Hausses de loyer : le gouvernement doit agir vu que les proprios ne respectent pas les règles, selon un organisme | 24 heures
/portemonnaie

Hausses de loyer : le gouvernement doit agir vu que les proprios ne respectent pas les règles, selon un organisme

Image principale de l'article Encore des grosses hausses de loyer au Québec

Des nouveaux chiffres indiquent que la hausse des loyers se poursuit au Québec : dans certaines villes, on parle même de hausse autour de 25% et 30%.

• À lire aussi: Un nouveau proprio dit souhaiter «loger des gens de qualité»

À l'échelle de la province, le prix des loyers des logements à louer a fait un bond de 9%, pour atteindre une moyenne de 1300$ par mois, selon une récente étude du Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ) rendue publique samedi. 

En analysant plus de 51 000 annonces de logements à louer sur Kijiji, le RCLALQ a pu constater que la flambée des prix des loyers s’accélère partout au Québec. Le loyer moyen a particulièrement augmenté dans les régions métropolitaines de recensement (RMR) de Saguenay (18,7%), de Sherbrooke (26,5%) et de Trois-Rivières (29,9%).

  • Écoutez l'entrevue de Patrick Déry avec Benoit Ste-Marie de la CORPIQ sur QUB Radio :

À Gatineau, le prix d'un appartement deux chambres est de 2220$ en moyenne. 

«Ces régions ne sont pas prêtes à faire face à la crise du logement disponible et celle de l’abordabilité des logements», a mentionné Martin Blanchard, du RCLALQ, en entrevue à TVA Nouvelles. 

«Ce qui nous inquiète avec ces données, c'est que des régions où les loyers étaient demeurés relativement accessibles sont maintenant très fortement touchées par des hausses importantes», déplore Marjolaine Deneault, porte-parole du RCLALQ, en ajoutant que des personnes risquent de se résigner à vivre dans un logement insalubre ou trop petit.

• À lire aussi: Une maison à vendre pour 795 000$ aux Îles-de-la-Madeleine sème l'émoi

Selon l’étude réalisée par le RCLALQ, l’écart entre les loyers moyens (données issues des enquêtes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement – SCHL) et les loyers disponibles en location se creuse. Si bien qu’il y a maintenant un écart de 50% entre eux dans la province.

Alors que les élections provinciales arrivent à grands pas, le RCLALQ demande aux différents partis de présenter des mesures afin de contrôler le prix des logements.

«Actuellement, le fardeau d'empêcher une hausse abusive repose sur le locataire. C'est donc dire que la limitation des augmentations des loyers et la protection du parc locatif abordable ne s'appuient pas sur un encadrement législatif, mais sur des démarches individuelles de locataires, dans un contexte qui les désavantage nettement. Aussi bien dire que le marché des loyers est complètement incontrôlé», a expliqué Mme Deneault.

La faute des propriétaires

Les propriétaires sont en partie responsables de la hausse des loyers observée dans la province au cours des dernières années, selon Martin Blanchard. 

Selon lui, l’un des facteurs qui aggravent ce problème est le fait que les propriétaires ne respectent pas la loi qui oblige à offrir le même loyer aux nouveaux locataires que le prix que payaient les anciens locataires.

• À lire aussi: Un propriétaire peut seulement vous évincer pour deux raisons

«Ce n’est pas ce qui se passe dans les faits, et notre étude le montre année après année qu’il y a une désobéissance très large et généralisée face à cette loi», a affirmé M. Blanchard.

Selon lui, il faudrait «un contrôle obligatoire des loyers» qui ferait que la hausse du loyer suive obligatoirement un taux qui prendrait en considération les frais de construction, l’inflation, le profit du propriétaire, etc.

«Un registre des loyers publics et universel» pourrait également faire partie de la solution, a-t-il ajouté.

À VOIR AUSSI

La crise du logement en région