Une élue autochtone d’Australie traite Élisabeth II de «colonisatrice» lors de son assermentation | 24 heures
/bref

Une élue autochtone d’Australie traite Élisabeth II de «colonisatrice» lors de son assermentation

Image principale de l'article Une élue traite Élisabeth II de «colonisatrice»
PHOTOS Lidia Thorpe | Facebook, AFP

En Australie, la sénatrice autochtone Lidia Thorpe a été ramenée à l’ordre après avoir qualifié la reine Élisabeth II de «colonisatrice» durant son discours d’assermentation, ce lundi.

• À lire aussi: Sauver les récifs coralliens avec des excréments de dauphins?

• À lire aussi: Des joueurs de rugby boycottent un match pour ne pas porter un maillot inclusif LGBTQ+

• À lire aussi: Un Australien en tournée pour distribuer son sperme

C’est avec le poing en l’air que l’élue verte s’est avancée en Chambre pour être assermentée et pour prêter allégeance à la reine Élisabeth II. Comme le Canada, l’Australie fait partie du Commonwealth, ce qui veut dire que la reine Élisabeth II y règne.

«Moi, Lidia Thorpe, jure solennellement et sincèrement que je serai fidèle et porterai une sincère allégeance à la colonisatrice, Sa Majesté la reine Élisabeth II», a-t-elle déclaré.

Vous aurez compris que «colonisatrice» ne fait pas partie du texte d’assermentation. La présidente du Sénat lui a alors rappelé qu’elle devait lire le serment tel quel, ce que la sénatrice s'est résignée à faire. 

Thorpe n’en est pas à ses premières critiques à l’endroit de la monarchie. Le mois dernier, elle a qualifié l’Australie de «projet colonial», précisant que le drapeau national, qui arbore l’Union Jack (drapeau britannique) et l’étoile du Commonwealth ne la représentaient pas.

«Il représente la colonisation de ces terres, et il n’a pas le droit d’être ici, il n’y a pas eu de consentement, il n’y a pas eu de traité. Ce drapeau ne me représente donc pas», a-t-elle soutenu à un média local.

Une norme qui ne date pas d’hier

Le serment d’allégeance au monarque britannique est obligatoire dans la plupart des parlements des royaumes du Commonwealth. 

En 1901, les six colonies britanniques qui forment l'actuelle Australie ont décidé de se fédérer et de devenir le Commonwealth d'Australie. L’article 42 de la Constitution australienne stipule que «tout sénateur et tout membre de la Chambre des représentants doit prêter serment avant d’occuper son siège».

La semaine dernière, l’un des députés australiens, Matt Thistlethwaite, a affirmé au Sydney Morning Herald que ce serment ne représentait pas «l’Australie dans laquelle nous vivons».

«C’est une preuve supplémentaire de la nécessité d'entamer des discussions afin de devenir une république avec notre propre chef d’État, a-t-il déclaré. Nous ne sommes plus britanniques.»

Idem au Canada

Comme en Australie les élus canadiens, incluant le Québec, doivent prêter allégeance à la reine Élisabeth II, qui est le monarque officiel du Canada. 

CAPTURES TVA/ AGENCE QMI

«Moi [nom du député], je jure [ou déclare] fidélité et sincère allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II, reine du Canada, à ses héritiers et successeurs. Ainsi Dieu me soit en aide», doivent lire les élus au pays. 

En 2018, les 10 députés de Québec solidaire ont toutefois refusé de prêter le serment d’allégeance à la reine en public. Manon Massé avait alors mentionné que cette étape de l’assermentation constituait «un rituel archaïque et franchement désagréable».

Simon Clark/Agence QMI

D'ailleurs, au Québec, un deuxième serment s’ajoute, envers le peuple québécois: «Je [nom du député] déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j’exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la Constitution du Québec.»

− Avec les informations de The Guardian