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Qui paye quoi pour la visite du pape?

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DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

La visite du pape François au Canada est loin d’être un événement ordinaire: le pontife a l’habitude de faire déplacer des foules, ce qui vient immanquablement avec un coût. Mais qui devra assumer les frais liés à la visite papale, l’Église ou les contribuables? La réponse: les deux. 

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Ce qui est payé par l’Église 

D’abord, il faut savoir que la visite du pape est organisée par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), un organisme de bienfaisance qui regroupe l’ensemble des évêques au pays. L’organisation assume les coûts principaux de l’événement et de la programmation. La CECC se charge des «frais associés aux billets et aux lieux, l'infrastructure de communication, le transport local, l'hébergement et l'équipement des présentateurs, des bénévoles et du personnel.» 

À cela s’ajoute le soutien financier de plusieurs diocèses – un territoire confié à un évêque – qui souhaitent assurer la coordination des déplacements des membres des Premières Nations vers les lieux visités par le pape. 

Ce qui est payé par les gouvernements 

Vient ensuite la contribution du gouvernement du Canada, qui a dégagé 30,2 millions de dollars pour soutenir les communautés autochtones et les survivants des pensionnats pendant la visite papale. Ottawa s’est aussi engagé à financer plusieurs éléments de la visite, dont le transport, la traduction, les soins de santé et les services de santé mentale pour les survivants autochtones. Ces coûts sont estimés à plusieurs millions de dollars. À tout cela s’ajoute l’enveloppe budgétaire habituelle consacrée la visite d’un chef d’État pour assurer sa sécurité. 

Les villes d’Edmonton, Québec et Iqualuit – les trois arrêts du pape François – devront quant à elle assumer des coûts liés à la circulation et la sécurité, entre autres. Une collecte de fonds – organisée par l’ex-maire de Montréal Denis Coderre – a d’ailleurs amassé 3 millions de dollars pour couvrir les frais de séjour du pontife dans la région de Québec, selon le journal Le Soleil

Du côté des forces de l'ordre, l'ensemble du corps policier du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) sera déployé pour l'occasion, soit plus de 700 agents de la paix. Des effectifs de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) seront également de la partie.

Ces coûts «difficiles à évaluer» pourraient toutefois être refilés au fédéral par le biais du programme pour les coûts de sécurité en lien avec les événements majeurs, a affirmé le service des communications de la Ville de Québec. 

La facture du gouvernement fédéral et des villes sera bien évidemment aux frais des contribuables. 

Une visite «modeste» 

Sans pouvoir donner un chiffre exact, l’une des responsables de la visite papale, Erika Jacinto, est en mesure de dire que le coût de la visite du pape François sera plus «modeste que les précédentes». La dernière remonte à 2002, lorsque le pape Jean-Paul II s’était rendu à Toronto.  

L’événement aurait coûté 125 M$, selon Denis Coderre, ambassadeur bénévole de la visite papale, d’après une entrevue accordée au Soleil

Les plus maigres coûts cette année pourraient être liés au nombre important de bénévoles ainsi qu’à «la durée plus courte du séjour du Saint-Père», a affirmé Erika Jacinto au 24 heures

«Contrairement aux visites papales précédentes, nous ne demanderons pas de droits d'entrée pour les événements. Il est important pour nous de veiller à ce qu'il n'y ait pas d'obstacles financiers à la participation, en particulier pour les populations autochtones», a-t-elle précisé. 

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