En Nouvelle-Zélande, les pets de vache et de mouton pourraient bientôt être taxés | 24 heures
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En Nouvelle-Zélande, les pets de vache et de mouton pourraient bientôt être taxés

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Pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), le gouvernement de la Nouvelle-Zélande prévoit taxer les flatulences des moutons et des vaches, une source de méthane hautement polluante.

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D'abord, il faut savoir que des pets animaliers, il y a en a pas mal en Nouvelle-Zélande. Le pays du kiwi compte en effet quelque 26 millions de moutons et 10 millions de vaches, pour une population de cinq millions d’habitants. 

L'élevage et l'agriculture représentent d'ailleurs près de 50% des émissions de GES de la Nouvelle-Zélande, principalement du méthane, ce gaz présent dans les «prouts» et le fumier. 

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Le ministre néo-zélandais des Changements climatiques, James Shaw, a déclaré la semaine dernière que le secteur agricole avait un «rôle crucial» à jouer pour atteindre les objectifs en matière de réduction des GES de son gouvernement. 

«Nous devons de toute urgence réduire les émissions dans tous les secteurs de l’économie, y compris l’agriculture. Il ne fait aucun doute que nous devons réduire la quantité de méthane que nous rejetons dans l’atmosphère, et un système efficace de tarification des émissions pour l’agriculture jouera un rôle clé pour y parvenir», a soutenu l'élu. 

Une première mondiale  

Si l’ambitieux projet du gouvernement de Jacinda Ardern est accepté, cette taxation, qui entrerait en vigueur dès 2025, serait une première au monde. 

Une décision finale sera prise en décembre et les détails de l’imposition de cette taxe restent à être déterminés. Cette taxe pourrait toutefois être refilée aux consommateurs, qui devraient alors payer plus cher la viande qu'ils achètent.  

Jacinda Ardern, première ministre de la Nouvelle-Zélande

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Jacinda Ardern, première ministre de la Nouvelle-Zélande

Le ministère de l’Environnement a confirmé que l’argent perçu par la «taxe de pets» sera réinvesti dans la recherche, le développement et les services de conseil aux agriculteurs.

Andrew Hoggard, producteur laitier et président de l’association des producteurs agricoles néo-zélandais, a affirmé à la BBC être en faveur du plan gouvernemental, bien qu’il y ait encore des détails à préciser. 

De quelle manière le méthane est-il émis?  

Les Nations unies rapportent que l'élevage animalier représente environ 32% de nos émissions de méthane (CH4), notamment à cause du fumier et des flatulences. La production de riz et les centres d’enfouissement sont aussi de grands émetteurs de méthane. 

Le méthane est d'ailleurs deuxième parmi les GES les plus répandus dans le monde, après le dioxyde de carbone (CO2). 

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Alors que la population mondiale se rapproche des 10 milliards d'humains – et que la demande pour la viande augmente −, le méthane pourrait compter pour 70% des émissions de GES d’ici 2050.

«La croissance démographique, le développement économique et les migrations urbaines ont stimulé une demande sans précédent de protéines animales», souligne l'ONU. 

Réduire le méthane d’origine humaine de 45% d’ici 2030 maintiendrait le réchauffement climatique en deçà du seuil convenu par les dirigeants mondiaux, indiquait-on d'ailleurs dans un rapport des Nations unies publié en 2021.