Vous n’êtes pas un homme gai? Vous devriez quand même vous soucier de la variole simienne | 24 heures
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Vous n’êtes pas un homme gai? Vous devriez quand même vous soucier de la variole simienne

Image principale de l'article Variole simienne: tout le monde doit s’en soucier
Capture d'écran TVA Nouvelles

«Ça ne se limite pas à la communauté gaie»: alors que les cas sont en hausse au Québec, un spécialiste en virologie rappelle que tout le monde est à risque d’attraper la variole simienne, peu importe son orientation sexuelle.  

Si les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes comptent pour la majorité des cas confirmés de variole simienne à Montréal, ils ne sont en effet pas plus prédisposés que d’autres à contracter le virus, insiste le professeur en biologie moléculaire à l’UQAM, Benoît Barbeau.  

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«Il faut faire attention pour ne pas stigmatiser une population. Il y a plus de transmission dans cette communauté, parce qu’il y a eu des foyers d’infection lors d’évènements où il y a eu des contacts prolongés entre des personnes. C’est le fruit du hasard», explique-t-il. 

Des cas commencent d’ailleurs à être détectés hors de cette communauté, poursuit Benoît Barbeau, qui rappelle que la variole simienne n'est pas une maladie transmissible sexuellement. Elle se transmet par contact prolongé avec des lésions cutanées ou des muqueuses d’une personne infectée.  

«On en voit de plus en plus ailleurs, chez les enfants d’ailleurs. Si 90% des cas venaient de la communauté, je crois que ça va changer dans les prochains mois.» 

Les hommes gais pourraient d’ailleurs être surreprésentés dans les cas déclarés parce qu’ils sont souvent «plus vigilants quant à leur état de santé» que le reste de la population et qu’ils «se rendent plus rapidement en clinique» en cas d’infection, avance le spécialiste. 


Qui peut se faire vacciner contre la variole du singe?  

  • Les personnes ayant été en contact avec quelqu’un atteint de la variole simienne (cas confirmé ou probable) 
  • Les hommes et les personnes de la communauté GBTQ (Gai, bisexuel, trans, queer) qui ont des contacts sexuels avec un ou des partenaires masculins à Montréal 
  • Les travailleurs ou bénévoles dans des lieux et évènements de la communauté GBTQ à Montréal 

Mieux informer la population 

À l’heure actuelle, il est inutile d’étendre la vaccination à toute la population, croit Benoît Barbeau. Il n’y a pas encore lieu de paniquer, poursuit-il.   

«L’explosion mondiale de la maladie nous a pris par surprise, mais c’est un virus qu’on connaissait déjà, pour lequel on a déjà un vaccin et des antiviraux qui fonctionnent. On a les moyens de contrer la maladie, mais il faut bien surveiller sa progression», avertit-il. 

Photo d'archives, AFP

Pour freiner la progression du virus, il faut s’efforcer de mieux informer la population, notamment sur les risques d’infection et les symptômes associés au virus, poursuit le virologue.  

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«Il y a eu beaucoup de désinformation quant à la variole simienne. Le gouvernement doit informer clairement la population. Les gens doivent comprendre que ce n’est pas une infection qui touche seulement une communauté, mais tout le monde», rappelle Benoît Barbeau.  

La virus de la variole du singe peut provoquer des lésions cutanées comme sur les mains de ce patient.

Photo Adobe Stock

La virus de la variole du singe peut provoquer des lésions cutanées comme sur les mains de ce patient.

Une personne infectée doit s’isoler jusqu’à la disparition complète des lésions sur la peau, ce qui prend en moyenne entre deux et quatre semaines. Elle doit également avertir ses proches, qui pourront aller se faire vacciner. Les symptômes apparaissent généralement de cinq à sept jours après l’infection. Ils peuvent toutefois se manifester jusqu’à 21 jours plus tard. 


Symptômes de la variole simienne 

  • Lésions cutanées, majoritairement sur la bouche, les organes génitaux et l’anus 
  • Fièvre 
  • Maux de tête 
  • Démangeaisons 
  • Fatigue 
  • Ganglions enflés 
  • Douleurs musculaires 

Portrait de la situation ici et dans le monde  

En date du 3 août dernier, le Canada rapportait 890 cas confirmés de variole simienne, dont 373 au Québec. La province est l’épicentre du virus en Amérique du Nord.  

Depuis le 23 juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché son plus haut niveau d’alerte pour la variole simienne, une décision que Benoît Barbeau voit d’un bon œil.  

«C’est une maladie qui est sérieuse, mais qui reste encore dans l’ombre de la COVID, donc on en parle moins. Même si la campagne de vaccination va bon train, il faut rester vigilant parce que la situation pourrait évoluer», conclut-il.   

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