Pas facile pour les étudiants étrangers de se loger à une semaine de la rentrée | 24 heures
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Pas facile pour les étudiants étrangers de se loger à une semaine de la rentrée

L'intérieur d'un appartement de la coopérative pour étudiants La Note des Bois, à Montréal.
Guillaume Cyr/24 heures

L'intérieur d'un appartement de la coopérative pour étudiants La Note des Bois, à Montréal.

Les effets de la crise du logement se font durement sentir un peu partout au Québec à une semaine de la rentrée. Des étudiants étrangers, qui ont reçu tout récemment leur permis d’études, peinent à mettre la main sur un logement. Pire encore, certains d’entre eux pourraient être appelés à remettre leur session, faute de toit.

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La situation de pénurie, qui joue à la fois sur la disponibilité et sur l’abordabilité du logement, est pénible pour tous les étudiants, Québécois ou non. Mais la crise toucherait davantage deux catégories d’étudiants «particulièrement vulnérables», soient les jeunes étudiants qui quittent le nid familial et les étudiants étrangers, soutient le directeur général de l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE), Laurent Levesque.

«C’est très difficile de trouver un logement à distance et bien souvent, les délais d’obtention du permis d’études ne leur permettent pas d’arriver plus tôt dans l’été.»

Les étudiants internationaux se butent alors à des marchés locatifs complètement saturés après le 1er juillet, et pas seulement dans la métropole.  

«Cette année, on est surpris de voir à quel point c’est grave presque partout. Ce n’est plus juste Rimouski, Sherbrooke ou Trois-Rivières. C’est Saguenay, Drummondville, Carleton-sur-Mer... Même des centres de formation professionnelle n’arrivent pas à accueillir tous leurs étudiants parce qu’ils ont des enjeux de logement. C’est à tous les niveaux, presque dans toutes les villes», déplore Laurent Levesque.

Photo d'archives

Se séparer pour trouver un logement

Madhumita, une Française de 22 ans qui arrivera au Québec le 25 août, a goûté à la crise du logement. Celle qui vient entreprendre des études à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a finalement réussi à trouver chaussure à son pied, mais l’expérience n’a pas été de tout repos.

«Nous étions cinq amies à partir au départ et il a fallu se séparer en deux groupes pour trouver un logement», explique-t-elle. Les recherches, qui ont duré quelques semaines, ont été infructueuses: trop loin de l’université, trop cher, logements non meublés, peu d’annonces affichées sur les sites de petites annonces. 

L’étudiante a finalement pu trouver grâce à un ancien résident du Canada qui l’a épaulée dans ses recherches. Plusieurs autres étudiants n’ont toutefois pas eu cette chance.  

Des étudiants pourraient avoir à repousser leur session

À Rimouski, où le taux d’inoccupation des logements est de 0,2%, la situation est «difficile». Plusieurs étudiants n’ont toujours pas trouvé de logement à une dizaine de jours de la rentrée. 

«Des étudiants pourraient mettre de côté leur projet d’études temporairement parce qu’ils n’ont pas trouvé de logement et qu’ils ne peuvent donc pas concrétiser leur inscription à l’université», précise le directeur des Services à la communauté étudiante de l’UQAR, Jean-François Ouellet. 

«C’est plus difficile pour les étudiants outremer de réserver un logement. Les Québécois ont des contacts plus directs avec les locateurs. Et pour l’étudiant international, encore faut-il qu’il ait fait toutes les démarches pour mettre la main sur un permis d’études.»

Cette année, tant les résidences de l’UQAR que celles du cégep de Rimouski affichent complet. Une situation qui a poussé la direction de l’institution à faire appel à la population dans le dernier mois pour trouver des personnes qui ont la possibilité de louer une chambre dans leur résidence. 

D’autres solutions d’urgence seront déployées pour loger temporairement des étudiants qui n’auront pas de toit à la rentrée, comme l’auberge de jeunesse, le Grand Séminaire de Rimouski et, en dernier recours, le service d’hébergement d’urgence de la ville. 

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