Voici pourquoi on retombe souvent malade après avoir eu la COVID-19 | 24 heures
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Voici pourquoi on retombe souvent malade après avoir eu la COVID-19

Image principale de l'article Pourquoi on retombe souvent malade après la COVID
Photo Chantal Poirier

Vous êtes tombé malade peu de temps après avoir contracté la COVID-19? C’est normal: elle nous rend plus vulnérables face aux virus qui circulent, particulièrement ceux qui s’attaquent au système respiratoire supérieur. Et comme si ce n’était pas assez, la COVID-19 contribuerait à aggraver les symptômes associés à ces autres virus.  

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Même s’il venait d’attraper la COVID-19, Jérémie s’estimait chanceux. Il avait ressenti des symptômes pour une journée seulement. Mais deux semaines plus tard, il se met à faire de la fièvre, il est congestionné et il a une toux creuse. On lui diagnostique alors une bronchite, qui l’a affecté bien plus que la COVID-19. «J’ai dû faire des tests pour être sûr que ce n’était pas une pneumonie», raconte-t-il.  

C’est ce qu’on appelle une surinfection, affirme le spécialiste en virologie Benoît Barbeau. «Au moment où le corps se concentre sur le virus de la COVID, un autre virus se glisse et vient infecter la personne», explique-t-il.  

Le principe est assez simple: puisque le système immunitaire est affaibli par la COVID-19, il n’est pas en mesure de répondre adéquatement au nouveau virus, ce qui peut contribuer à aggraver les symptômes que l’on ressent.  

Un chemin pour les virus et les bactéries  

Les symptômes associés à la COVID-19 contribuent également au phénomène de surinfection. La toux, les sécrétions nasales et l’inflammation des poumons endommagent en effet les cellules qui couvrent les parois du système respiratoire, ce qui le rend plus vulnérable aux infections. 

«Les lésions sur ces parois ouvrent le chemin aux virus et aux bactéries», affirme Benoît Barbeau, qui rappelle que ce phénomène n’est pas unique à la COVID: «C’est quelque chose qu’on observe avec la grippe, par exemple.» 

C’est ce qui est arrivé à Jennyfer Le Forestier. Lorsqu’elle a contracté la COVID-19, les symptômes ont été intenses et persistants, et ils ont été aggravés par son asthme. «Fièvre, essoufflement, toux, écoulements nasaux, perte de l’odorat et, surtout, la fatigue. J’ai eu la totale», raconte-t-elle. 

Après seulement quelques jours de répit, les maux de gorge réapparaissent et s’aggravent, «au point de ne plus être capable de manger ou d’avaler». Le médecin lui diagnostique une pharyngite, une amygdalite et possiblement une laryngite.  

C’est aussi arrivé à Mélodie. Peu de temps après la disparition de ses symptômes de COVID-19, elle recommence à mal aller. «J’avais des migraines, des sinus enflés», se souvient-elle. On lui diagnostique finalement une sinusite. 

À l’abri d’aucun virus 

Plus les symptômes associés à la première infection sont importants, plus les risques d’attraper un deuxième virus le sont aussi, souligne Benoît Barbeau. Et comme la majorité des symptômes liés à la COVID-19 affectent les voies respiratoires, les infections aux poumons, au nez et à la gorge sont celles qui nous guettent le plus.  

On n’est toutefois à l’abri d’aucun virus: «Le plus grand facteur, c’est avec qui la personne va être en contact alors qu’elle est vulnérable», précise le spécialiste en virologie.  

Tant et aussi longtemps que vous ressentez des symptômes associés à la COVID-19, il vaut d’ailleurs mieux rester à la maison et être prudent, même si vous avez un résultat négatif à un test rapide. On évite ainsi de contaminer quelqu’un d’autre − si on est encore contagieux − et on se protège face à de potentielles nouvelles infections, soutient Benoît Barbeau. 

«Tant que vous ressentez des symptômes, c’est que votre corps est encore endommagé, donc plus vulnérable. Dans ce cas-là, il faut continuer de faire attention», conclut-il.