Guide de survie à l’aube d’une (possible) récession | 24 heures
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Guide de survie à l’aube d’une (possible) récession

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Photomontage: Marilyne Houde

À moins de vivre dans une grotte, vous savez surement que les risques d’une récession aux États-Unis s’accentuent et le Canada ne pourra s’en sortir indemne. Comment peut-on, concrètement, préparer son portefeuille à une récession? Voici les quatre conseils de deux planificateurs financiers.

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Qu’est-ce que c’est, une récession?

Une récession désigne un ralentissement économique. Un pays entre en récession lorsque sa croissance économique, mesurée par le produit intérieur brut (PIB), est négative pour au moins deux trimestres consécutifs. Bien souvent, une récession rime avec des faillites, des pertes d’emploi, des pertes de revenus et, invariablement, une diminution des dépenses. Dans pareille situation, il devient alors difficile de payer ses dus et de mettre de l’argent de côté. Les placements peuvent être aussi fortement affectés par le ralentissement des marchés financiers.

Paré à toute éventualité

Or, cette année, le taux de chômage au Canada est extrêmement bas et une pénurie de main-d’œuvre s’observe dans plusieurs secteurs. Impossible alors de prédire les conséquences directes d’une récession. Mais même face au brouillard, mieux vaut être préparé à affronter la tempête en posant ces cinq gestes.

1 – Rembourser ses dettes à intérêts élevés le plus vite possible (et remettre les grosses dépenses à plus tard)

En vue d’une crise économique, la première étape est de régler ses dettes aux taux d’intérêt les plus élevés le plus rapidement possible. La carte de crédit, dont le taux d’intérêt tourne généralement autour des 18-19%, est sans doute le meilleur exemple.   

«Le marché du crédit n’échappe pas aux hausses de taux d’intérêt qu’on connaît, remarque la planificatrice financière chez Desjardins Angela Lermieri. Il faut essayer dès maintenant de mettre un trait sur nos dettes et peut-être même repousser certaines grandes dépenses comme l’achat d’une voiture à crédit.»

Il suffit de prendre un exemple concret : imaginons que vous cumulez plus ou moins 5000$ sur votre carte de crédit à un taux d’intérêt de 19% et que vous remboursez chaque mois le solde minimal de votre carte, soit environ 150$ (3,5%). Il vous faudra 4 ans pour régler votre dette en plus de devoir payer des centaines de dollars en intérêts. 

Ainsi, si vous avez plusieurs dettes à rembourser, comme un prêt auto au taux d’intérêt de 6% ou un prêt personnel à un taux de 11%, mieux vaut prioriser le remboursement de sa carte de crédit. 

Pssst : si vous ne le saviez pas déjà, le montant minimum à payer sur les cartes de crédit est passé de 3 à 3,5% le 1er août. Raison de plus pour se débarrasser une fois pour toutes de ce solde qui s’accumule!

2 – Amasser un coussin de sécurité

La meilleure protection dans une période d’incertitude économique est la création d’un fonds d’urgence, suggère le planificateur financier André Lacasse.

«Dans le pire des scénarios, si quelqu’un perd sa job, il va s’en trouver une autre dans le contexte de la pénurie de main-d’œuvre. Mais est-ce que ça va prendre deux semaines? Deux mois? Personne ne sait.»

Ainsi, mieux vaut planifier des versements automatiques dans un compte épargne à chaque paye pour cumuler un fonds de sécurité. Ce montant, qui devrait correspondre à deux ou trois mois de salaire, sera là pour vous aider en cas de pépin.

3 – Faire le tri de ses abonnements

Couper dans les dépenses superflues est essentiel pour dégager une marge de manœuvre et continuer à faire face au coût de la vie. La première étape? Faire le tri de ses abonnements mensuels (télé, magazines, boîtes-repas, etc.)

«Il y a des personnes qui consomment tellement qu’elles perdent le compte de leurs dépenses mensuelles, dont les abonnements, explique le planificateur financier, André Lacasse. Ça peut être pertinent de revoir ses dépenses maintenant en cas de perte soudaine de revenus.»

D’autre part, les dépenses discrétionnaires – qui répondent à un désir plutôt qu’à un besoin – et les dépenses impulsives – sur un coup de tête – pourraient être réduites ou carrément éliminées pour prévoir un «lousse» au budget. On pense notamment aux sorties hebdomadaires au resto, aux soins esthétiques, aux vêtements et accessoires, etc.

4 – Garder le cap sur ses objectifs de placement

L’anxiété financière peut rapidement nous envahir au vu des marchés boursiers en montagnes russes. Peut-être que vos placements ont déjà perdu une valeur considérable depuis le début de l’année. Dans pareille situation, il importe de garder le cap sur ses objectifs à long terme et de ne pas agir sous le coup de l’émotion.

«Les jeunes n’ont jamais vécu ça et on ne sait pas forcément ce qu’est une récession. Il ne faut pas hésiter à demander conseil, à revoir sa situation financière pour se sécuriser dans ses choix», recommande la planificatrice Angela Lermieri. 

Il faut se rappeler que les marchés subissent des fluctuations constantes. Mieux vaut se fier à la courbe de rendement de vos placements sur une longue période (15 ou 20 ans, par exemple) plutôt que sur les rendements des derniers mois.

Si vous avez des objectifs à court terme, comme l’achat d’une première maison ou d’un véhicule, rien ne vous empêche d’opter pour des types de placements plus sécuritaires, comme le certificat de placement garanti (CPG). Il s’agit d’une option zéro risque qui vous permet de prêter une somme à votre banque pour une durée déterminée. À terme, vous récupérez 100% de votre placement initial en plus des intérêts. De cette manière, vous êtes à l’abri des aléas des marchés boursiers et vous profitez tout de même d’un petit rendement.