«Le maquillage, j’ai tout simplement décidé de m’en sacrer!» | 24 heures
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«Le maquillage, j’ai tout simplement décidé de m’en sacrer!»

Noémie Éclipse, 32 ans, a simplement décidé que le maquillage n’était pas pour elle.
Courtoisie

Noémie Éclipse, 32 ans, a simplement décidé que le maquillage n’était pas pour elle.

Combien de temps pour se maquiller chaque jour? Combien d’énergie dépensée à magasiner ses produits de beauté? À se regarder dans le miroir? Pour plusieurs personnes, choisir de ne plus porter de maquillage est une manière de se libérer de cette charge mentale.

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L'application de fard, de mascara et de poudre libre est un rituel chronophage dans la vie d’une personne qui le fait chaque matin. Mais au-delà du temps consacré à l’exercice, c’est le soulagement de ne plus avoir à y penser qui marque surtout les personnes interrogées par le 24 Heures

Pour elles, choisir de ne plus porter de maquillage a augmenté leur niveau de bonheur en plus de diminuer la charge mentale au quotidien. 

«Devoir prévoir de me maquiller donc être moins dans la spontanéité, devoir faire attention avec mon masque, me sentir moins en confiance quand je n’en porte pas...», explique Juliette Dupont, 24 ans. «Tout ça a disparu depuis que je ne me maquille plus.»

La charge mentale, c’est tout le travail en amont: anticiper, planifier, organiser. C’est aussi le fait de faire quelque chose – comme un entretien d’embauche – tout en pensant à autre chose – «est-ce que j’ai du rouge à lèvres sur la dent?». 

Et cette charge cognitive, portée en grande partie par les femmes, demande du temps, de l’énergie, et occasionne stress et épuisement. 

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La pression d’être parfaite   

«En m’enlevant la pression d’être parfaite, de devoir ajuster mon maquillage souvent, j’ai même diminué la fréquence à laquelle je me regarde dans le miroir. Je donne la priorité à comment je me sens, plutôt que ce à quoi j’ai l’air», raconte quant à elle Noémie Éclipse. 

La tatoueuse de 32 ans a récemment décidé que le maquillage n’était pas pour elle, «et c’est très bien ainsi», avoue-t-elle. 

«Je suis soulagée d’accorder de moins en moins d’importance à mon apparence, et de ne plus essayer de correspondre à l’image de la femme que la société nous projette», poursuit Noémie. 

«Tu as l’air fatiguée»  

De son côté, Valérie Tanguay, 33 ans, a délaissé le maquillage après le confinement et un congé de maternité. Selon elle, la société force souvent les femmes à se présenter sous leur «meilleur jour» et il est parfois confrontant d’assumer les cernes d’une mauvaise nuit de sommeil. 

«L'adjointe administrative à mon travail, quand elle ne se maquille pas du tout, les gens lui disent “coudonc, t’as ben l’air fatiguée”» souligne-t-elle. 

«J’ai moi-même souvent pensé que je devais me maquiller un petit peu juste pour aller porter mon fils à la garderie, sinon le monde allait penser que j’étais dépassée.» 

Mais plus maintenant. 

«Le maquillage, j’ai tout simplement décidé de m’en sacrer», lance-t-elle. «J’ai décidé que je me trouvais tout autant présentable sans.» 

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