L'Université de Sherbrooke devient carboneutre | 24 heures
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L'Université de Sherbrooke devient carboneutre

Campus de l'Université de Sherbrooke. Photo d'archives non-datée. ARCHIVES JOURNAL DE MONTRÉA/AGENCE QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Campus de l'Université de Sherbrooke. Photo d'archives non-datée. ARCHIVES JOURNAL DE MONTRÉA/AGENCE QMI

L’Université de Sherbrooke (UdeS) sera carboneutre d’ici la fin de l’année, huit ans plus tôt que prévu, a-t-elle annoncé jeudi. Une part de compensation sera nécessaire pour atteindre cet objectif, mais elle se félicite d’avoir réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 64% depuis 2002.

En 20 ans, les émissions de GES de l’UdeS sont passées de 16 373 tonnes à 58001.

L’institution est d’autant plus fière de cet exploit que son parc immobilier a grossi de 118% et le nombre d’étudiants a augmenté de 66% durant la même période.  

«Les universités, on doit tenter d’être exemplaire dans nos pratiques pour ce changement qui doit se faire. Pas tantôt, mais là», a déclaré la rectrice adjointe et vice-rectrice à l’administration et au développement durable Denyse Rémillard. 

C’est principalement grâce à des mesures d’efficacité énergétique que l’Université a réussi à réduire son bilan carbone. 

«Notre campus de Longueuil, par exemple, l’impact carbone est quasi nul parce qu’on a mis des puits de géothermie, explique Mme Rémillard. Le nouveau bâtiment qu’on va construire à la faculté de médecine, il va être net-zéro. Notre stratégie, c’est que notre parc immobilier se développe avec zéro émission ou de très faibles émissions et, en parallèle, on essaie de convertir tout ce qui est au gaz naturel à l’électricité.»  

Un recours à la compensation  

L’inventaire des gaz à effet de serre pour la période 2021-2022 doit être finalisé à l’automne. L’Université s’attend à ce que son bilan soit encore plus bas que l’année précédente et s’engage à compenser 100% des émissions résiduelles. C’est ainsi qu’elle deviendra carboneutre. 

« On a déjà prévu au budget les sommes pour acheter les crédits carbone», assure Mme Rémillard.  

Théoriquement, on peut être carboneutre, sur papier, sans avoir fait le moindre effort de réduction, juste en ouvrant son portefeuille. 

C’est pourquoi la compensation de GES est une pratique controversée, souvent dénoncée par les groupes environnementaux. 

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Mais la rectrice adjointe se veut rassurante. 

« On sait qu’on est rendus à un niveau où, ultimement, il y a très peu de tonnes à compenser », fait-elle valoir. 

«L’achat de la compensation, c’est si, et seulement si, on a vraiment tout fait ce qu’il faut pour réduire. Dans le futur, ce qu’on souhaiterait, c’est poursuivre notre carboneutralité et réduire la compensation malgré [l’ajout de] nouveaux bâtiments.» 

Pour s’assurer de la valeur réelle des crédits achetés, l’Université a mandaté un groupe d’étudiants qui ont analysé les meilleures pratiques dans le monde. Ils ont été achetés via ECOTIERRA et l’Organisation des Nations unies. 

La « vraie » carboneutralité, un jour  

Le but de l’Université est, ultimement, de devenir carboneutre de façon autonome, sans l’achat de crédits. C’est un rêve atteignable, mais encore loin. 

« Sans compensation ce serait difficile, avoue Mme Rémillard. Ça va passer par des solutions de captation. On a plusieurs projets de recherche qui étudient des façons de capter les émissions. Mais, en ce moment, on n’est pas capables de dire à quel moment on n’aura plus de compensations. Il faut d’abord imaginer les meilleures façons de mitiger », explique-t-elle. 

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L’Université Laval, à Québec, a été la première au Canada à annoncer sa carboneutralité, en 2015. 

Mais, encore à ce jour, elle recourt massivement à l’achat de crédits compensatoires. Selon son plus récent bilan, ses émissions de GES se chiffraient à 25 699 tonnes pour la période 2018-2019, une réduction de 30% par rapport à 2006.  

- Avec Coralie Beaumont


1. Équivalent en CO2. L'inventaire des émissions a été vérifié par Enviro-accès. Il comprend les émissions de catégories 1 et 2, mais pas celles de catégorie 3 (comme les déplacements des étudiants, par exemple.)

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