Porter du maquillage pour trouver son identité | 24 heures
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Porter du maquillage pour trouver son identité

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Si la Journée sans maquillage représente pour certain·e·s l’occasion de ne pas avoir peur ou honte de se montrer au naturel, ce n’est pas le cas d’Alex. Pour elle, le maquillage ne consiste pas à mettre un masque, mais plutôt à en enlever un. 

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«La première fois que je me suis maquillée, c’était dans un atelier créatif à l’École de théâtre. J’avais l’impression que c’était la première fois que je me rencontrais», confie Alex M. Dauphin qui se souvient de ce moment comme si c’était hier. 

Quand elle s’est vue, elle a vécu un grand sentiment d’euphorie de genre. Elle pouvait enfin voir à l’extérieur ce qu’elle ressentait à l’intérieur. Cet état, davantage vécu par les gens transgenres et non-binaires, intervient lorsque la personne se perçoit enfin comme elle se voit. Elle et son entourage. 

Un outil transitoire extrêmement puissant        

Pour Alex, le maquillage lui permet ainsi de faire briller réellement la personne qu’elle est à l’intérieur et surtout briser les étiquettes qui lui ont été attitrées dès sa naissance. Selon elle, c’est un outil transitoire extrêmement puissant pour les personnes transgenres et non-binaires, puisque ça leur permet de renouer avec leur esthétique androgyne en se réapproprier le maquillage. 

 

«C’est certain que la perception des gens change quand je porte ou que je ne porte pas de maquillage. J’ai beaucoup de regards, quand je me promène dans mon quartier, de haine ou de questionnement», explique-t-elle. 

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Son chemin n’a pas toujours été facile, mais avec le temps, elle a appris à ne plus s’en faire. D’ailleurs, elle affirme que le maquillage lui a sauvé la vie.  

«Pendant deux ans, je mettais des lunettes soleil tous les jours même l’hiver, le soir à 11h quand je sortais de chez moi parce que j’avais du maquillage. J’avais peur de me faire ou de me faire tuer.» 

Sur ses réseaux sociaux, Alex publie parfois des photos de ses maquillages. Malgré quelques réactions désagréables, plusieurs personnes lui écrivent pour lui indiquer qu’elle les inspire et cette vague de positivité l’a encouragé à ne plus avoir peur d’être qui elle est. 

«Le problème, ce n’est pas le maquillage en tant que tel, c’est la société qui permet des débordements, et la pression que l’on va mettre sur les femmes en particulier.» 

Pression de la société  

Selon elle, le problème ne réside pas dans le produit mais davantage dans la pression de la société envers ces standards de beauté et cette perfection souvent convoitée. 

Quant à la superficialité qui est souvent associée au maquillage, Alec répond qu'au contraire, pour plusieurs, le maquillage permet de pouvoir exprimer réellement qui ils.elles.iels sont, de manière naturelle. 

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