Oui, un pharmacien peut vous refuser la pilule du lendemain pour des motifs religieux | 24 heures
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Oui, un pharmacien peut vous refuser la pilule du lendemain pour des motifs religieux

Image principale de l'article Un pharmacien peut vous refuser Plan B
AFP

Vous ne le saviez sûrement pas, mais un pharmacien peut refuser de vous donner un contraceptif d'urgence (ou «pilule du lendemain») pour des motifs religieux.

C’est ce qui est arrivé récemment à une femme à la pharmacie Jean Coutu du boulevard Talbot, à Saguenay. 

Plus tôt cette semaine, Radio-Canada rapportait en effet qu’un pharmacien avait refusé de prescrire un contraceptif d'urgence à une jeune femme parce que ce contraceptif entrait en conflit avec ses croyances religieuses.  

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Convictions religieuses

Mais un pharmacien a-t-il véritablement le droit de refuser de prescrire un contraceptif d'urgence à une femme qui en fait la demande?  

En vertu de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, un pharmacien peut effectivement «refuser de prescrire un traitement ou de fournir un soin ou un service de santé en raison de ses convictions morales ou religieuses», peut-on lire sur le site de l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ). 

Un pharmacien qui refuserait de prescrire un contraceptif d'urgence à une femme est toutefois obligé de la diriger vers un autre pharmacien qui pourra la prendre en charge, comme le prévoit le Code de déontologie des pharmaciens.  

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Dans un courriel envoyé au 24 heures, l’OPQ précise d’ailleurs qu’un pharmacien travaillant en milieu éloigné où il n’y a pas d’autre pharmacie serait obligé de fournir un contraceptif d'urgence à une femme qui en ferait la demande.  

L’Ordre affirme également qu’une situation comme celle survenue à Saguenay doit être réglée de «façon sereine et équilibrée» et de manière à s’assurer que la personne pourra recevoir les services auxquels elle a droit.  

«Absurde» 

«C’est outrageant de voir que les valeurs religieuses d’une personne ont préséance sur le choix d’une personne qui souhaite avoir un soin», dénonce la directrice générale de SOS Grossesse, Sylvie Pedneault. 

Une personne qui ne peut avoir accès à la pilule du lendemain dans un délai raisonnable s’expose à une grossesse non désirée, déplore-t-elle. 

«Jusqu’où va l’objection de conscience?» demande-t-elle.  

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«La personne va en amont pour prévenir une grossesse non désirée et on lui refuse ce soin-là. On décide de ce que va être sa vie en fonction de valeurs religieuses, ça me semble un peu absurde», poursuit-elle.  

Deux contraceptifs d'urgence sont disponibles au Québec. Plan B est efficace pour prévenir une grossesse non désirée à 95% dans les premières 24 heures suivant la relation sexuelle et à 61% dans les 25 à 120 heures suivantes, affirme Sylvie Pedneault. Le comprimé Ella a, pour sa part, une efficacité de 98,5% jusqu’à 120 heures après le rapport sexuel, poursuit-elle. 

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