Des microplastiques retrouvés dans de la neige fraîchement tombée en Antarctique | 24 heures
/environment

Des microplastiques retrouvés dans de la neige fraîchement tombée en Antarctique

Image principale de l'article Du plastique dans de la neige en Antarctique
AFP

De minuscules particules de plastique ont été identifiées pour la toute première fois dans de la neige fraîchement tombée en Antarctique. En plus d’être toxiques pour les animaux et les plantes, ces microplastiques pourraient accélérer la fonte des glaces. 

Des microplastiques, qui sont peu visibles à l’œil nu, avaient déjà été retrouvés dans la glace et les eaux de surface en Antarctique. C’est toutefois la première fois qu’ils sont retrouvés dans de la neige venant tout juste de tomber, rapporte le quotidien The Guardian

• À lire aussi: Des marqueurs clés du changement climatique ont battu de nouveaux records en 2021, selon l’ONU

Pour les besoins de l'étude, 19 échantillons de neige ont été récoltés sur la barrière de Ross, la plus grande barrière de glace en Antarctique. Des microplastiques ont été identifiés dans chacun des échantillons. 

Pour pouvoir comparer, des échantillons ont aussi été recueillis près de la base Scott, un centre de recherche néo-zélandais, ainsi qu’à proximité de la station McMurdo, une base américaine. Des microplastiques y avaient déjà été décelés dans le passé.  

La présence de microplastiques dans la neige fraîche a surpris le chercheur derrière l'étude publiée dans la revue scientifique The Cryosphere, par la Néo-Zélandaise Alex Aves. L'étudiante au doctorat en sciences de l'environnement de l'Université de Canterbury ne s’attendait effectivement pas à retrouver du plastique dans un lieu «aussi vierge et éloigné» de la planète. 

• À lire aussi: 5 raisons pour lesquelles le Québec va rater sa cible de réduction de GES

«C’est incroyablement triste, mais la découverte de microplastiques dans la neige fraîche de l'Antarctique met en évidence l’étendue de la pollution provoquée par le plastique, même dans les régions les plus reculées et intouchées du monde», a-t-elle affirmé. 

Fait inquiétant: les particules de plastique qui se retrouvent sur la surface des glaces pourraient absorber la lumière du soleil et entraîner un réchauffement localisé, explique Laura Revell, qui a supervisé les recherches. 

Les humains mangent et respirent également ces morceaux de plastique, présents jusqu'au sommet du mont Everest et dans les profondeurs des océans. 

Une concentration importante  

En moyenne, Alex Aves a retrouvé 29 particules de microplastique par litre de neige récupérée sur la barrière de glace, une concentration qui surpasse celle observée dans la banquise et la mer de Ross. 

Treize types de plastiques ont été identifiés. Le plus répandu est le polytéréphtalate d’éthylène (aussi appelé PET). Très commun, il est utilisé dans la fabrication de bouteilles de plastique, d’emballages alimentaires et de vêtements. 

Les concentrations en plastique des échantillons prélevés près de la base Scott et de la station McMurdo, qui sont situées dans des zones moins éloignées que la barrière de Ross, étaient par ailleurs trois fois plus importantes. 

La présence de microplastiques en Antarctique pourrait être causée par l’activité humaine, bien que certaines particules de plastique pourraient avoir parcouru des milliers de kilomètres dans les airs, soutient Laura Revell.