille comment plusieurs hommes réussissent à éviter les tâches ménagères 

Mais comment naissent les derechos?  

Il faut avoir de nombreuses caractéristiques réunies pour voir ces orages aussi violents, selon Antoine Petit, notamment une basse pression atmosphérique ainsi qu’une forte concentration d’humidité. L’un des facteurs les plus importants reste que deux masses d’airs opposées s’affrontent.  

«Si on prend la journée de samedi, en Ontario et dans la région de Montréal on avait des humidex qui frôlaient les 40 degrés Celsius, mais au nord du Québec et de l’Ontario (...) on dépassait pas les 10 degrés Celsius», un cocktail parfait pour un terrible orage selon le météorologue.  

Les changements climatiques impliqués?  

Si la canicule printanière a joué un rôle dans la formation de la tempête, l’apparition d’une telle catastrophe n’est pas nécessairement liée au réchauffement climatique, précise Antoine Petit.  

Comme l’apparition de derechos au nord des États-Unis sort de la normale, rien ne prouve que ces tempêtes seront plus régulières à l’avenir.  

«Il faudrait observer les conditions de création des derechos pendant encore longtemps avant de pouvoir tirer des conclusions», explique le météorologue d’Environnement et Changement climatique Canada. 

À VOIR AUSSI

s