Manifestation contre la décision du juge Poliquin: «j’avais raison de ne pas dénoncer» | 24 heures
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Manifestation contre la décision du juge Poliquin: «j’avais raison de ne pas dénoncer»

AVERTISSEMENT: Le contenu suivant contient des propos liés aux agressions sexuelles.

«Quand je vois des décisions qui sont rendues comme ça, bien ça fait juste me prouver que j’avais raison de ne pas dénoncer.»

Catherine Côté affirme avoir vécu une agression similaire à celle de la victime de Simon Houle, cet ingénieur qui a obtenu une absolution conditionnelle après avoir plaidé coupable à des accusations d’agression sexuelle. Le témoignage de Catherine n’aura jamais résonné entre les murs du palais de justice. C’est plutôt devant celui-ci qu’elle a livré son témoignage dimanche, en marge d’une manifestation réclamant justice pour la victime de M. Houle.

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«J’ai vécu un arrêt de travail, il y a eu des conséquences économiques de ça. Quand je vois qu’on ne reconnaît pas que la victime a vécu toutes ces choses-là et qu’on essaie de protéger la carrière d’un homme qui a choisi de commettre ces gestes-là, je trouve ça juste vraiment déplorable», a confié au 24 heures celle qui croit qu’on a avant tout besoin de bons cours d’éducation sexuelle dans les écoles. 

Dimanche sur le coup de midi, près d’une centaine de personnes s’étaient rassemblées devant le palais de justice de Montréal afin de dénoncer la décision du juge Matthieu Poliquin dans l’affaire Simon Houle. 

Catherine Côté

Photo Julien Bouthillier

Catherine Côté

Rappelons que même si ce dernier a plaidé coupable à des accusations d'agression sexuelle, le juge lui a accordé une absolution conditionnelle, citant des facteurs que le juge estime «atténuants» qui ont suscité de la colère dans la population, notamment que «l'agression s'est déroulée somme toute rapidement» et que M. Houle est «une personne de bonne moralité». Il était aussi question du fait qu’un casier judiciaire mettrait en péril sa carrière d’ingénieur. 

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Un futur ingénieur a honte de Simon Houle

«En tant que futur ingénieur, laisse-moi te dire que j’ai eu crissement honte», affirme sans détour Simon Vaillancourt, qui étudie en génie à l’École de technologie supérieure (ÉTS). 

Simon Vaillancourt

Photo Élise Lacombe

Simon Vaillancourt

Quand on lui demande pourquoi c’est important pour lui en tant qu’homme d’être présent à cette manifestation, Simon Vaillancourt nous répond que «tout le monde devrait être égal, personne ne devrait vivre de situation de même».

«J’ai entendu qu’un des facteurs jugés atténuants [par le juge], c’était la durée. Il n’y a aucune durée de viol qui est acceptable», rappelle-t-il.

Des victimes en colère

«Je trouve ça important de rester en colère par rapport à ça, que ça ne devienne pas banal, puis que ce soit toujours grave quand ça arrive», estime Selena Fortier, une manifestante rencontrée sur place.

Selena Fortier

Photo Julien Bouthillier

Selena Fortier

Patricia Tulasne du collectif Les Courageuses, ce groupe qui voulait intenter une action collective contre Gilbert Rozon, abonde dans le même sens. «On est en 2022, après le mouvement #MeToo et c’est tout simplement inacceptable qu’un juge ait osé poser ce jugement après toute la prise de conscience [qu]’on a amenée durant ces dernières années», a-t-elle affirmé lors d’un discours.

Discours de Patricia Tulasne

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Discours de Patricia Tulasne

L’organisatrice de la manifestation, Marie-Maxime Gaumont, rappelle qu’«on a tous dans notre entourage une sœur, une mère, une amie, une collègue qui a vécu une expérience terrifiante et déshumanisante. Cette personne-là a besoin de vous, de votre amour, de votre support, de votre respect. Elle a besoin d’être prise au sérieux et mérite de se sentir en sécurité».

Marie-Maxime Gaumont

Photo Julien Bouthillier

Marie-Maxime Gaumont

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE 

Info-aide violence sexuelle: 1 888 933-9007

CALACS | Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel: http://rqcalacs.qc.ca/ 

– Avec Élise Lacombe, 24 heures