«Les risées de TikTok»: un groupe Facebook controversé est fortement dénoncé | 24 heures
/sdc

«Les risées de TikTok»: un groupe Facebook controversé est fortement dénoncé

Image principale de l'article Un groupe Facebook controversé fortement dénoncé
Capture d'écran

Le groupe Facebook «Les risées de TikTok», dans lequel des gens se moquent de vidéos publiées par des tiktokeurs, suscite la grogne à cause des commentaires désobligeants parfois même violents qui y sont laissés.

• À lire aussi: Audrey de l’île de l’amour aide sa mère à se trouver un nouveau chum dans 5 gars pour moi

Le but avoué du groupe, qui compte plus de 8000 membres: partager des vidéos en tous genres aperçues sur TikTok. «Des vidéos drôles, d’autres cringe et d’autres où on se demande vraiment si la personne a réfléchi avant de publier», explique Vanessa Tinéus, modératrice du groupe, en entrevue au 24 heures.

Mais des commentaires laissés sur la page incitent plusieurs tiktokeurs à dénoncer publiquement ce groupe privé. Un autre groupe Facebook, nommé «Contre les risées de TikTok», a même été créé. 

La modératrice du groupe se défend en affirmant que les membres rient «plus du contenu que de la personne». Mais comme les vidéos partagées mettent généralement en vedette la personne qui publie le contenu, difficile de dissocier les deux.

Vanessa Tinéus admet d'ailleurs qu’il y a très peu de modération faite sur le groupe. «On [fait de la modération] quand ça dégénère, dit-elle. Nous avons des règlements anti-body shaming, anti-racisme, etc. On sévit quand l’un des membres contrevient aux règles.» 

Elle ajoute que les administratrices «ne peuvent pas contrôler les paroles et les agissements [des membres]. Mais ça ne veut pas dire qu’on est toujours d’accord avec ce qu’ils écrivent».

Des messages dénoncés        

Marie-Jeanne Gagnon a plusieurs fois été la cible de propos désobligeants, notamment après avoir publié un message dans lequel elle indiquait avoir le moral bas. 

«Si je te dis qu’en ce moment, je suis au plus bas de moi-même. Tu vas continuer à me faire chier? Avant de jouer avec le mental de quelqu’un, assurez-vous que ça ne va pas laisser de traces derrière», a-t-elle écrit en commentaire d'une publication. 

L’une des administratrices du groupe a répondu à son commentaire en lui envoyant la photo d’une corde. 

Après avoir reçu ce commentaire, Marie-Jeanne Gagnon explique qu'elle a voulu porter plainte à la police, mais elle affirme qu'elle n'a été prise au sérieux par l’agent au bout du fil. 

«Il m’a dit que c’était du niaisage et de bloquer ces personnes-là [...]. Pour ma situation, il m’a dit: "Jamais je croirais que tu [n’es pas] plus intelligente que ça"», relate-t-elle en entrevue au 24 heures

Est-ce de la cyberintimidation?  

La cyberintimidation, c’est lorsqu’on veut délibérément s’attaquer à une personne, la blesser en émettant des commentaires agressifs, offensants, méchants ou diffamants, explique Stéphane Villeneuve, professeur au Département de didactique des langues à l’UQAM.

Peut-on ainsi conclure que les commentaires dans «Les risées de Tiktok» constituent, à proprement parler, de la cyberintimidation? Tout dépend de la gravité des propos, et les zones grises sont nombreuses, indique le professeur spécialisé en cyberintimidation.

«Des fois, il y a des subtilités dans la façon que c’est dit. Il y a des commentaires pour lesquels c’est clair, lorsqu’ils sont tranchants, dirigés et écrits de sorte à attaquer la personne», précise-t-il.

L’interprétation du commentaire par la personne visée entre aussi en ligne de compte. «L’auteur peut l’avoir écrit de façon plus comique, ludique, mais selon ce que la victime a vécu par le passé, elle peut le percevoir d'une façon beaucoup plus importante. Il faut faire attention à ce qu'on écrit pour éviter que ce soit mal interprété», fait valoir Stéphane Villeneuve.  

Le contexte de groupe rend toutefois la tâche plus difficile, légalement, d’accuser une personne de cyberintimidation. «Il faut que la personne fasse des messages de façon répétée et qu’on puisse l’identifier. À ce moment-là, on doit faire des captures d’écran et aller voir la police», conclut M. Villeneuve.

Aussi sur le Sac de chips:

s

s

s

Sur le même sujet