Alpinisme: elle devient la première Québécoise à atteindre le sommet du K2 | 24 heures
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Alpinisme: elle devient la première Québécoise à atteindre le sommet du K2

Marie-Pier Desharnais durant son ascension du K2
Photo tirée du compte Instagram de Marie-Pier Desharnais

Marie-Pier Desharnais durant son ascension du K2

Marie-Pier Desharnais est parvenue à réaliser ce qu'aucun Québécois n'avait encore réussi: poser le pied sur le sommet du K2, la seconde parmi les plus hautes montagnes du monde (8611 mètres) et l'une des plus exigeantes.

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Elle a atteint vendredi le sommet de la montagne située entre la Chine et le Pakistan. L'information a été confirmée par les réseaux sociaux d'Elite Exped, la compagnie qui chapeaute l'ascension. «Mission accomplie pour notre expédition sur le K2. Toutes nos équipes sont de retour au camp 3», pouvait-on lire sur leur compte Instagram.  

Quelques jours plus tôt, perchée au camp de base du K2 en attente de conditions météorologiques favorables pour tenter l'ascension vers le sommet, la jeune de femme de 35 ans a livré ses impressions au 24 heures.

«J’ai du mal à me contenir. Ça fait déjà plus d’une semaine que je suis revenue de rotation du camp 2 (à 6700 mètres). Je suis acclimatée. Ça fait trois ans que je planifie cette grimpe. C’est un rêve qui prend beaucoup de place dans ma vie. J’en rêve jour et nuit. J’ai donc extrêmement hâte de mener cette dernière étape à terme», déclarait d'entrée de jeu l'alpiniste native de Victoriaville.  

Le K2, grand défi pour les grimpeurs

Un peu moins élevé que l'Everest – qui se dresse à 8849 mètres d'altitude –, le K2 présente cependant plus de difficultés techniques. 

«Son ascension est hyper-inclinée, presque verticale par endroits. Son terrain est technique, tantôt neige, tantôt roche, avec des sections d’escalade de roches très escarpées. Les chutes de pierres sont constantes. On doit constamment se méfier. Les camps sont petits et en pente. Il n'y a pas beaucoup de place à l’erreur», a précisé l'alpiniste québécoise. 

Depuis 1939, 91 personnes ont trouvé la mort en grimpant la «Montagne sauvage» et seulement 377 personnes ont rejoint le sommet entre 1954 et 2021. À titre comparatif, un peu plus de 300 personnes sont mortes sur l'Everest pour plus de 4000 à l'avoir gravi avec succès. 

Une première pour le Québec

Jusqu'à aujourd'hui, jamais un Québécois n'avait réussi à fouler le sommet du K2. En juillet 2019, Louis Rousseau s'en était approché, mais il avait malheureusement dû renoncer, à une altitude de 8300 mètres, à cause des conditions météorologiques dangereuses. 

L'année précédente, l'expédition des alpinistes Nathalie Fortin, Maurice Beauséjour et Serge Dessureault s'était terminée de façon dramatique quand ce dernier avait fait une chute mortelle à 6700 mètres. 

Marie-Pier Desharnais devait partir escalader le K2 au printemps 2020, mais la pandémie de COVID-19 a bouleversé ses plans. À l'époque, elle avait confié à notre équipe qu'elle restait très lucide sur le fait qu'elle mettait sa vie en jeu, d'une certaine manière. «J'y pense, c'est sûr, mais, en même temps, sur la montagne, c'est là que tu te sens le plus vivant, justement parce que tu explores chacune des limites de tes émotions.»

Un appui de taille

En mai 2021, la jeune femme devenait la huitième Québécoise à se rendre au sommet du monde, le mont Everest. 

À ce moment, elle avait pu compter sur l'expérience d'un géant de l'alpinisme, le Népalais Nirmal Purja, l'un des leaders de cette expédition. Celui qu'on surnomme également Nimsdai est devenu mondialement connu en 2019, en grimpant les 14 montagnes de plus de 8000 mètres en seulement six mois, alors que le précédent record était de 16 ans. 

Ce grimpeur hors pair, qui accompagne encore une fois Marie-Pier, connaît très bien le K2: en janvier 2021, il a mené une équipe de 10 alpinistes népalais qui en ont réussi la première ascension hivernale. 

«C’est non seulement inspirant, mais surtout rassurant de l'avoir à nos côtés. Pour avoir grimpé avec Nims depuis maintenant trois ans, je savais qu’il n’y avait que lui et son équipe en qui j’avais pleinement confiance pour me lancer dans un défi tel que le K2», confiait l'alpiniste québécoise. 

Inspirer les femmes

Pour sa part, Marie-Pier Desharnais en est à son troisième sommet de plus de 8000 mètres, mais ses aventures ne s'arrêteront pas là pour autant. Elle poursuivra un objectif personnel nommé «Apex Woman»: «participer activement au mouvement égalitaire des femmes en élevant l'empreinte féminine sur cinq des sommets les plus hauts ou les plus difficiles de la planète». 

Elle devrait poursuivre ce périple en décembre prochain par l'ascension de deux montagnes en Antarctique. 

Plus de détails à venir.

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