Faut-il cesser de faire des enfants pour sauver la planète? | 24 heures
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Faut-il cesser de faire des enfants pour sauver la planète?

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Le sujet de la dénatalité est en vogue depuis plusieurs années, nous suggérant de faire moins d’enfants pour que la planète se rétablisse une fois pour toute. Mais si se reproduire, au contraire, était en fait un acte de résilience.

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Au moment où j’écris ce billet, je suis à quelques jours, maximum deux semaines, de mettre au monde mon premier bébé. J’ai beau appliquer une foule de gestes écolos au quotidien, faire une croix sur la parentalité n’a jamais été une option pour moi. C’est un désir que je qualifierais de viscéral et ce, depuis toujours. 

Il est toutefois vrai qu’on est beaucoup d’humains sur cette planète. Il est aussi vrai qu’avoir un enfant de moins, en Occident, équivaut à une réduction de 60 tonnes de co2 par année. Alors oui, logiquement, réduire le nombre d’enfants par famille réduirait aussi les émissions de GES mondiales.

En revanche, un nombre considérable de familles dans plusieurs pays au Sud du Canada peuvent se vanter d’avoir une douzaine d’enfants... tout en conservant une empreinte carbone annuelle significativement moindre qu’une famille de deux enfants située à Blainville. 

Et si le véritable problème, c’était en fait la gestion de nos ressources?

Optimiser avant tout

Tout d’abord, faire (ou adopter) des enfants devrait toujours être un choix. Tant mieux si vous n’en voulez pas!

Seulement, je trouve injuste qu’on envoie au bûcher les nouvelles familles alors que,chaque année, le tiers de la nourriture mondiale est gaspillée ou que des tonnes de vêtements, dont la fibre est souvent fabriquée à partir de pétrole, sont jetées!

Ce qu’il faut remettre en question, ce n’est pas le nombre d’enfants par ménage, mais bien nos habitudes de consommation. Mettre en place des programmes d’économie circulaire pour renouveler encore et toujours nos objets serait un excellent moyen d’optimiser nos ressources, par exemple. Ou bien pourquoi ne pas substituer l’élevage de bétail, qui consomme des quantités industrielles d’eau et exige des millions d’hectares de terre, par de la culture d'insectes?

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Faire moins d’enfants, sans changer nos habitudes, tant collectives qu’individuelles est, selon moi, une porte de sortie facile, bien plus facile pour certaines personnes que de renoncer à leur steak du dimanche ou de vendre leur deuxième véhicule. 

Des enfants qui sauveront le monde

Ne vous fiez pas au sous-titre, je n’ai pas la prétention de croire que mon enfant sauvera le monde. Du moins, je ne souhaite pas mettre tant de pression sur de si petites épaules. 

Mais les générations actuelles sont tellement conscientisées et informées des conséquences climatiques que j’ai la conviction que leurs enfants à eux n’auront pas d’autres choix que de prendre des décisions immensément moins fatales pour les ressources terrestres que celles prises par nos dirigeants actuels. 

D’autant plus que, si tous les militants, écologistes, ou simplement les personnes éco-conscientes cessent de faire des enfants, que lègue-t-on à l’humanité? Une poignée de futurs climatosceptiques?

Les enfants de demain, ils nous incitent à modifier notre mode de vie, à poser des gestes concrets pour qu’eux aussi puissent connaître la couleur des coraux, la densité des forêts tropicales et le cri du caribou. 

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Si, pour l’instant, mon fils, bien au chaud dans mon bedon, n’émet aucun gaz à effet de serre (ou presque- je devrai bien me rendre à l'hôpital en voiture le jour de l’accouchement), soyez assurés que, dès sa naissance, tout sera mis en place pour que toute sa vie, il possède les outils pour savoir exister dans la simplicité, en harmonie avec ce que la Terre nous offre. 

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