Au-delà du Dagobert, comment rendre les bars plus inclusifs pour les personnes LGBTQ+? | 24 heures
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Au-delà du Dagobert, comment rendre les bars plus inclusifs pour les personnes LGBTQ+?

Comment faire pour éviter que des personnes soient intimidées ou expulsées d’un bar en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, comme c'est arrivé le week-end dernier au bar Le Dagobert, à Québec? Des acteurs de la vie nocturne et de la communauté LGBTQ+ nous donnent leurs conseils.

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Henri Bertrand-Ouellette connaît bien la scène du nightlife. Parce qu’iel est témoin «chaque jour et chaque soir» d’actions discriminatoires visant des minorités, «même dans les espaces qui sont considérés safe» comme le Village, à Montréal, iel œuvre à rendre son milieu plus inclusif. 

Le Dagobert

René Leclerc/Agence QMI

Le Dagobert

Pour y arriver, iel a cofondé STUDIO ZX, une entreprise de production créative en divertissement qui emploie exclusivement des professionnels et artistes issus de communautés marginalisées.

Mais si du chemin a été parcouru dans les dernières années, il reste encore du travail à faire.  

«Ça arrive tous les jours et même plusieurs fois par jour, à toutes les personnes queer ou presque, de vivre des interactions négatives [dans les bars ou les établissements de la vie nocturne]», regrette Henri Bertrand-Ouellette. Iel cite en exemple le traitement que certains portiers réservent aux personnes trans ou encore l’enjeu des toilettes genrées.

Selon iel, pour rendre les bars plus sûrs pour les communautés LGBTQ+, les propriétaires d’établissement doivent déployer de véritables efforts pour changer de mauvaises habitudes héritées de plusieurs années de non-inclusivité. 

«Le propriétaire ou gestionnaire d’un espace, ça va être sa responsabilité de venir créer un lien avec des gens de la communauté, ouvrir des conversations avec des leaders dans la communauté. Il faut que les bottines suivent les babines», insiste Henri Bertrand-Ouellette. 

Des solutions concrètes

Dave Thivierge, coordonnateur des communications au Groupe régional d'intervention sociale (GRIS) de Québec, recommande pour sa part aux tenanciers de bar qui souhaiteraient rendre leur établissement plus inclusif «de s’informer auprès des organismes de leur région». 

«Que ce soit à Québec ou hors Québec, il y a toujours des organismes qui peuvent aider. Tout simplement, en appelant ou en envoyant des courriels pour s’informer, ils vont tous se faire un plaisir d’y répondre», mentionne-t-il. 

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Parmi les mesures concrètes que pourraient appliquer les bars, Dave Thivierge propose d’adopter un langage inclusif et de mettre en place des toilettes non genrées. Il recommande également aux propriétaires de soumettre leurs employés à une formation sur la diversité. 

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

«Quand on est formé, on peut mieux interagir et mieux se débrouiller. C’est sûr que quelqu’un qui est mal informé, qui n’a pas de formation, c’est dur pour la personne de bien réagir et de bien gérer la situation», précise Dave Thivierge. 

Pour une vraie inclusion

Une autre manière de rendre son établissement plus ouvert aux communautés LGBTQ+ est d'avoir plus de diversité au sein des employés, soutient Henri Bertrand-Ouellette. 

Il ne suffit «pas simplement de dire qu’on accueille ces communautés-là», il faut les valoriser suffisamment «pour en avoir dans son équipe». 

Crédit: Jean Balthazard

Selon Henri Bertrand-Ouellette, les bars et les autres établissements de nuit n’auront d’autre choix que de s’adapter pour être plus inclusifs, alors que la société devient de plus en plus ouverte. 

«Les endroits comme Le Dagobert doivent radicalement faire des efforts pour offrir des meilleures conditions et être capables d’accueillir des gens de la communauté LGBT. Je pense qu’ils n’ont pas le choix de faire ça s’ils veulent continuer d’exister comme entreprise», conclut le cofondateur de STUDIO ZX. 

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