Des maisons au Canada ont déjà perdu près de 20% de leur valeur | 24 heures
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Des maisons au Canada ont déjà perdu près de 20% de leur valeur

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Photomontage: Karine Leblanc

Ce n’est plus seulement une prédiction : le prix des maisons commence à chuter dans plusieurs villes canadiennes, telles que Toronto et Victoria. Le Québec semble pour l’instant épargné par ce phénomène, mais connaîtra-t-il bientôt le même sort ? «Oui», envisage un économiste.  

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Le marché immobilier canadien connaît présentement une correction significative dans plusieurs villes du pays, menant à des écarts jusqu’à 20% entre le prix affiché et celui à la vente, rapporte le National Post.  

En banlieue de Toronto, les maisons sont vendues quotidiennement à des rabais de plus de 100 000$, explique le média anglophone. Par exemple, une maison de quatre chambres dans la ville de Brampton, à 40 km au nord-ouest de Toronto, a été mise sur le marché à 1,8 million$, mais s'est finalement vendue à 1,5 million$, une réduction de prix de 300 000$

Une maison de cinq chambres à coucher à Victoria, en Colombie-Britannique, affichée à 2,25 millions de dollars a pour sa part été vendue à 1,93 million de dollars. Au cours du même mois, une maison située à l’autre extrémité du pays à Halifax en Nouvelle-Écosse s'est vendue 140 000 $ de moins que son prix de catalogue de 900 000 $. 

Qu’est-ce qui explique cette correction importante des prix ? Le directeur du Service de l’analyse du marché à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), Charles Brant, nous explique. 

Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché, Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ)

APCIQ

Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché, Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ)

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Plus d’investisseurs immobiliers et de surenchère  

M. Brant indique que la hausse importante du taux directeur de 0,25% à 2,50% depuis le début de l’année a eu un impact considérable sur les taux d’intérêt hypothécaires, et donc sur cette correction immobilière envisagée depuis plusieurs mois par les économistes.  

Mais pourquoi les autres villes canadiennes, et pas encore le Québec ? Car celles-ci comptent un plus grand nombre d’investisseurs immobiliers, explique Charles Brant. Ces grands propriétaires, qui font plusieurs flips immobiliers, sont les premiers touchés, car ils utilisent plus fréquemment les leviers financiers que les petits propriétaires, explique-t-il.  

Aussi, la surenchère était déjà plus importante dans les autres provinces qu’ici, ajoute-t-il. «Avec cette hausse du taux directeur, les vendeurs veulent vendre plus rapidement, car les conditions sont encore bonnes, tandis que les acheteurs comprennent que ce n’est plus le moment. Il y a donc de moins en moins d’acheteurs .» 

À preuve, il soulève, qu’un peu partout au pays, le nombre de maisons mises en vente sur le marché est en diminution depuis plusieurs mois. La ville de Montréal a connu une baisse des transactions de 20% entre le mois de juin 2021 et 2022.  

En revanche, le marché ne tournera pas pour autant à l’avantage des acheteurs avant que le principal problème – le peu d’offre dans le marché immobilier – ne soit réglé. 

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Le Québec sera-t-il quand même touché ? 

Est-ce que le Québec sera visé par cette correction ? Oui, mais elle sera moins importante, estime M. Brant. «Ce sera dans la prochaine année et principalement en 2023», s’attend-il. 

Comme la surenchère était moins importante que dans les autres provinces et que les investisseurs immobiliers y sont moins nombreux, la correction immobilière ne devrait pas être aussi importante. L’économiste s’attend à une baisse des prix jusqu’à 10%, loin d’un effondrement des prix médians à un niveau prépandémique, qui ont augmenté de près de 50% depuis janvier 2020.  

«On a atteint le sommet à Montréal au niveau des prix médians», juge M. Brant, qui se base, entre autres, sur le nombre de transactions immobilières qui commencent à baisser.

Cette correction financière partout au pays est tout de même «saine» pour le marché, assure-t-il, étant donné que la surenchère était beaucoup trop importante et que les premiers acheteurs n’avaient plus la capacité d’accéder à la propriété.   

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