La chouenne de Charlevoix: acheter local... avec une monnaie locale! | 24 heures
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La chouenne de Charlevoix: acheter local... avec une monnaie locale!

Maude Bêty, chargée de projet d'achat local à la Chambre de commerce de Charlevoix
Anne-Sophie Roy

Maude Bêty, chargée de projet d'achat local à la Chambre de commerce de Charlevoix

Acheter local est une chose, mais acheter local avec une monnaie locale, c’est une coche au-dessus. C’est la raison d’être de la chouenne de Charlevoix, une monnaie créée pour renforcer l’économie circulaire dans la région, qui est échangeable dans près de 170 commerces.

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Si vous visitez la grande région de Charlevoix cet été – par exemple pour vous rendre au Festif! de Baie-Saint-Paul –, il y a de fortes chances que vous entendiez parler de la chouenne, monnaie nommée en l'honneur de la langue de la région. La devise charlevoisienne vit son premier été depuis son lancement à l’automne dernier, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a le vent dans les voiles. 

«On peut dire qu’il y a un engouement, se réjouit Maude Bêty, chargée de projet, Achat local, à la Chambre de commerce de Charlevoix. Le projet a rayonné à l’extérieur de Charlevoix et, quand les gens arrivent ici, ils veulent savoir c’est quoi. On sent qu’il y a une curiosité!»

Maude Bêty, chargée de projet, Achat local, à la Chambre de commerce de Charlevoix

Anne-Sophie Roy

Maude Bêty, chargée de projet, Achat local, à la Chambre de commerce de Charlevoix

La chouenne profite tant au commerçant qu’au particulier qui en fait usage. L’achat de chouennes (1 dollar canadien = 1 chouenne) vient avec une bonification de 5%. Ainsi, pour 100 dollars canadiens, vous obtenez 105 chouennes. Pour le commerce participant, c’est tout aussi avantageux.

«Quand tu achètes local et que tu payes en chouennes, tu doubles ton geste, puisque la personne qui les reçoit doit les redistribuer dans l’économie locale», explique Maude Bêty, en ajoutant qu’on compte 300 000 chouennes en circulation en ce moment. 

Les chouennes ne sont pas réservées à la boutique artisanale ni au resto du coin: les fermes maraîchères, les boutiques de matériaux de construction et même les comptables sont appelés à s'en servir. 

Très populaire chez les locaux

La chouenne s’est rapidement taillé une place de choix dans le portefeuille des Charlevoisiens, au grand plaisir des commerces qui l’acceptent comme mode de paiement. C’est le cas de la distillerie et hydromellerie Hydromel Charlevoix, qui a pignon sur rue à Baie-Saint-Paul. 

«Hier, on a fait le lancement d’un nouveau produit, et un client m’a écrit sur Facebook pour savoir s’il pouvait le payer en chouennes. Tout de suite, il a dit “vendu, j’arrive!” Il gardait ses chouennes restantes pour s’offrir un cadeau», raconte Alexandre Côté, copropriétaire de l’entreprise artisanale.

Alexandre Côté, copropriétaire d'Hydromel Charlevoix

Anne-Sophie Roy

Alexandre Côté, copropriétaire d'Hydromel Charlevoix

Pour le moment, l’entrepreneur remarque que les chouennes sont majoritairement utilisées par des Charlevoisiens qui tiennent au commerce local. 

«Les commerçants se tiennent les coudes très serrés quand il est question d’achat local, et c’était naturel pour nous d’encourager le projet», confie Audrey Cuco, directrice générale du Mousse Café, à Baie-Saint-Paul, qui est aussi l’un des deux bureaux de change de la chouenne.

Audrey Cuco, directrice générale du Mousse Café à Baie-Saint-Paul

Anne-Sophie Roy

Audrey Cuco, directrice générale du Mousse Café à Baie-Saint-Paul

La prochaine étape selon elle? Faire connaître la chouenne aux touristes de passage dans cette très populaire région du Québec et amener plus de commerces à participer au projet.

Et au-delà des avantages liés à l’économie circulaire, la chouenne est une initiative humaine qui a le pouvoir de créer des liens.

«Ça nous rapproche des gens parce que dès qu’un client demande à payer en chouennes, ça nous fait une histoire à se raconter», indique Alexandre Côté d’Hydromel Charlevoix.

Les chouennes sont acceptées d’un bout à l’autre de la région de Charlevoix, de Petite-Rivière-Saint-François à Baie-Sainte-Catherine en passant par Baie-Saint-Paul. Pour connaître l’emplacement des bureaux de conversion ou pour en savoir plus sur les chouennes, c’est ici.