Discrimination à l’emploi: fonder un café pour faire un pied de nez à l’âgisme | 24 heures
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Discrimination à l’emploi: fonder un café pour faire un pied de nez à l’âgisme

Image principale de l'article Un café fait un pied de nez à l’âgisme
Photo Audrey Robitaille

Jetés aux oubliettes par les employeurs à cause de leur âge, les fondateurs du Café de l’octet, à Montréal, ont dû trouver un autre moyen de mettre en pratique leurs années d’expérience en informatique. C’est ainsi que leur plus récent projet est né.

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Il n’est pas rare de croiser quelqu’un avec un ordinateur au Café de l’octet, une coopérative inclusive et chaleureuse où les clients peuvent demander des conseils informatiques autour d’un café, et ce, sans être jugés.

Stéphanie Savard, 57 ans, a eu l’idée de fonder une coop après avoir constaté les besoins criants d’un tel service parmi ses collègues. À l’époque, elle était camionneuse, et certains de ses confrères avaient du mal à utiliser les nouvelles technologies imposées par l’entreprise. 

Photo Audrey Robitaille

«Ça m’a sonné des cloches qu’il y aurait peut-être un besoin, donc j’ai commencé à faire des recherches, et j’ai trouvé qu’environ 40% des Québécois avaient un niveau faible à nul de littératie numérique», a expliqué Stéphanie.

C’est qu’une vingtaine d’années auparavant, elle avait encore beaucoup de succès comme technicienne pour la télévision. Mais à 40 ans, les contrats ont commencé à se faire plus rares, et à l’aube de la cinquantaine, ils avaient carrément disparus. Aujourd’hui, Stéphanie comprend qu’elle a été victime d’âgisme, un phénomène courant dans le domaine de l’informatique.

«La présomption, c’est que si tu es jeune, tu connais la technologie. Mais si tu es vieille, tu ne connais pas ça. On parle d’employeurs qui ne veulent même pas te rencontrer, juste à cause de ton âge», a déploré la technicienne. 

Un second souffle

Yanick Crépeau, 61 ans, s’est retrouvé sans emploi en approchant de la cinquantaine. Une situation qui s’est éternisée pendant dix ans, jusqu’à la création de la Coop de l’octet. 

«C’était vraiment difficile pour moi de me replacer à cause de l’âgisme. Donc quand Stéphanie est venue me voir pour fonder une coopérative, j’ai accepté. Ça me permettait d’utiliser mon expertise pour donner du support aux gens qui ont des problèmes avec la littératie numérique», a mentionné Yanick, heureux de pouvoir à nouveau montrer ses compétences.

Photo Audrey Robitaille

L’objectif des fondateurs de la coop est aussi de se réinsérer éventuellement dans le métier, ce que Yannick a fièrement accompli en mars. Il y a quelques mois, une imprimerie voisine lui a proposé un contrat le temps d’un week-end après avoir constaté sa compétence lors d’une visite au café. 

«J’ai pris ce mandat-là et ils m’ont engagé à long terme, finalement. Depuis le mois de mars, je fais quelques jours par semaine en télétravail pour eux», a précisé Yanick.

Un nouveau café

Christine Le Seigle, 47 ans, est la conjointe de Stéphanie et dirige la partie «cuisine» du café. Une nouveauté que l’équipe a pu instaurer dans le nouveau local de la rue Sherbrooke. Au menu: des crêpes à la farine de blé ou à la farine de sarrasin, des cafés, des kombuchas et plus encore. 

Photo Audrey Robitaille

Comme la coopérative, le café a comme philosophie l’entraide, ce qui justifie l’achat de produits artisanaux québécois et zéro déchet, pour les générations futures.

«Tous nos contenants, fourchettes et pailles sont compostables. Il reste les tasses qui ne le sont pas, mais la commande est passée auprès de la même compagnie d’ici que pour les autres contenants», a-t-elle ajouté.

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