À quoi faut-il penser avant d'acheter un chalet à plusieurs | 24 heures
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À quoi faut-il penser avant d'acheter un chalet à plusieurs

Image principale de l'article Quoi faire avant d'acheter un chalet à plusieurs
Illustration Charles-Étienne Brochu

Vous avez envie d'acheter un chalet à plusieurs? Ça se comprend: les prix de l'immobilier font en sorte que c'est bien difficile d'y arriver pour une personne seule ou même un couple.

L'option d'une résidence secondaire en copropriété est donc intéressante, mais vous devez vous entendre sur un paquet de choses, de la façon dont les paiements sont divisés jusqu’aux règlements concernant le ménage ou la présence d’invités. Et même si vous achetez avec des membres de votre famille ou de bons amis, il est fortement recommandé de mettre le tout par écrit pour éviter les malentendus.  

«Il faut mettre des règlements, parce que sinon, la chicane va prendre, c’est sûr», affirme Me Catherine Chouinard, notaire spécialisée en droit immobilier à la firme Monty Sylvestre, à Sherbrooke, qui constate une augmentation de ce type d'achats.

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Le coût d’achat, séparé égal ou pas? 

D’abord, ce n’est pas parce qu’on achète à plusieurs qu’il faut tous mettre le même montant. 

Les achats de chalets en groupe sont souvent faits en indivision. Le contrat d’indivision détermine qui est propriétaire du chalet et quelle part (pourcentage) il achète.  

«Deux propriétaires peuvent par exemple se séparer le coût 50%-50% ou [une autre combinaison comme] 35%-65%. S’il y a une hypothèque, ils vont devoir payer les versements hypothécaires dans les proportions établies», explique Me Chouinard.  

Ce choix a évidemment un impact sur l’argent qui revient à chacun lors d’une éventuelle revente.  

«Mais on ne possède pas chacun son bout, on a accès à tout le chalet», précise-t-elle. 

Il faut d’ailleurs prévoir les frais de notaire pour le contrat de copropriété.  

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Les dépenses courantes 

Une fois le chalet acheté, il ne faut pas oublier tous les frais qui viennent avec la possession d’une propriété.  

Par exemple, le paiement des taxes municipales et scolaires. «On peut choisir de créer un compte commun dans lequel chacun doit mettre tel montant pour telle date, et on nomme une personne responsable de faire le paiement», donne en exemple Me Chouinard.  

Même chose pour le paiement des assurances, l’entretien de la fosse septique, le déneigement, les réparations...  

«On essaie de régir d’avance tout ce qu’on peut régir», résume Me Chouinard.  

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Les règlements de vie 

Une fois les questions d’argent réglées, il ne faut pas sous-estimer l’importance de mettre par écrit des règlements sur la vie au chalet. Au fil des ans, les situations de tout un chacun peuvent changer, et il sera bien plus facile d’arriver à un accord commun si on s’était entendus au préalable sur des règlements, souligne la notaire.  

Voici quelques questions qui peuvent être pertinentes à soulever:

  • Qui a accès au chalet quand? Y a-t-il une réunion annuelle lors de laquelle chacun peut réserver des moments au chalet?
  • Peut-on recevoir des invités au chalet? Si oui, peuvent-ils y être par eux-mêmes, sans que l’un des propriétaires soit là? 
  • Après un séjour, dans quel état le chalet doit-il être laissé? Faut-il avoir fait le ménage, changé les draps, fait le plein de papier de toilette? 
  • Qui est responsable des remplacements en cas de bris?  
  • Que se passe-t-il si quelqu’un ne respecte pas les règlements?  

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Et après? 

Il faut aussi déterminer ce qui arrivera si l’un des propriétaires souhaite revendre sa partie (devra-t-il d’abord l’offrir aux autres propriétaires?) ou s’il décède. Parce qu’au fil des séparations, des nouvelles unions et des héritages, vous pourriez vous retrouver dans quelques dizaines d’années à posséder un chalet avec des quasi-inconnus. 

«Ça peut être intense, mais quand c’est bien fait, ça évite beaucoup de problèmes. Il faut le faire quand on achète. Si on décide de devenir propriétaires ensemble, c’est qu’on s’entend bien, donc c’est le moment de parler de tout ça!» conclut Me Chouinard.  

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