Allez vous faire dépister: la chlamydia et la gonorrhée, les «têtes d’affiche» à Montréal | 24 heures
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Allez vous faire dépister: la chlamydia et la gonorrhée, les «têtes d’affiche» à Montréal

Image principale de l'article Pourquoi vous devriez aller vous faire dépister
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À quand remonte votre dernier test de dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS)? Connaissez-vous le statut de votre partenaire (ou de vos partenaires)? À l'approche de l’été – et alors que la vie reprend après plus de deux ans de pandémie –, c'est le moment idéal pour se faire tester.  

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Pourquoi se faire dépister maintenant?  

Parce que c’est important «de se faire dépister régulièrement, pas juste quand on a des symptômes», insiste le Club Sexu, qui est derrière le DépistaFest, un festival de dépistage qui se tient jusqu’à vendredi. 

Ce que souhaite le Club Sexu, c’est de rendre le dépistage «sexy». Connaître son statut, c’est un moyen de faire «sentir à l’autre personne que tu t’intéresses à sa santé», souligne Morag Bosom, chercheuse et consultante au Club Sexu. Ce n’est pas tant le diagnostic positif ou négatif qui importe, c’est plutôt «que tu sois au courant et que tu fasses les actions appropriées», poursuit-elle. 

«Je pense qu’une personne qui est au courant de son statut de santé sexuelle, qui prend des mesures, c’est quelqu'un à qui on peut faire confiance, parce que c’est quelqu’un qui se prend en charge», soutient celle qui est candidate au doctorat en sexologie. 

Chaque année, 40 000 Québécois reçoivent un diagnostic d’ITSS, selon des données du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Et avec la pandémie, moins de gens se sont fait tester au cours des derniers mois. Raison de plus, donc, pour le faire maintenant. 

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À quelle fréquence doit-on se faire tester?  

Si vous avez plusieurs partenaires, il est recommandé de vous faire dépister trois ou quatre fois par année, ou bien entre chaque partenaire.  

Même si vous êtes dans une relation monogame, vous devriez quand même vous faire tester annuellement. Comme certaines ITSS peuvent être transmises par le sang, vous pourriez en contracter une après avoir été en contact avec du matériel de tatouage ou de perçage ou encore en consommant certaines drogues.  

Et comme «la monogamie a ses failles», vaut mieux être prudent, mentionne Morag Bosom. 

Quelles sont les ITSS les plus fréquentes?  

La chlamydia et la gonorrhée sont actuellement les «têtes d’affiche» à Montréal, mentionne Morag Bosom. La syphilis, une maladie que l’on croyait disparue, est aussi en recrudescence. 

La chlamydia et la gonorrhée ont des symptômes très similaires: inflammation de la gorge, démangeaisons au niveau des organes génitaux, écoulements génitaux anormaux, saignements vaginaux anormaux, douleurs au moment d’uriner ou lors d’activités sexuelles, échauffements et écoulements au niveau du rectum, douleurs et gonflements testiculaires.  

La syphilis est souvent sans symptômes. Elle a été surnommée «le grand imitateur», parce qu’on la confond souvent avec d’autres maladies. 

Lorsqu’elle est non traitée, la maladie peut évoluer en trois stades:  

  1. Un chancre (ulcère non douloureux) peut se développer au site du contact dans les 3 à 90 jours après le contact infectieux. Il disparaît après trois à huit semaines.        
  2. Des éruptions cutanées peuvent apparaître sur la poitrine, le visage, les mains, les pieds et les organes génitaux deux à 12 semaines après la guérison du chancre. Certains symptômes grippaux, comme la fièvre, les maux de gorge et la fatigue, peuvent survenir.        
  3. Si la syphilis n’est pas traitée, la personne peut développer des complications cardiovasculaires ou neurologiques et des lésions qui peuvent endommager la peau et les os. À long terme, la syphilis peut causer la mort.       

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Comment ça se transmet, une ITSS?  

Évidemment, ça dépend de chaque ITSS. Les organes génitaux, incluant l’anus, et la bouche constituent toutefois les «principales portes d’entrée» d’une ITSS, explique Morag Bosom.  

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Une ITSS peut se transmettre par un simple contact des organes génitaux, sans pénétration, et lors du partage de jouets sexuels.  

Certaines ITSS, comme la syphilis et l’herpès génital, peuvent aussi s’attraper par un simple contact peau à peau avec la région infectée.  

Il est finalement possible de transmettre certaines ITSS par le sang. C’est le cas pour l’hépatite B et C ou le VIH/SIDA.  

Si j’attrape une ITSS, est-ce que je dois mettre ma vie sexuelle sur pause?  

La sexualité ne s’arrête pas après un diagnostic d'ITSS, assure Morag Bosom. Il faut simplement se protéger correctement.  

Si l’ITSS que vous avez contractée peut être guérie, comme la gonorrhée, il est recommandé d’être abstinent pendant le traitement ou encore de se protéger «de manière très rigoureuse» pour éviter de contaminer son partenaire.  

Certaines ITSS, comme l’herpès ou le VIH, ne se guérissent pas.  

Pour le VIH, des médicaments permettent de diminuer la quantité de virus et de la rendre tellement faible que la présence du virus devient indétectable chez la personne. Cette dernière ne peut pas transmettre le VIH et peut continuer à avoir une vie sexuelle.  

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Les personnes à risque de contracter le VIH, comme les hommes gais, peuvent prendre la PrEP, un traitement pour les personnes séronégatives pour prévenir les infections. 

Pour l’herpès, la personne infectée peut suivre un traitement qui réduit l’intensité et la durée des symptômes et les risques de transmission.  

Est-ce que les risques sont élevés d’attraper une ITSS en pratiquant le sexe oral?  

Même si beaucoup de gens omettent de le faire, il est recommandé de se protéger pendant le sexe oral, rappelle Morag Bosom.  

Pour pratiquer le sexe oral de manière sécuritaire, diverses solutions s’offrent à vous. Par exemple, porter le condom pendant la fellation ou encore utiliser une digue dentaire pendant le cunnilingus ou l’anulingus. La digue dentaire est une feuille de latex placée sur la vulve ou l’anus de son partenaire qui sert de barrière entre la bouche et les organes génitaux. 

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