Voici pourquoi les promesses environnementales de Pierre Poilievre ne tiennent pas la route | 24 heures
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Voici pourquoi les promesses environnementales de Pierre Poilievre ne tiennent pas la route

Image principale de l'article Des promesses qui ne tiennent pas la route
Photo REUTERS

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada Pierre Poilievre avait annoncé durant sa campagne ses couleurs en matière de lutte contre les changements climatiques dans une publicité qui circulait sur les réseaux sociaux: relance de GNL Québec, fin de la taxe carbone «Trudeau-Charest» et réduction du prix de l’essence à la pompe. Pourra-t-il tenir ces promesses?

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Une publicité sponsorisée par le candidat à la chefferie du PCC promet de relancer GNL Québec, d'abolir la taxe carbone «Trudeau-Charest» et de réduire le prix de l'essence à la pompe.

Capture d'écran

Une publicité sponsorisée par le candidat à la chefferie du PCC promet de relancer GNL Québec, d'abolir la taxe carbone «Trudeau-Charest» et de réduire le prix de l'essence à la pompe.

Relance de GNL Québec  

Ce projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel qui devait s’implanter à Saguenay a été officiellement mis à mort en 2021. Le gouvernement du Québec l’a rejeté en s’appuyant sur un rapport dévastateur du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).  

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Ce que Pierre Poilievre promet, c’est de délivrer les permis fédéraux. L’approbation finale du projet demeure de compétence provinciale. Il ne pourrait donc pas assurer de réelle relance de GNL Québec. 

Rappelons que l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité, en avril, une motion refusant la réouverture du dossier. 

Peu de temps avant, le projet de loi 21, interdisant toute exploitation des hydrocarbures sur le territoire québécois, était adopté.  

Abolition de la taxe carbone «Trudeau-Charest» 

M. Poilievre fait ici référence à deux choses distinctes: la taxe fédérale sur le carbone et le système de plafonnement et d’échange des droits d’émission (SPEDE) du Québec. 

La taxe carbone fédérale, instaurée sous Justin Trudeau, s'applique dans plusieurs provinces et territoires, mais pas au Québec. Nous utilisons plutôt le SPEDE (aussi appelé marché du carbone), instauré sous Jean Charest, pour tarifer la pollution.  

S’il était élu à la tête de son parti, puis du pays, Pierre Poilievre pourrait abolir la taxe carbone fédérale, mais pas le SPEDE, qui est de compétence provinciale. 

Le mieux qu’il puisse espérer est qu’après l'abolition de la taxe fédérale, qui fixe les normes nationales, le Québec décide de lui emboîter le pas et d’adopter un système plus laxiste. 

Réduction du prix de l’essence à la pompe 

Plusieurs mécanismes pourraient permettre au gouvernement canadien de réduire le prix de l’essence à la pompe. Comme il ne précise pas sa stratégie, nous lui laissons le bénéfice du doute. 

Toutefois, s’il s’appuie sur l’abolition de la taxe carbone pour assurer une réduction du prix à la pompe, l’économie serait peu significative.  

En effet, la taxe carbone fédérale se traduit actuellement par un prix à la pompe de 0,11$ le litre, c’est-à-dire environ 5,50$ sur le prix total du plein d’une voiture de taille moyenne. 

De plus, le montant prélevé à la pompe dans les provinces où elle s’applique est remis aux contribuables par un crédit d’impôt remboursable. 

Aussi, comme le Québec a son propre système de tarification de la pollution, l’abolition de la taxe fédérale n’aurait que peu d’effet sur le prix payé à la pompe par les Québécois.  

Finalement, M. Poilievre ne pourrait pas agir sur le prix de l’essence avant une hypothétique victoire à la prochaine élection fédérale, dans trois ans. D’ici là, le prix à la pompe devrait avoir redescendu sous la barre des 2$ le litre, prédisent des experts.  

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