Inflation et taux d’intérêt: il faut prendre son mal en patience en attendant l’automne | 24 heures
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Inflation et taux d’intérêt: il faut prendre son mal en patience en attendant l’automne

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Karine Leblanc

Les taux d’intérêt augmentent, l’inflation aussi... Vous avez l’impression de vous enfoncer de plus en plus dans un gouffre économique? Sachez que cette période d’agonie est tout à fait normale avant de sentir le retour du balancier.

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Face à la plus récente augmentation du taux directeur et à la hausse de l’inflation, il est possible que le premier mot qui vous vienne à l’esprit soit «récession». Mais, pas de panique! La situation pourrait s’équilibrer dans «trois ou quatre mois», selon les experts. 

«On voit déjà qu’en juillet, l’essence a diminué de 14% par rapport à juin, et une grosse partie de l’augmentation de l’inflation provenait des chiffres liés à l’essence en juin», a fait remarquer le président de Jean Fortin & Associés, Pierre Fortin. 

Le marché est vraisemblablement en train d’anticiper une certaine baisse dans la demande, ce qui est encourageant, selon les experts. Il faudra toutefois s’armer de patience pour les prochains mois, qui risquent d’être difficiles pour le portefeuille des Québécois. 

Le président du syndic autorisé en insolvabilité Jean Fortin & Associés, Pierre Fortin

Courtoisie

Le président du syndic autorisé en insolvabilité Jean Fortin & Associés, Pierre Fortin

«Dans trois ou quatre mois, on va se sentir plus confortable. [...] Les embellies prennent plus de temps à s’établir que les périodes de noirceur», a illustré Éric Pronovost, directeur chez Mallette, une société de comptables professionnels agréés. 

M. Fortin, qui abonde dans le même sens que son confrère, tient tout de même à préciser qu’un taux d’inflation stable n’est pas synonyme de taux d’inflation bas. «Quand l’inflation va arrêter d’augmenter, ça ne veut pas dire qu’elle va retomber à 2%. Ça va redescendre tranquillement, et c’est peut-être juste l’année prochaine qu’on va se retrouver avec du 4-5%», a-t-il ajouté. 

Place à l’imprévisible

Malgré ces prédictions encourageantes, plusieurs éléments de l’équation sont encore inconnus. La guerre russo-ukrainienne, par exemple, a fait sentir ses effets sur l’importation de céréales et d’acier partout dans le monde, ce qui fait grimper les prix et l’inflation. Il est donc important de considérer tous les facteurs au niveau mondial qui pourraient avoir une influence sur le portefeuille des Canadiens. 

«Lorsqu’un pays de plus d’un milliard de personnes attrape la grippe, tout le monde tombe malade», a expliqué Éric Pronovost. 

La situation reste donc très incertaine. Ne soyez donc pas surpris si l’indice des prix à la consommation (IPC) – soit l’inflation – et les taux d’intérêt continuent d’augmenter dans les prochains mois avant de se stabiliser. 

D’ici là, la prudence est de mise

Alors que de nombreux Québécois sont forcés de se serrer la ceinture, les experts rappellent d’être prudents et de mettre de côté un fonds d’urgence, si ce n’est pas déjà fait. 

«Soyez conscients que ça va aller mal avant d’aller mieux et ne pensez pas que ça va être réglé d’ici la fin de l’été. On va avoir une passe difficile à passer qui va peut-être durer une année, donc prévoyez le coup», a conseillé Pierre Fortin. 

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