Septième vague : ne laissez pas la COVID gâcher vos vacances | 24 heures
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Septième vague : ne laissez pas la COVID gâcher vos vacances

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Photomontage Marilyne Houde

Personne n’a envie de voir ses vacances d’été tomber à l’eau. Pourtant, l’augmentation des cas de COVID au Québec, plusieurs se retrouvent obligés d’annuler des activités à la dernière minute. Quoi faire pour éviter d’attraper le virus et de gâcher ses vacances ? Des spécialistes répondent à nos questions. 

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Est-ce qu’on devrait recommencer à porter le masque? 

Personne n’aime porter le masque. Mais pour certains, le mettre dans quelques endroits vaut tout à fait le coup si ça leur permet de maintenir leurs autres plans pour l’été. 

« Ce n’est pas une mauvaise idée de garder un masque avec nous », même si « on a l’impression que la pandémie est derrière nous », rappelle Benoit Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM et spécialiste en virologie.  

Joël Lemay / Agence QMI

On le sait : dans les foules denses, le risque est plus grand, surtout à l’intérieur. Si vous vous trouvez dans un centre commercial qui est peu achalandé, par exemple, le risque est plus faible que si vous êtes dans le métro à l’heure de pointe matinale, indique Benoit Barbeau.  

Le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, recommande aux personnes vulnérables (personnes immunosupprimées, celles souffrant d’une maladie chronique ou celles âgées de plus de 60 ans) de redoubler de prudence et de porter le masque en public.

«Il faut garder une distance de deux mètres, se laver les mains, garder une bonne hygiène, et éviter de rencontrer les gens à l’intérieur, dans des milieux fermés», a prévenu le directeur national de la santé publique, lors d'un point de presse conjoint avec le ministre de la Santé, Christian Dubé, jeudi.

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Est-ce qu’on devrait éviter les festivals? 

Lorsque c’est possible, on devrait privilégier les activités extérieures à celles intérieures, estiment les experts à qui on a parlé. 

« Le virus se transmet moins bien [à l’extérieur] parce que l’air circule beaucoup plus », rappelle Alain Lamarre, professeur-chercheur en immunologie et virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Il faut toutefois demeurer prudent dans les festivals en général, parce que plus il y a de personnes autour de vous, plus il y a de risques de transmission.

Thierry Laforce / Agence QMI

Qu’ils soient extérieurs ou intérieurs, les spectacles sont donc des événements propices à la transmission, souligne Benoit Barbeau. Pendant un concert, on est collé aux autres spectateurs et on a tendance à crier et à chanter (et donc à émettre des gouttelettes pouvant transmettre le virus), poursuit-il.

Le Dr Boileau a indiqué qu’il porterait le masque s’il participait à un festival.  

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Est-ce qu’une 4e dose de vaccin va me protéger pour l’été?  

« La deuxième dose de rappel a son efficacité, mais [cette efficacité] est quand même courte, parce qu’on a encore un vaccin qui est à l’image de la souche d’origine [du virus] », explique Benoit Barbeau.  

En d’autres mots : la deuxième dose de rappel est moins efficace que les doses précédentes, notamment pour réduire les risques de transmission. Les vaccins demeurent toutefois le meilleur outil pour limiter les risques de complications graves et d’hospitalisation, souligne Alain Lamarre.

Les nouvelles versions des vaccins de Moderna et de Pfizer-BioNTech, attendues pour l’automne, devraient être plus efficaces contre Omicron et ses sous-variants, assure Alain Lamarre.

Jeudi, le ministère de la Santé mettra à la portée de tous un «arbre décisionnel» permettant d’identifier pour chacun le meilleur moment pour aller chercher une dose de rappel.

«C’est le temps en ce moment d’aller la chercher. C’est une dose qui va changer les risques de développer une maladie grave», insiste le Dr Boileau qui suggère fortement aux personnes vulnérable d'aller chercher leur deuxième dose de rappel.

Avant de partir en vacances, qu’est-ce qu’on peut faire pour réduire les risques? 

Si vous avez prévu visiter le Québec ou partir à l’étranger, faites «doublement attention», affirme Alain Lamarre. 

Dans les jours précédant votre départ, évitez le plus possible les rassemblements intérieurs, gardez une distance avec les autres et portez le masque dans les endroits publics. Avant de partir, assurez-vous aussi d’être adéquatement vaccinés. 

Depuis le mois de mai, la quatrième dose de vaccin est accessible à tous les Québécois âgés de 18 ans et plus qui ont reçu leur première dose de rappel il y a au moins trois mois. 

Les personnes de 12 ans et plus dialysées ou ayant un système immunitaire affaibli sont aussi éligibles à la deuxième dose de rappel.  

Avant de prendre l’avion, il vaut également mieux s’informer sur les règles du pays que vous vous apprêtez à visiter. Ces dernières peuvent différer de celles en vigueur ici. 

Plus de morts en 6 mois qu’en 2021

La levée de la quasi-totalité des mesures sanitaires peut laisser croire que la COVID-19 est derrière nous. Ce n’est pourtant pas du tout ce que les chiffres indiquent ! Il y a eu plus de décès liés à cette maladie durant les six premiers mois de cette année que pendant la totalité de 2021, rapporte La Presse. En effet, on compte 3741 décès entre le 1er janvier et le 28 juin 2022, près de 1000 de plus qu’à la même date l’année précédente, relève le quotidien. 

Face à une hausse des hospitalisations, qui pourraient dépasser les 1600 au cours des prochains jours et semaines, le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, s’est dit inquiet pour le réseau de la santé. 

« Le risque est diminué habituellement l’été. Mais là, il est plus élevé qu’au début du mois de juin et ce n’est pas appelé à descendre », a-t-il mentionné.   

 

Des hôpitaux débordés 

Le nombre de personnes hospitalisées avec la COVID-19 au Québec est en augmentation. Même si le chiffre total est plus bas qu’il l’était il y a quelques mois, des hôpitaux avisent la population de faire attention car ils sont débordés. 

Vendredi dernier, le taux d’occupation atteignait les 100 %, voire 150 %, dans certains établissements à Montréal.

Gorodenkoff - stock.adobe.com

Et ce n’était pas nécessairement mieux dans les banlieues. « La pénurie de personnel est un enjeu majeur et ne se règle pas en un claquement de doigts [...]. La population vieillit et a besoin de plus de soins. Et au niveau des cas de COVID, je supplie la population de nous aider. Protégez-vous », demandait la Dre Amélie Boisclair, intensiviste à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur à Terrebonne.

Le 5 juillet, 1497 personnes étaient hospitalisées avec la COVID au Québec, dont 40 aux soins intensifs. En guise de comparaison, ce chiffre est monté au-delà de la barre des 2000 cas en avril (avec autour de 100 personnes aux soins intensifs).

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