Les chiffres le confirment: le marché immobilier se calme partout... sauf à Québec | 24 heures
/portemonnaie

Les chiffres le confirment: le marché immobilier se calme partout... sauf à Québec

Image principale de l'article Le marché immobilier se calme... sauf à Québec
Joël Lemay / Agence QMI

C’était à prévoir après une nouvelle hausse du taux directeur: les ventes immobilières ralentissent dans la province. À Montréal, c’est la première accalmie du marché depuis 2015. Seule la ville de Québec semble échapper à la tendance à la baisse.

• À lire aussi: Ça y est: l’immobilier se calme enfin et ça annonce la fin de la surenchère

• À lire aussi: Le REM fait grimper le prix des maisons près des futures stations

Selon les dernières données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), les ventes immobilières à travers la province ont connu une baisse de 10 % en juin 2022, comparé à juin 2021. C’est sur l’île de Montréal que l’essoufflement est le plus marqué, avec 20 % moins de ventes par rapport à l’an passé. 

Dans le reste du Grand Montréal et les régions environnantes, c’est le même scénario: on note des déclins de ventes allant de 4% à 13%. Seule la région de Vaudreuil-Soulanges détonne par sa stabilité, où on rapporte 0% de baisse des ventes.

Et toutes les catégories d’habitations y passent; tant les maisons les maisons unifamiliales (-8 %) que les copropriétés (-10 %) et les plex (-20 %) connaissent un essoufflement.

Ce ralentissement laisse présager une baisse du prix de vente des maisons, mais surtout une baisse de la surenchère provoquée par un marché immobilier où la demande excède l’offre. Cependant, Charles Brant, directeur du Service de l’analyse de marché de l’APCIQ, rappelle que le marché reste très serré et à l’avantage des vendeurs, bien que la tendance à la hausse s’essouffle enfin. 

Québec ne suit pas la tendance

Seule la région de Québec ne semble pas perturbée par la hausse du taux directeur. On y enregistre encore une hausse de 3 % des ventes par rapport à juin 2021. C’est surtout dans le secteur des plex que le marché s’emballe (32 % de hausse des ventes). Le prix médian des propriétés s’inscrit aussi dans cette hausse. 

• À lire aussi: Surchauffe immobilière? Une maison à vendre pour 795 000$ aux Îles-de-la-Madeleine sème l'émoi

Charles Brant estime tout de même que le niveau de surenchère restera «modéré», contrairement aux autres régions du Québec où les propriétés subiront sans doute une correction de leurs prix gonflés par l’échauffement passé du marché.

Plus difficile de se qualifier pour un prêt

La banque du Canada a haussé trois fois son taux directeur depuis le début de 2022. Cela a un effet direct sur le marché immobilier, car les banques utilisent le taux directeur pour fixer le taux d’intérêt des prêts hypothécaires.

S’il augmente, il devient plus difficile de se qualifier pour un prêt hypothécaire, donc moins de ménages sont capables d’acheter une propriété. C’est d’ailleurs l’intention de la Banque du Canada, qui hausse le taux directeur pour ralentir l’économie et encourager les consommateurs à épargner plutôt qu’à dépenser pour freiner l’inflation. 

• À lire aussi: Hausse des taux d’intérêt: les nouveaux acheteurs ont-ils raison de s’inquiéter ?

Cela signifie-t-il qu’il sera encore plus difficile d’accéder à la propriété? Pour les ménages qui se qualifiaient à peine pour un prêt hypothécaire avant la hausse du taux, ce sera effectivement le cas. 

Pour ceux qui se qualifiaient déjà, la surenchère sera moins intense comme la compétition sera moins féroce pour acheter une maison. Ces acheteurs risquent donc de payer moins cher pour une propriété, surtout si les prix subissent une correction dans les prochains mois. On parle de correction lorsqu’on observe un recul d’au moins 10 % du prix médian des propriétés sur une période de moins de trois ans.

— Avec Anne-Sophie Roy

s