Voici les impacts des feux d'artifice sur notre santé | 24 heures
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Voici les impacts des feux d'artifice sur notre santé

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

Les soirs de feux d’artifice, tandis que bien des gens s’extasient devant le spectacle, des particules fines et toxiques sont relâchées dans l’air et menacent la santé des personnes plus vulnérables, rappellent des experts.

Pendant l’International des Feux Loto-Québec, qui se tient à La Ronde pendant les mois de juillet et d'août à Montréal, les résidents de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, situé non loin du parc d’attractions, sont les premiers à respirer ces particules fines. 

PHOTO COURTOISIE

«Lors de l’International des Feux Loto-Québec, on a vu des concentrations de particules fines égales à 10 000 microgrammes par mètre cube, alors que les recommandations de l’OMS [Organisation mondiale de la santé] pour la qualité de l’air sont de 15 microgrammes par mètre cube. C’est vraiment beaucoup plus élevé», a affirmé Maude Riout de l’Association pulmonaire du Québec.  

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Il est d’ailleurs possible d'observer une variation de la qualité de l'air à Montréal les soirs de feux d'artifice, comme en témoigne une carte interactive de la Ville de Montréal.

Selon la revue Québec Science, lorsqu’ils explosent, les feux d’artifice relâchent de la poussière de métaux et des résidus de poudre. Bien que ces particules soient toujours présentes dans l’air, leur concentration augmente les soirs de feux d’artifice et dépasse de beaucoup les recommandations de l’OMS.  

Une fois relâchées, ces particules fines restent dans l’air et peuvent se loger dans les poumons de ceux qui les respirent. Si cette poussière est généralement sans conséquence, elle peut être dangereuse pour les personnes qui souffrent d'une maladie pulmonaire.

Protéger les personnes vulnérables

Une personne qui souffre d’asthme, par exemple, pourrait ressentir des étourdissements ou un mal de tête à cause de ces particules fines. Et puisque ces personnes ne sont généralement pas au courant de ces effets néfastes sur la santé, elles ne pensent pas à s’isoler les soirs de feux d’artifice.

Photo Pascal Huot

«Il faut que les autorités informent les gens non seulement qu’il y a un feu d’artifice, mais aussi des complications pour les gens avec des problèmes pulmonaires, comme sur un paquet de cigarettes», insiste le président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), André Bélisle. 

«Il ne faut pas que ces gens-là se retrouvent dans le nuage de boucane. Parce que pour ces gens-là, ça peut être fatal.»

«C’est sûr que, si on compare ça avec la quantité d’arsenic relâchée par la Noranda [la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda], par exemple, ce n’est pas grand-chose. Mais si vous êtes pris dans ce nuage de poussière et que vous souffrez d’une maladie pulmonaire, ça peut quand même vous envoyer à l’hôpital», poursuit-il.  

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Les répercussions sur la santé sont encore plus importantes lors des soirées de canicule, comme Montréal a pu en vivre en juillet. Pourtant, les feux d’artifice ne sont jamais reportés par temps de grande chaleur, déplore M. Bélisle. 

«Quand il y a une période de canicule, le facteur humidex est souvent élevé et il n’y a pas beaucoup de vent, ce qui fait que les polluants restent dans l’air et flottent à très basse altitude au-dessus des quartiers, ce qui peut devenir très problématique, explique-t-il. Les gens peuvent faire une crise d’asthme ou carrément suffoquer.»

Des feux d’artifice responsables

André Bélisle ne souhaite pas la disparition des feux d’artifice. Il veut plutôt que les autorités fassent preuve de plus de prudence. 

Selon lui, ils devraient avoir lieu lorsque les conditions météo sont favorables, c’est-à-dire lorsque le mercure est sous la barre des 20 degrés Celsius et qu’il y a du vent. 

Si ces conditions ne sont pas réunies, la Ville de Montréal ne devrait pas permettre la tenue de feux d’artifice, insiste-t-il. 

La Ville n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue. 

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