Un cinéma ambulant pour faire tomber les préjugés envers les Autochtones | 24 heures
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Un cinéma ambulant pour faire tomber les préjugés envers les Autochtones

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Crédit photo: Guillaume Langlois Photomontage: Alexandre Pellet

Des courts-métrages d’artistes autochtones diffusés dans plusieurs festivals à travers le monde pourraient être projetés dans un parc près de chez vous cet été.

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La tournée du Cinéma qui roule de l'organisme à but non lucratif Wapikoni Mobile s’arrêtera dans 45 communautés, régions et villages du pays – autochtones ou non – pour faire rayonner la culture des Premières Nations et défaire des idées reçues qui subsistent.  

«Il y a encore beaucoup de préjugés envers les Autochtones. On est tous des alcooliques drogués "sur le BS" », donne en exemple Danika St-Laurent, projectionniste et réalisatrice au Wapikoni Mobile. La jeune femme, issue de la nation Ojibwe Saulteaux en Saskatchewan, ajoute que les soirées de projections dans les centres urbains servent «justement à sensibiliser et montrer une différente lumière sur les peuples autochtones.» 

Guillaume Langlois

La réalisatrice Danika St-Laurent

Le médium du cinéma n’a pas été choisi au hasard pour remplir cette mission puisqu’il permet de mettre en images le quotidien des communautés et leur culture.  

«On est voisins depuis toujours, mais on ne se visite pas, explique le réalisateur innu Réal Jr. Leblanc, issu de la communauté Uashat Mak Mani-Utenam sur la Côte-Nord. La caméra nous permet d’apporter un peu de chez nous, d’apporter un peu de nos coutumes, notre histoire de la façon la plus facile: par la vue.» 

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Guillaume Langlois

Une soirée de projection au parc Cartier-Brébeuf à Québec qui a eu lieu le 30 juin dernier.

La vie de tous les jours sur grand écran 

De sa création en 2017 jusqu’en 2019, le Cinéma qui roule déployait uniquement sa toile de projection dans les communautés autochtones au pays. Mais depuis 2021, la tournée s’est élargie aux régions allochtones dans «un esprit de sensibilisation, de partage et de conversation.» 

«On veut démontrer à travers l’art et la créativité de nos artistes autochtones notre vie de tous les jours et qui nous sommes comme êtres humains, explique la coordonnatrice du Cinéma qui roule, Tayka Raymond. Ça, les gens ne le voient pas à la télévision ni dans les journaux. On veut montrer la vie de tous les jours sur grand écran.» 

Guillaume Langlois

Tayka Raymond coordonne la tournée Cinéma qui roule

Et qui dit sensibilisation dit éducation. Tayka Raymond, qui est également responsable de la mobilisation des communautés au Wapikoni Mobile, note un changement dans le dialogue avec la génération d’allochtones. 

«Quand je m’assois aujourd’hui avec des jeunes de 5 ans ou 18 ans, ils ont un processus émotionnel et mental par rapport aux autochtones qui n’a jamais existé auparavant. Ils sont allumés et me posent des questions profondes. Et ça me donne énormément d’espoir», conclut Mme Raymond, descendante de la nation Métis - Treaty 1 au Manitoba. 

Le tournée du Cinéma qui roule se termine le 3 septembre à Montréal. Pour consulter le calendrier des activités et connaître les dates et lieux des soirées de projection, c’est ici.  

-Avec les informations de Daphnée Hacker-B.

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