La première ministre finlandaise dans la controverse: les élus ont-ils le droit d’avoir du fun? | 24 heures
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La première ministre finlandaise dans la controverse: les élus ont-ils le droit d’avoir du fun?

La première ministre de la Finlande, Sanna Marin, la mairesse de Chapais,  Isabelle Lessard, et la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier
Photomontage Alexandre Pellet

La première ministre de la Finlande, Sanna Marin, la mairesse de Chapais, Isabelle Lessard, et la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier

Pour la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, la vidéo montrant la première ministre finlandaise dansant avec des amis lors d’une fête privée n’a rien de choquant, bien au contraire.  

«Je trouve ça plutôt rassurant de voir que c’est une vraie personne et pas juste une politicienne», soutient l’élue de 30 ans.   

À la suite de la publication de la vidéo, la première ministre de la Finlande, Sanna Marin, a reconnu avoir consommé de l’alcool lors de la soirée. Plongée dans la controverse, la cheffe d’État, âgée de 36 ans, a également accepté d’effectuer un test de dépistage de drogue, qui s’est avéré négatif, pour «dissiper les soupçons». 

«Je suis un être humain. J’aspire parfois aussi à la joie, à la lumière et au plaisir au milieu de ces nuages sombres», s'est défendue mercredi l'élue finlandaise, la voix tremblante. 

Le besoin de décrocher 

Dans cette vidéo, il n’y a pourtant rien de répréhensible, regrette Catherine Fournier. Elle croit même qu'il est nécessaire que les élus puissent aussi avoir des loisirs de temps en temps. «Quand on travaille aussi fort, c’est important et naturel de pouvoir décrocher», souligne-t-elle. 

Et même si elle fait de la politique depuis qu’elle a 24 ans, jamais elle ne s’est empêchée de profiter de sa vingtaine. Même que c’est important pour elle de partager une partie de sa vie privée avec ses électeurs, pour être la plus authentique possible.   

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«J’assume que je suis une jeune femme et mairesse, ces deux parties de moi ne sont pas irréconciliables, insiste l’élue de 30 ans. Je pense que ça fait du bien aux gens de voir que je suis transparente et accessible.»  

Cet été, celle qui a été élue mairesse de Longueuil en 2021 a d’ailleurs partagé des photos avec des amies au festival Osheaga.  

Les réseaux sociaux, une arme à deux tranchants  

Des vidéos privées de politiciens, comme celle impliquant la première ministre finlandaise, on risque d’en voir circuler de plus en plus, prévient Patrick White, professeur à l’École des médias de l’UQAM. 

Et peut-être même au Québec, avec la campagne électorale qui approche.   

«Ce genre d’évènement risque de se répéter pendant la prochaine campagne électorale, avance-t-il. C’est dommage, parce que ce genre de scandale alimente le cynisme envers les politiciens et nuit à l’engagement.»  

Il ajoute que même s’il ne se passe rien d’illégal ou de déraisonnable dans les images de Sanna Marin, l'évènement a vite été récupéré à son désavantage par ses opposants. 

«C’est malheureusement un évènement privé qui aurait dû rester privé», souligne Patrick White. 

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«Les gens attendaient que je me plante»  

Lorsqu’elle a été élue mairesse de Chapais l’an dernier, Isabelle Lessard est devenue la plus jeune élue à occuper ce poste au Québec. Rapidement, elle a senti que ses faits et gestes étaient scrutés. «J’avais l’impression que les gens attendaient que je me plante», confie l’élue de 22 ans.  

Près d’un an plus tard, la jeune mairesse apprend à mieux composer avec le regard du public.   

«Au début de l’été, ça me stressait de faire des apparitions publiques en short et en camisole. Mais à un moment donné, quand il fait 30 degrés, c’est pire si j’arrive en complet et que je suis inconfortable, j’ai lâché prise», raconte-t-elle.   

Isabelle Lessard

Photo courtoisie

Isabelle Lessard

Et si une photo ou une vidéo d'elle dans une soirée entre amis en venait à circuler sur les réseaux sociaux ou dans les médias, elle n’en ferait pas tout un plat.   

«Le fait de sortir avec mes amis le samedi ne me rend pas moins apte à travailler le lundi, lance-t-elle. Même si être mairesse c’est un travail de tous les jours, j’ai une équipe derrière moi et je prends des vacances comme tout le monde!»  

Être mairesse d’une municipalité, ça vient néanmoins avec une responsabilité, reconnaît-elle. C'est pourquoi elle fait attention à l’image qu’elle projette. «Je suis le visage de Chapais, il faut quand même garder ce lien de confiance avec les gens qui votent pour toi.»   

Photo courtoisie

Et pour garder le contrôle sur son image, Isabelle Lessard préfère prendre les devants. «Quand je suis allée présenter sur scène à Chapais en fête, j’en ai profité pour prendre un selfie avec la foule. Les gens ont beaucoup apprécié», raconte-t-elle.   

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