Donald Trump accusé de coup d’État: 5 choses à savoir | 24 heures
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Donald Trump accusé de coup d’État: 5 choses à savoir

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L’assaut du Capitole était le «point culminant d’une tentative de coup d’État» orchestrée par Donald Trump, selon le comité d’enquête du Congrès chargé de faire la lumière sur les événements du 6 janvier 2021. Victor Bardou-Bourgeois, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand et spécialiste de la politique américaine, nous aide à y voir plus clair.

1- Donald Trump a joué un rôle clé       

Après presqu’un an de travail, plus de 1000 témoignages recueillis et 140 000 documents analysés, le comité d’enquête du Congrès américain, constitué de 2 républicains et 7 démocrates, arrive à la conclusion que Donald Trump a joué un rôle clé dans l’assaut du Capitole américain. 

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Ainsi, la commission martèle que le soulèvement n’avait «rien de spontané», mais qu’il s’inscrivait plutôt dans une tentative de coup d’État du sulfureux président républicain pour ne pas concéder la victoire à Joe Biden.

«C’est la première fois qu’un président américain refuse d’accepter les résultats d’une élection», rappelle d’ailleurs Victor Bardou-Bourgeois.

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2- C’est une élue républicaine qui a sonné la charge       

C’est la représentante républicaine du Wyoming, Liz Cheney qui a sonné la charge contre l’ancien président en portant des accusations multiples contre lui.

Elle a notamment déclaré que «Donald Trump a mobilisé une horde violente», faisant référence à un discours enflammé livré par le président quelques minutes avant l’invasion, la républicaine a ajouté que «le président Trump a allumé la flamme de l’attaque», en plus de ne rien faire pendant des heures pour mettre fin aux violences.

Liz Cheney devant la commission d'enquête du Congrès, le 9 juin 2022.

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Liz Cheney devant la commission d'enquête du Congrès, le 9 juin 2022.

Elle a aussi évoqué le témoignage d’un membre de l’entourage de Trump, selon lequel le président, quand on l’aurait informé que les émeutiers scandaient «Pendez Mike Pence! Pendez Mike Pence», aurait répondu que c’était une «bonne idée». 

«Mike Pence le mérite», aurait-il ajouté. 

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Il ne faudrait toutefois pas y avoir une rupture dans les rangs républicains, nuance Victor Bardou-Bourgeois. 

«Les deux républicains qui participent à la commission ont été reniés par leur parti pour avoir fortement critiqué Donald Trump. Ils ne représentent donc vraiment pas la pensée dominante du parti», précise-t-il.

M. Bardou-Bourgeois rappelle aussi que la commission est largement perçue comme étant partisane et qu’une large partie de la droite conservatrice américaine ne lui accorde que très peu d’importance.

3- Ivanka Trump a pris ses distances        

La fille de Donald Trump, qui était alors conseillère à la Maison-Blanche, a non seulement refusé d’appuyer son père lorsque ce dernier affirmait que l’élection avait été truquée, mais elle a carrément tenu des propos contraires. 

La commission a entre autres présenté une entrevue vidéo de William Barr, l’ancien procureur général et allié de Trump, disant à de multiples reprises que les allégations de fraude électorale et les dires du président étaient de la «bullshit». 

Un témoignage qu’Ivanka Trump a publiquement dit «accepter». 

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4- Trump a mobilisé l’extrême droite       

Le comité a donné la parole à un documentariste britannique qui a suivi des membres de deux groupes d’extrême droite la veille et le jour de l’assaut. Ils provenaient principalement de deux groupes: Proud Boys, considéré comme terroriste au Canada, et Oaths Keepers. 

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Les images captées ont montré que de nombreux émeutiers s’étaient déplacés à Washington à la demande du milliardaire, puisqu’il s’était adressé à eux lors d’un débat présidentiel en leur demandant de «rester en retrait et aux aguets». 

L’interrogatoire d’un autre membre des Proud Boys laissait aussi entendre que les forces de l’organisation extrémiste ont «probablement triplé» après ce commentaire du président. 

5- Il reste encore beaucoup d’inconnues       

«La commission n’a pas de pouvoir d’accusation, son objectif, c’est surtout de présenter les faits au public américain du moment où Donald Trump a perdu l’élection, jusqu’à l’assaut du Capitole», explique Vitor Bardou-Bourgeois. 

Ce sera ensuite au département de la Justice américaine de se saisir du dossier.

D’ailleurs, l’expert souligne qu’il reste encore beaucoup d’informations importantes à divulguer, puisque nous n’en sommes qu’à la première de 7 audiences prévues. 

«Habituellement dans ce genre d’audience, les membres de la commission gardent quelques-unes de leurs meilleures cartes dans leurs manches pour les dévoiler au fur et à mesure. Il pourrait donc y avoir des « bombes» qui éclatent dans les prochaines audiences», soutient-il.