Pensionnats: le pape «demande pardon pour le mal commis» contre les autochtones | 24 heures
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Pensionnats: le pape «demande pardon pour le mal commis» contre les autochtones

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Le pape François a demandé lundi «pardon pour le mal commis» contre les autochtones au Canada, notamment dans les pensionnats gérés par l’Église, et a déploré que certains de ses membres aient «coopéré» à des politiques de «destruction culturelle». 

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«Je suis affligé. Je demande pardon», a déclaré le pape devant des milliers d’autochtones à Maskwacis, dans l’ouest du Canada. Évoquant une «erreur dévastatrice», il a reconnu la responsabilité de l’Église dans ce système dans lequel «les enfants ont subi des abus physiques et verbaux, psychologiques et spirituels».

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«Je suis affligé. Je demande pardon», a déclaré le pape à Maskwacis, dans l’ouest du Canada. Évoquant une «erreur dévastatrice», il a reconnu la responsabilité de certains membres de l’Église dans ce système dans lequel «les enfants ont subi des abus physiques et verbaux, psychologiques et spirituels».

Les paroles du pape, traduites en anglais, ont été accueillies par des applaudissements nourris» après la demande de pardon.

Au total, le souverain pontife a demandé «pardon» à trois reprises, «avec honte et clarté», lors de ce premier discours très attendu, prononcé en espagnol sur le site de l’ancien pensionnat d’Ermineskin, en présence de nombreux survivants et membres des communautés autochtones. 

«Les politiques d’assimilation ont fini par marginaliser systématiquement les peuples autochtones (...) Vos langues et vos cultures ont été dénigrées et supprimées» et «les enfants ont subi des abus physiques et verbaux, psychologiques et spirituels», a encore affirmé François. 

Le pape François au cimetière d’Ermineskin.

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Le pape François au cimetière d’Ermineskin.

«Important pour la réconciliation»

Pour ce «pèlerinage pénitentiel», le pape a placé le douloureux chapitre des «écoles résidentielles» pour enfants autochtones, un système d’assimilation culturelle qui a fait au moins 6000 morts entre la fin du XIXe siècle et les années 1990, et créé un traumatisme sur plusieurs générations.

Le gouvernement canadien, qui a versé des milliards de dollars en réparation à d’anciens élèves, s’est officiellement excusé il y a 14 ans d’avoir créé ces écoles mises sur pied pour «tuer l’indien dans le cœur de l’enfant».

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L’Église anglicane avait ensuite fait de même. Mais l’Église catholique, responsable de plus de 60 % de ces pensionnats, a toujours refusé de le faire.

C’est à Maskwacis, une réserve autochtone à une centaine de kilomètres au sud d’Edmonton, que le pape a choisi de prononcer ses premières excuses en sol canadien, à proximité de l’ancien pensionnat d’Ermineskin, l’un des plus grands du Canada, ouvert de 1895 à 1975.

Pour le recevoir, plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées, sous une pluie fine et dans une ambiance de recueillement. Beaucoup portaient des habits avec le nom ou le logo de leur communauté. D’autres, le tee-shirt orange symbole des autochtones.

«Pour moi, c’est une journée très spéciale, car j’ai survécu à des abus d’un prêtre catholique quand j’avais sept ans», a confié à l’AFP André Carrier, de la Fédération Métis du Manitoba, chapeau sur la tête et médaillon autour du cou.

«C’est une grande peine que nous avons subie. C’est un temps pour pardonner et travailler ensemble avec l’Église catholique pour le futur de la communauté. Plusieurs générations n’ont pas été respectées, donc c’est un moment très important pour la réconciliation», ajoute-t-il.

Le pape se rendra ensuite à l’église du Sacré-Cœur des Premiers Peuples d’Edmonton.

«J’espère que cette visite est le début d’un changement dans l’histoire et une façon pour nous de commencer notre parcours de guérison», a déclaré George Arcand Jr, grand chef de la Confédération des Premières Nations du Traité n.6.

En avril, le Saint-Père avait pour la première fois présenté ses excuses au Vatican pour le rôle joué par l’Eglise dans les 130 pensionnats du pays.

«Génocide culturel»

Quelque 150 000 enfants autochtones ont été enrôlés de force dans ces écoles, où ils étaient coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture, et souvent victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles.

Petit à petit, le Canada ouvre les yeux sur ce passé qualifié aujourd’hui de « génocide culturel » : la découverte de plus de 1 300 sépultures anonymes en 2021 près de ces pensionnats a créé une onde de choc.

Mardi, le pape célèbrera une messe au Commonwealth stadium d’Edmonton et se rendra au lac Sainte-Anne, site d’un important pèlerinage annuel. Il rejoindra ensuite Québec mercredi avant une dernière étape vendredi à Iqaluit (Nunavut), ville du Grand Nord canadien dans l’archipel arctique.

Toujours affaibli par des douleurs au genou, le jésuite argentin circule en fauteuil roulant. Son programme a été aménagé pour limiter ses déplacements.