Un safari en mode «Parc jurassique» pour dénoncer les pratiques «prédatrices» de certains propriétaires | 24 heures
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Un safari en mode «Parc jurassique» pour dénoncer les pratiques «prédatrices» de certains propriétaires

Au centre à gauche, Charles-Olivier P. Carrier du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste et à droite, Nicolas Villamarin Bonilla du Comité logement d'aide de Québec Ouest. Les deux animateurs du safari sont costumés pour l'occasion.
Anne-Sophie Roy

Au centre à gauche, Charles-Olivier P. Carrier du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste et à droite, Nicolas Villamarin Bonilla du Comité logement d'aide de Québec Ouest. Les deux animateurs du safari sont costumés pour l'occasion.

Un groupe militant de Québec a rivalisé d’imagination pour dénoncer les hausses de loyer et autres «pratiques prédatrices» de certains propriétaires.

• À lire aussi: Si vous n’avez rien à vous reprocher... un propriétaire peut seulement vous évincer pour deux raisons. Pas plus.  

La Coalition de Québec contre les hausses de loyer a parcouru la ville en autobus scolaire pour montrer du doigt certains immeubles tenus par des «propriosaures», une «espèce dangereuse et envahissante» qui s’adonne à des «rénovictus», pour reprendre le vocable absurde assumé tout au long du «safari». 

Nicolas Villamarin Bonilla du Comité logement d'aide de Québec Ouest et Charles-Olivier P. Carrier du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

Anne-Sophie Roy

Nicolas Villamarin Bonilla du Comité logement d'aide de Québec Ouest et Charles-Olivier P. Carrier du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

Avec la tenue d’une activité aussi ludique, la Coalition – qui regroupe cinq comités logement de la ville – a souhaité interpeller les citoyens et les gouvernements quant à la «voracité» de certains propriétaires dans un marché locatif «difficile». 

«On a voulu mettre de l’avant la relation prédateur contre proie parce que la vérité, c’est que les locataires ont peu de moyens devant les propriétaires qui eux, ont beaucoup de pouvoir», a expliqué au 24 heures Nicole Dionne, coordonnatrice au Bureau d’animation et information logement et porte-parole de la Coalition. 

Nicole Dionne, coordonnatrice au Bureau d’animation et information logement et porte-parole de la Coalition de Québec contre les hausses de loyer.

Anne-Sophie Roy

Nicole Dionne, coordonnatrice au Bureau d’animation et information logement et porte-parole de la Coalition de Québec contre les hausses de loyer.

 

Des appels à l’aide en hausse  

Les comités logement de Québec ont remarqué une hausse de 135% du volume d’appels en deux ans et un nombre accru de plaintes formulées par des locataires aux prises avec des avis d’éviction de la part de leur propriétaire qui «souhaitent les déloger afin de relouer leur logement à prix fort», peut-on lire dans leur communiqué. La Coalition craint cependant qu’il s’agisse de la pointe de l’iceberg. 

Parcours organisé par la Coalition de Québec contre les hausses de loyer.

Anne-Sophie Roy

Parcours organisé par la Coalition de Québec contre les hausses de loyer.

Entre 2020 et 2021, les locataires de la grande région de Québec ont dû débourser en moyenne 8% de plus pour se loger dans un 4 et demi et 14% de plus pour un logement 5 et demi. Ces données, compilées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), ne sont pas encore disponibles pour 2022.  

Pour Nicole Dionne, les hausses de loyer s’expliquent en partie par le marché immobilier en pleine ébullition depuis deux ans. La forte demande aurait poussé les investisseurs à acheter des biens immobiliers à «gros prix», à contracter des prêts hypothécaires très élevés et à rentabiliser rapidement leur achat avec des hausses de loyer.  

Alice et Josée du Centre femmes d'aujourd'hui, venues assister à l'événement.

Anne-Sophie Roy

Alice et Josée du Centre femmes d'aujourd'hui, venues assister à l'événement.

Des actions fortes réclamées  

La Coalition de Québec contre les hausses de loyer réclame d’abord à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, l’instauration d’un contrôle obligatoire des loyers et la création d’un registre obligatoire des loyers.  

Au palier municipal, la Coalition demande au maire Bruno Marchand de lutter contre les hausses de loyer en utilisant les différents leviers à sa disposition dont l’octroi de permis de travaux, le zonage et la taxation, notamment.