Suivre une thérapie, le nouveau critère à la mode pour celles qui cherchent l'amour | 24 heures
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Suivre une thérapie, le nouveau critère à la mode pour celles qui cherchent l'amour

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AFP

En amour, nous avons tous nos exigences. Certains aimeraient que leur partenaire ait les mêmes passe-temps qu'eux, tandis que d'autres souhaiteraient qu'il ait suivi une thérapie. Ce dernier critère est particulièrement populaire sur les réseaux sociaux, où de nombreuses (jeunes) femmes vantent les vertus d'une bonne santé psychique en couple.  

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Sur les applications de rencontre, tout est une question de critères. Âge, taille, situation professionnelle, signe astrologique... Et maintenant, le suivi psychologique. 

De nombreuses internautes déclarent sur les réseaux sociaux qu'elles désirent que leur partenaire ait vu un thérapeute, avant d'envisager une potentielle relation amoureuse avec lui. «Tous les hommes devraient être obligés de suivre une thérapie avant de se mettre en couple avec quelqu'un lol», affirme l'une d'entre elles sur Twitter. 

Cette nouvelle injonction amoureuse trouve particulièrement un écho sur TikTok, le réseau social des jeunes générations. Le hashtag #allmenneedtherapy (tous les hommes ont besoin d'une thérapie, en français) y comptabilise près de 6 millions de vues. 

Les internautes l'utilisent souvent dans des vidéos où elles listent les comportements ou remarques qui les repoussent chez un homme. Cette dynamique rappelle celle des «red flags», ces drapeaux rouges utilisés sur Twitter pour indiquer une situation problématique.

Si des utilisatrices de TikTok se servent du hashtag #allmenneedtherapy avec sérieux, d'autres le font à des fins humoristiques. Certaines d'entre elles se mettent en scène en train de murmurer des choses au-dessus du téléphone de leur conjoint. Mais elles ne susurrent pas tout et n'importe quoi : elles se contentent de répéter plusieurs fois le mot "thérapie". Cette mise en scène surprenante aurait pour but d'influencer sur les publicités ciblées que leur moitié verra apparaître sur Internet, et de faire remonter celles en lien avec la santé mentale. 

@mentalhealthwithvictoria Smh honestly on them. Who leaves their phone behind when they go to the bathroom? #mentalhealthhumor #therapyhumor #tiktoktherapist #fyp #foryou ♬ original sound - Adrian Burgos

Sur les applications de rencontre

Cet engouement autour du bien-être psychique des hommes (et pas uniquement) dépasse les frontières des réseaux sociaux pour atteindre les sites et applications de rencontre. L'une d'entre elles, Hinge, a annoncé en mai le lancement d'une nouvelle fonctionnalité qui permettra à ses utilisateurs de parler plus librement de leur santé mentale avec l'élu(e) (ou les élu(e)s) de leur cœur. Ils peuvent dorénavant indiquer, dans leur profil, comment ils auraient complété des phrases comme «Mes amis me demandent des conseils sur...», «Une de mes limites est...», «Ma routine self-care se compose de...» ou encore «Mon psychologue dirait que je suis...»

Pour Logan Ury, directrice en science des relations chez Hinge, cette nouvelle fonctionnalité montre à quel point les célibataires d'aujourd'hui accordent de l'importance à leur bien-être psychique, ainsi qu'à celui de leur partenaire. 

«Parler de la santé mentale est passé d'un "oh non" à un must-have dans les rencontres modernes, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Les gens ont travaillé sur eux-mêmes et veulent être avec quelqu'un qui a fait de même».

Hinge l'a constaté auprès de ses utilisateurs : 97% d'entre eux souhaitent fréquenter quelqu'un qui prend «activement soin» de sa santé mentale. Mais ils ne sont que 9% à être à l'aise à l'idée de parler de leur thérapie durant un premier rendez-vous.

La santé mentale des hommes encore taboue

Si l'application de rencontre n'a pas indiqué quelle proportion d'hommes se cache derrière ces statistiques, il y a fort à parier qu'elle n'est pas très importante. De nombreux travaux ont montré que les membres de la gent masculine négligent souvent leur santé mentale, surtout s'ils sont hétérosexuels. Ces derniers ont tendance à avoir moins recours à des professionnels de santé s'ils souffrent de dépression que les hommes homosexuels et bisexuels, selon une étude de 2016. 

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La survenue de la pandémie de COVID-19 n'a fait qu'amplifier ce phénomène, notamment auprès des jeunes hommes. Il n'est donc pas surprenant que certaines célibataires souhaitent que leur moitié potentielle suive leur exemple et voit un psychologue. 

«Peu de temps après avoir suivi une thérapie pendant une longue période, j'ai [réalisé qu'] avant je sortais avec des hommes qui n'avaient pas vraiment surmonté leurs traumatismes ou leurs expériences passées. J'avais souvent l'impression de devoir en assumer le poids émotionnel», a expliqué une Britannique de 25 ans à The Face

Toutefois, beaucoup ont conscience que se lancer dans une thérapie est une décision extrêmement personnelle, et qu'il ne s'agit en rien d'une solution miracle. 

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