Jessica Prudencio raconte comment son diagnostic de TDAH a changé sa vie | 24 heures
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Jessica Prudencio raconte comment son diagnostic de TDAH a changé sa vie

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Photomontage Julie Verville

«Réaliser que ce n’est pas ma personnalité, que c’est juste la manière dont mon cerveau fonctionne, que c’est une condition neurologique, ça m’a soulagé.» À l'occasion de la journée nationale de sensibilisation au TDAH, la productrice de contenu Jessica Prudencio se confie sur l’impact de son diagnostic sur son quotidien. 

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«Avant le diagnostic, je me demandais comment ça se faisait que j’étais lazy, comment j’avais autant de difficulté à avoir des amis, c’est comme si j’étais pas “assez”», se souvient la jeune femme.  

«C’était vraiment soulageant de réaliser, de savoir c’est quoi, le TDAH, qu’on me l’explique. Ça a fait vraiment beaucoup de choses pour mon estime, j’ai vraiment plus de compassion envers moi-même qu’avant parce que je sais que ce n’est pas de ma faute», poursuit-elle.  

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui se caractérise notamment par des difficultés à se concentrer, de la désorganisation, explique le co-propriétaire de la clinique TDA/H Montérégie Philippe-Olivier Harvey. Une personne qui vit avec un trouble d’attention peut avoir des périodes d’hyperactivité et vivre de l’impulsivité. Environ 5 à 6% de la population vit avec un TDAH, selon le Dr Harvey.  

Se reconnaître dans un livre   

Lorsqu’elle a commencé à soupçonner qu’elle pouvait souffrir de TDAH, Jessica Prudencio a lu le livre Mon cerveau a encore besoin de lunettes, un guide pour les adolescents et les adultes qui vivent avec ce trouble, sous la recommandation de son médecin.  

«Après quelques pages, je me suis mise à pleurer parce que j’ai réalisé que, effectivement, je suis différente et qu’il y a un [terme] qui détermine cette différence et comment mon cerveau fonctionne», se souvient la jeune femme qui s’est ouverte sur sa réalité dans un épisode de son balado

Un diagnostic dur à accepter   

C'est après avoir effectué une évaluation neuropsychologique qu’elle a finalement eu la confirmation qu’elle a un TDAH. Et au début, la pilule a été dure à avaler.  

«De savoir que j’allais dealer avec ça toute ma vie, c’est vraiment dur à accepter, confie-t-elle. Là, ça fait quelques mois seulement que j’ai reçu mon diagnostic, mais je sais déjà mieux comment vivre avec.» 

«J’avais peur. Je suis grosse, je suis noire, je suis queer, je peux pas en plus avoir un TDAH», poursuit-elle.  

Jessica Prudencio espère maintenant que son histoire va convaincre d’autres personnes d'aller chercher l’aide et les ressources dont elles ont besoin, particulièrement dans les communautés racisées qui, dit-elle, ont tendance à ne pas parler de santé mentale.  

Même si ce n’est pas tout le monde qui vit avec un TDAH qui a besoin de recevoir un diagnostic, ce dernier peut s’avérer fort utile. Un diagnostic peut, par exemple, donner accès à de la médication pour améliorer la concentration ou encore permettre aux étudiants de demander des accommodements pour leurs examens et leurs travaux, souligne le Dr Harvey. 

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Plus de TDAH à cause de la pandémie?  

C’est pendant la pandémie que la productrice de contenu a réalisé qu’elle souffrait de TDAH. Avant, elle raconte qu’elle changeait sa façon d’être pour avoir l’air «normale» aux yeux des autres.  

«Fallait pas que les gens constatent qu’il y a une différence entre moi et eux parce que je voulais juste fit in», explique-t-elle.  

Mais une fois confinée chez elle, Jessica Prudencio a arrêté de vouloir se changer et elle a pris conscience qu’elle avait un TDAH. Elle est d’ailleurs loin d’être la seule. À la clinique du Dr Harvey, le nombre d’adultes qui prennent rendez-vous pour se faire évaluer a explosé pendant la pandémie.  

«Il y a bien des gens qui se sont retrouvés à passer de leur milieu de travail relativement bien encadré à devoir faire [un] travail très similaire à la maison, où, là, il faut résister aux distractions et aux tentations de la maison», souligne le spécialiste. 

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Mais attention: ce n’est pas parce que vous avez parfois du mal à être efficace à la maison que vous avez un TDAH. Le contexte anxiogène de la pandémie peut aussi avoir affecté votre performance, remarque le Dr Harvey.  

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