Les TikTokeurs ne sont plus les bienvenus dans certains lieux touristiques au Népal | 24 heures
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Les TikTokeurs ne sont plus les bienvenus dans certains lieux touristiques au Népal

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Photo Adobe Stock

Des hordes d'influenceurs enchaînant les poses amusantes ou les pas de danse devant un temple bouddhiste. La scène peut paraître cocasse, mais elle n'amuse pas du tout les autorités népalaises. À tel point que les TikTokeurs sont bannis de nombreux sites patrimoniaux à travers le pays. 

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Ces dernières années, de nouveaux panneaux ont fait leur apparition dans des sites touristiques népalais comme le fameux stupa de Bodnath ou le temple Gadhimai. On peut y lire «Pas de TikTok». Ces écriteaux ont pour but de décourager les nombreux influenceurs qui se rendent dans ces sites patrimoniaux afin d'y filmer des vidéos pour le réseau social chinois. 

Sanuraj Shakya, un porte-parole du Lumbini Development Trust, qui gère les sanctuaires de Lumbini, voit cette interdiction comme un moyen d'assurer la sérénité des milliers de bouddhistes qui visitent, chaque année, ce site sacré. 

«Nous avons interdit le tournage de vidéos TikTok dans et autour du jardin sacré, où se trouvent les principaux temples, a-t-il expliqué au magazine Rest of the World. Filmer des TikTok en mettant de la musique en fond sonore constitue une nuisance pour les pèlerins du monde entier qui viennent sur le lieu de naissance du Bouddha Gautama».

La même règle s'applique au stupa de Bodnath, un sanctuaire classé au patrimoine de l'Unesco qui se situe à Katmandou. Ce haut lieu du bouddhisme est pris d'assaut, dès l'aurore, par des centaines de fidèles qui déambulent autour, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre. Et depuis peu par des influenceurs venus pour un tournage. Pour les en décourager, le comité de gestion de Bodnath a installé, en mars 2021, des caméras de surveillance sur le site. Une douzaine d'agents de sécurité y font également des rondes pour s'assurer du bon respect des consignes par les TikTokeurs.

AgenceQMI

Ce changement d'attitude vis-à-vis des TikTokeurs est en contraste avec la grande popularité du réseau social dans le petit État himalayen. Deux tiers des Népalais de plus de 18 ans s'en servent régulièrement, selon un rapport de Sharecast Initiative Nepal cité par le journal Nepal Times. C'est toutefois nettement moins que YouTube (94 %) et Facebook (93 %), même si la plateforme est de plus en plus utilisée dans le pays. 

Quand les réseaux sociaux nuisent à la biodiversité

Le Népal n'est pas la seule destination à trouver à redire au comportement de certains TikTokeurs et créateurs de contenu. L'office de tourisme de Jackson Hole, dans le Wyoming, a ainsi demandé, en 2018, à ses visiteurs de ne plus géolocaliser les photos qu'ils publient sur les réseaux sociaux, afin de préserver les forêts et lacs de l'État. Selon le New York Times, la région fait face à un afflux de touristes, désireux de prendre la pose devant l'un des nombreux paysages qu'ils voient sur Instagram. 

Cette situation menace la biodiversité des récifs montagneux de Jackson Hole, et met à mal les ressources financières de l'office de tourisme. «Nous voulons que les gens aient un véritable lien avec la nature», a déclaré Brian Modena, l'un des responsables de l'office de tourisme de Jackson Hole, au Times en 2018, «et pas seulement une page avec une épingle sur les réseaux sociaux».