Absolution pour agression sexuelle: l’ingénieur perd son emploi | 24 heures
/homepage

Absolution pour agression sexuelle: l’ingénieur perd son emploi

Image principale de l'article L’ingénieur perd son emploi
Photo tirée de la page Facebook de Simon Houle

L’ingénieur coupable d’agression sexuelle à qui l'on avait accordé l’absolution pour ne pas nuire à sa carrière a perdu son emploi et semble maintenant vouloir se diriger vers le domaine du droit.

• À lire aussi: Pour ne pas «nuire à sa carrière»: pas de casier judiciaire pour un ingénieur agresseur sexuel

• À lire aussi: Bientôt une plateforme de clavardage pour les victimes d’agression sexuelle

«L’entreprise a décidé de mettre un terme à son lien d’emploi ce matin, lors d’un appel téléphonique», a affirmé au Journal le vice-président aux ressources humaines de Canimex, Michel Goulet.

Simon Houle, 30 ans, est cet ingénieur qui avait avoué avoir agressé sexuellement une amie lors d’une fête arrosée. Au moment des faits, en 2019, il était étudiant à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il avait également photographié les parties intimes de sa victime.

Accusé d’agression sexuelle et de voyeurisme, Houle avait attendu deux ans avant de plaider coupable. 

Pour le juge Matthieu Poliquin, il s’agissait d’une punition bien suffisante, si bien qu’il ne méritait pas les 18 mois de prison que réclamait la Couronne. D’autant plus que, durant ses thérapies, Houle avait avoué avoir fait une autre victime dans le passé, ce que le juge a vu comme un signe de «transparence».

Mis «à l’écart»

«Il est habituellement une personne qui aide et supporte les autres, et non une personne qui les agresse, avait dit le magistrat. Son arrestation, sa mise en accusation et le délai de plus de deux ans à penser aux conséquences [...] sont suffisamment dissuasifs.»

Le juge avait également expliqué que, durant ces deux années, l'employeur de Simon Houle l’avait mis «à l’écart au travail». En raison des lois sur le travail, l’entreprise ne pouvait faire plus.

«Son employeur refuse qu’il participe aux fêtes ou sorties de bureau», peut-on lire dans la décision indiquant que Houle avait été maintenu en télétravail malgré la fin des mesures sanitaires.

La victime, de son côté, a subi plusieurs conséquences psychologiques dévastatrices, qui ont même mené à une hospitalisation. Cela a nui à son parcours scolaire, sans compter qu'elle a dû arrêter de travailler pendant cinq mois et a de ce fait éprouvé des difficultés financières.

Certificat en droit

Mais pour ne pas mettre de bâton dans les roues de l’agresseur sexuel, le juge Poliquin avait décidé qu’une absolution conditionnelle à une probation de trois ans et à un don de 6000$ à un organisme venant en aide aux victimes était une bonne idée.

«Pour l’avenir, s’il ne peut pas voyager à cause de la présence d’antécédents judiciaires, ses possibilités d’emploi en ingénierie seront limitées», avait-il affirmé.

Lors des audiences en cour, Houle avait affirmé qu'il souhaitait rester ingénieur, mais qu’il pourrait éventuellement changer de domaine.

«Il a entrepris, à temps partiel, un certificat en droit», indique le jugement.

Selon nos informations, la Couronne se prépare à porter la cause en appel.

À voir aussi:

s

Sur le même sujet